LE CHEVAL CAMARGUE
Le cheval Camargue, qui habite le delta du Rhône, n'est qu'un africain transformé par l'habi-
tat singulier de la Camargue et la misère où ce cheval y a toujours été tenu.
C'était jadis un poney de 1 m. 32 à 1 m. 40, gris, à forte tête, portée au vent, au beau massif antérieur, à la croupe très abattue, aux jarrets éloignés et coudés. Son fond, sa rusticité, étaient exceptionnels. Cheval de marais, élevé en bandes mi-sauvages (manades), il servait à monter les gardiens des troupeaux de bœufs ; on l'employait aussi à fouler l'aire à dépiquer le blé, travail extrêmement fatigant ; mais les manades se raréfient à mesure que progressent les procédés de culture. On compte encore d'après M. Drouet *, environ 870 chevaux en manades appartenant aux éleveurs de taureaux et 600 améliorés en vue des Remontes. Ces derniers sont en train de devenir, avec la base Camargue submergée, des anglo-arabes comme les autres chevaux du Midi.
' Leur moyenne de taille oscille entre 1 m. 50 et 1 m. 52 ; les plus grands atteignent 1 m. 54. Les éleveurs s'efforcent d'augmenter la taille,
1. Le Cheval Camargue, par le D^'G- Drouet, vétérinaire en l'^e^ ancien acheteur au dépôt de Remontes d'Arles, chez Ferran, éditeur, Marseille.
afin de vendre leurs poulains plus facilement aux Remontes. Somme toute, la moyenne de l'élevage moderne est assez médiocre. Cependant, son avenir restera sans doute assuré pendant quelque temps, la production annuelle, d'après le D'' Drouet, étant insuffisante même pour les besoins de la région.
Les Haras subventionnent de 8.000 francs les meilleures pouliches et poulinières et envoient en Camargue une quinzaine d'étalons dont un pur sang anglais, quelques arabes purs, des demi-sang et des pur sang anglo-arabes.
Les Remontes n'y font que de rares achats. Les camarguais anglo-arabes ne valent pas d'ailleurs leurs congénères du Sud-Ouest.