LES RACES DE TRAIT FRANÇAISES
Excellence de nos races de trait. — Qualité que les étrangers prisent le plus chez elles. — Prospérité de cet élevage. — Effectif des poulinières. — Statistique des naissances annuelles. — Progression numérique constante des naissances. — La beauté chez le cheval de trait. — Son avenir en face du moteur mécanique.
On peut dire que, dans le monde hippique des deux hémisphères, la production française de trait est, à tort ou à raison, beaucoup plus appréciée que la production d'attelage anglonormande ou de selle anglo -arabe. Ce jugement se comprend parfaitement quand, après avoir étudié nos races de trait de visu, on les compare à leurs similaires hors frontières.
Ce que l'on apprécie à l'étranger chez nos races de trait, et ce que l'administration des Haras s'efforce de leur conserver, même aux dépens du développement de la masse, — masse dont l'exagération est considérée par la plupart des cultivateurs comme le point devant primer
tous les autres, — ce que l'on apprécie, dis-je, c'est leur activité, leur énergie, leur rusticité et leur aptitude à traîner vite de lourds fardeaux. Ce sont ces qualités-là qui font aujourd'hui presque exclusivement rechercher par les Argentins nos étalons percherons, tandis qu'ils abandonnent les Shires, Clydesdales, Suffolk-punch,si, pour les étrangers réussis par ailleurs, mais qui ne représentent que des masses adipeuses, coûteuses d'entretien et incapables -— dans les pays exotiques — d'un travail pénible et soutenu.
L'élevage du trait est donc particulièrement prospère en France, et sa production annuelle y suit une marche ascendante : ainsi, en 1904, le nombre des étalons de trait des Haras nationaux atteignait 16,40 0/0 de l'effectif total ; il en est aujourd'hui à 20,42 0/0.
Quant au nombre des poulinières livrées au trait, il suit, depuis plus de 15 ans, une marche constamment ascendante. Il faut aussi ajouter aux 71.436 naissances recensées l'immense troupeau issu des étalons admis, tolérés et