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CHAPITRE XIX l'ardennais

Son modèle. — Ses origines. — Ses transformations. — L'artilleur et le comice agricole de Luné ville. — Les étalons ardennais. — Les poulinières. — Les principaux éleveurs.

L' Ardennais ne ressemble ni au percheron ni au boulonnais. Qu'il soit grand ou petit, c'est un animal trapu, un « ragot ». Sa tête, large du haut, est étroite du bas, son œil beau, son encolure forte et haute, sa poitrine très profonde, très près de terre, sa côte descendue et profonde indice d'un tempérament exceptionnel, ses hanches larges, ses articulations basses, sa membrure large, ses fesses fortes et descendues, ses allures si étonnamment dégagées pour sa masse, lui donnent une tournure très particulière. Sa robe est souvent rouane, alezane, aubère, baie.

Dérivé du belge, dont l'intervention comme étalon est encore nécessaire, il prend en France, surtout dans les Ardennes et la Meurthe-et-

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Moselle, un tempérament moins lymphatique et beaucoup de rusticité.

Sa taille varie entre 1 m. 55 et 1 m. 65.

Le cheval indigène est petit sur les côtes de la Meuse, à droite depuis Mézières jusqu'à Givet ; moyen sur les deux rives de la Meuse en dessous de Mézières, et grand sur le plateau de Rocroy. Il devient parfois un mastodonte, surtout dans le Nord où il prend le tempérament mou du belge.

On l'élève non seulement dans les Ardennes mais en Meurthe-et-Moselle, dans les Vosges, la Meuse, la Haute-Marne, la Marne, aussi dans la Lorraine annexée et dans les Provinces Rhénanes oîi il reste moyen, mais devient lymphatique.

Ces chevaux de trait ont pour ancêtres des cThevaux de selle. Dans la Lorraine, en effet, existait jadis un cheval de légère, amélioré par les célèbres anglo-arabes du duc de Deux- Ponts; puis ce cheval de selle se trouva être devenu sous Napoléon III un très bon artilleur...

On a accusé l'étalon normand de la dégénérescence des races locales de demi-sang. Tout au plus serait-il, dans l'Est, bon à faire des carrioleurs ; la Remonte, en effet, n'y trouve presque rien. Aujourd'hui, dans ces régions, tout a évolué vers le trait. On s'efforce cependant, devant l'avenir réservé au cheval d'artillerie spécialisé et l'exemple tentant de la Bretagne, d'améliorer l'ardennais en le transformant en postier.

Le Comice agricole de Liinéville et la Société hippique des Ardennes, créatrice en 1908 du Stud hook, ont pris avec énergie la tête d'un mouvement qui doit, espère-t-on, doter la région de chevaux type artilleur au moyen de juments sélectionnées et de petits ardennais, bien faits et actifs, — encore très rares, — car il s'agit de tirer de lourdes charges à des allures rapides.

Comme améliorateur des races locales, l'ardennais des Haras nationaux, bien choisi et bien payé, rend les plus grands services dans une partie du nord de la France, dans tout l'Est et même le Sud-Est.

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Les Haras, cmi 1910, comptaient 236 étalons ardennais, dont 42 à Rosières, 73 à Montiérender, 53 à Compiègne ; on doit ajouter environ 340 autorisés et approuvés, et environ 1.500 admis, extrêmement mauvais, dans toute la région Est. La plupart de ces routeurs sont les rebuts de la Belgique qui se montre beaucoup plus sévère que nous ; elle ne permet pas, en effet, aux étalons particuliers de faire chez elle la monte publique, mais elle déverse ses déchets par nos frontières, déchets accueillis de confiance par nos cultivateurs, car le belge importé est gros.

La jumenterie est d'ailleurs généralement très médiocre, et les plus grands progrès sont à faire de ce côté-là. A Annecy, fonctionnent 28 ardennais nationaux dont on est très satisfait ^ à Besançon, 23 ; en Bretagne, 16. , Concurrencé par celui du trait, l'élevage du demi-sang anglo-normand décline rapidement dans l'Est. Si, en 1904, on comptait dans le VP arrondissement 8.581 saillies de demi-sang contre 12.000 de trait, on en compte aujourd'hui plus de 18.000 de trait contre 5.100 de demi-sang. L'anglo-normand est considéré dans

le pays comme tout au plus bon à faire des carrioleurs ayant un peu de train . A ce titre, il rend encore des services que ne saurait rendre lardennais.

Les Haras achètent tous les ans des ardennais belges purs, mais aussi quelques ardennais indigènes, notamment au Concours des reproducteurs où certains ont été très remarqués, ainsi qu'aux réunions spéciales d'achat de Valenciennes et de Charleville. Dans le commerce, on trouve de bons ardennais pour 1.000 ou 1.200 francs.

Les courtiers allemands en achètent beaucoup en bas âge et à des prix rémunérateurs.

Les éleveurs les plus connus sont : MM. Macarez frères, à Haulchin ; Davaine, à Saint- Amand ; Pâture, à Tamière-sur-Horn (Nord) ; Lefebvre, à Lesdain (Nord) ; Leleu, à Tilloy (Nord) ; Massiaut, à Tournes (Ardennes); Sénéchal, au Quesnay (Nord) ; Laugrand, à Baurain (Nord) ; Godet, à Guize (Aisne).

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Nous donnons le portrait d'un petit ardennais de Russie, où il existe en toute petite quantité dans un état de pureté remarquable, grâce aux soins d'un prince de la famille impériale. Ces ardennais proviennent de chevaux français enlevés par les Alliés en 1815.

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