LES EXPORTATIONS ANGLAISES
L'Angleterre, de 1861 à 1865, exportait une moyenne de 4.302 chevaux. Cette moyenne, pour
la période de 1906 à 1910, est montée à 57.789 chevaux pour une valeur totale de 1.293.938 livres. Somme qui, aux yeux des observateurs superficiels, mettrait la valeur de chaque animal exporté à quelques centaines de francs seulement. Mais le Report ofthe Départemental Committee sur l'exportation anglaise (1911) fait remarquer que le plus grand nombre de chevaux exportés était constitué par des animaux destinés à la boucherie continentale via Belgique (30.206) et via Hollande (19.957).
Bien au contraire, au point de vue du bénéfîce réalisé sur ses exportations, l'Angleterre se déclare satisfaite, surtout si elle considère les étalons destinés aux pays non anglais. En 1909, il a été exporté 733 étalons, déclarés en douane 2.763.150 francs, soit 3.630 francs par étalon. La moyenne des cinq années précédentes avait donné une moyenne de 4.450 francs par étalon. Les plus gros acheteurs furent les Etats-Unis et la République Argentine, cette dernière payant ses étalons le double plus cher que les Etats-Unis.
Les pays anglais ont acheté à la mère patrie, en 1909, 391 étalons an prix moyen de 3.030 francs, exportation répartie entre le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces dernières ont reçu surtout des étalons de trait, — valeur moyenne 5.000 à 6.000 francs. Le Cap en a acquis 53 à 3.770 francs par tête.
En résumé, exportations d'étalons :
Pays non anglais 753 étalons.
Pays anglais 591 —
Total 1 .344 étalons.
Nous extrayons du même rapport officiel anglais les renseignements ci-dessous qui font bien comprendre l'état relatif actuel des divers élevages.
Les Cleveland bays et les Yorkshires (carrossiers) s'exportaient jadis en nombre considérable, pour les Etats-Unis et l'Argentine. Ils sont aujourd'hui victorieusement concurrencés par les chevaux allemands et français. Les éleveurs anglais, pendant la période de prospérité commerciale, ont négligé la sélection des étalons et ont vendu beaucoup de leurs meilleures juments. Ce qui reste, cependant, est capable,
quand on le voudra, de répondre de nouveau aux demandes.
Le Clydesdale (trait écossais). — Cette production satisfait tout à fait ses éleveurs qui s'efforcent de répondre aux demandes qui sont extrêmement nombreuses. C'est le Canada qui est le meilleur client. Par contre, les envois en Argentine et en Allemagne se raréfient, sans doute à cause des progrès de ces derniers élevages.
Le Hackney. — La Hackney Horse Society avoue une très petite baisse. Son élève est envoyé dans presque tous les pays. La France (Haras nationaux) en est une des plus grosses acheteuses. Les exportations en Italie ont diminué.
Le Hunter — La H mit ers improvement So~ ciety déclare une exportation assez forte pour la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Italie. Mais, en l'état actuel, cette exportation n'a pas de répercussion sur l'élevage proprement dit.
Les polo poneys ont une exportation très peu importante : quelques étalons cependant ont pris le chemin de l'étranger, mais ce sont de petits pur sang.
Les poneys gallois sont demandés par le Sud Amérique et l'Australie.
Les Shetland jouissent actuellement dune telle vogue en Amérique qu'il est diiïîcile de satisfaire aux demandes.
Le Canada réclame des New fovest poiiies .
Les Schires (trait anglais) subissent évidemment une crise. En Danemark, au Canada, en Argentine, les poils abondants de leurs fanons, trouvés incommodes dans les boues et la neige, les ont fait en partie évincés du marché étranger. Ils sont remplacés par des belges et des percherons.
Mais le Schire est de vente courante et rémunératrice dans son propre pays où il ne peut être remplacé par aucun autre.
Le Siiffolk est un cheval très recherché dans les colonies anglaises ; la demande en est notablement plus forte que l'offre. Les progrès de cet élevage sont certains et, en 1910, 26 0/0 des chevaux inscrits au Stud book ont été vendus à l'étranger, principalement en Canada, Argentine, Nouvelle-Zélande, Australie, quelques-uns dans le Sud africain. D'anciennes relations, interrompues depuis quelques années, ont repris avec la Russie.
Le rapport signale la concurrence des che-
vaux de trait belges, allemands et français, ces derniers spécialement demandés par l'Argentine, la Colombie, le Brésil...