LE HACKNEY DU NORFOLK OU TROTTEUR ANGLAIS
Origines du Hackney. — Historique. — Les chefs de race. Shales. — La Hackney Horse Society. — Le Norfolk en France. — Corlay. — Les étalons importés en France.
Mais qu'est donc ce trotteur anglais, ce hackney, ce Norfolk auquel on doit attribuer l'évolution trotteuse de la race normande dont nous avons parlé plus haut ?
On n'est pas très d'accord sur ses origines. Tout jadis, le petit bidet trotteur se nommait nag (du vieux mot saxon knegan). Après la conquête normande, ce bidet prit le titre de haquenée, vocable qui, anglaisé, devint hackney.
L^ hackney, dont le centre de production était le Norfolk, fut la monture des chevaliers. Cette race indigène reçut une abondante et quasi continue infusion de sang oriental plus ou moins pur, mais qui lui donna une endurance proverbiale à cette époque. Tant que les routes n'existèrent qu'à l'état de pistes, le hackney
resta cheval de selle et tout spécialement cheval de voyage ; dès que les voies de communications se furent améliorées, on l'employa comme cheval de coche. Il fallait donc des sujets plus compacts. Des croisements avec les lourds carrossiers du Yorkshire ne réussirent pas. On revint au croisement barbe et arabe, avec de bonnes juments, parfois écossaises. Les produits n'étaient pas grands, 1 m. 52 à 1 m. 55, mais ils étaient de première qualité comme service attelé, avec des allures vites et brillantes. Et, à cela, rien d'étonnant, car parmi les étalons orientaux, certains trottaient très vite. On cite Infidèle, Y>^r Tiirk, qui couvrait, au trot, 24 km. 500 en une heure.
Certains auteurs assurent que beaucoup de poulinières furent hollandaises, mais ce qui est certain, c'est qu'on employa souvent le pur sang comme étalon.
Le père qui donna le premier à la race des hackneys du Norfolk et des comtés voisins le modèle moderne est Shales, né en 1755 ; son père était fils de Flying Childers ; sa mère était une trotteuse avec beaucoup de sang barbe, mais très commune. Ses descendants furent des trot-