‹ Les Races de ChatsChapitre 11 sur 27 · ES · texte numérisé non relu

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sauvage cet admirable instinct maternel que nous obser-

vons chez la chatte domestique.

A l'occasion, on chasse le chat sauvage, mais cette chasse est assez dangereuse, car lorsque l'animal, est blessé il attaque l’homme. Pour le chasser on choisit de préférence le moment des neiges, parce qu'il est alors

plus facile de suivre sa piste et de retrouver sa retraite.

Quand il se laisse surprendre, pour préparer sa défense il attaque avec énergie le chien sans y être provoqué. Le chat sauvage craint si peu les chiens qu’il descend volontairement de l’arbre et les attaque avant l’arrivée du chasseur, une lutte terrible s'engage alors. Le chat exaspéré trace de ses ongles de profonds sillons dans la chair de ses adversaires et cherche à atteindre les yeux. Il se défend avec une rage opiniâtre tant qu'il lui reste une étincelle de vie et sa défense est longue car peu d’ani-

maux ont la vie aussi tenace.

Dans le Jura un chat sauvage mâle, couché sur le dos tir: tête à trois chiens et resta maître du champ de bataille

Il avait enfoncé ses griffes dans le museau de deux chiens d’entre eux pendant qu'il tenait en respect le troisième en lui serrant la gorge dans ses puissantes mâchoires Ce mode de défense qui exigeait un courage extraordinaire et une adresse inconcevables, témoignait en même temps de l'extrême prudence de l’animal car c'était le seul qui put le mettre à l'abri des morsures du chien (Tschudi).

Taille. — Le chat sauvage est plus grand et plus fort que les chats domestiques de la plus grande tail-

le Fa général il a de 25 à 30 cm de hauteur et de 42 à 45 cm de long.

Tête. — Le front est plus convexe que chez le chat domestique, le cou est un peu plus long. Les moustaches sont plus longues. Ses dents sont plus fortes et plus tranchantes et son regard est empreint d’une férocité

qu'on chercherait en vain chez le chat domestique.

Queue. — La queue est très caractéristique, elle est plus épaisse et moins longue que celle du chat domestique, et elle va s’amincissant de la racine à l’extrémité.

Pelage. — Le pelage du chat sauvage est long et épais, plus long et plus doux que celui des chats domestiques qui vivent sous notre climat depuis plusieurs générations, car les chats importés de Perse ont le poil plus long que celui du chat sauvage. La longueur du poil contribue à faire paraitre cet animal plus grand et plus gros qu'il ne l’est en réalité.

Couleurs. — Il est à remarquer que les couleurs

du pelage sont les mêmes dans tous les individus de

cette race, tandis qu'elles varient dans les races de

chats domestiques. Il n'y a du reste que peu de four-

rures de chat domestique qui aient beaucoup de rapport comme couleur avec celle du chat sauvage.

Le pelage du chat sauvage est gris noir chez le mâle, jaunâtre chez la femelle, plus clair aux flancs et au ventre. Des bandes noires parallèles partent du front et passent entre les oreilles, une ligne médiane se prolonge sur le dos et longe l’épine dorsale; des deux côtés de cette ligne partent des bandes transversales qui se dirigent vers le ventre et deviennent confuses en s’éclaircissant de plus en plus. Lies jambes sont jaunâtres avec quelques bandes transversales noires sur les cuisses,

La queue, et c'est là un caractère bien distinctif, est régulièrement annelée, les anneaux étant de plus en plus foncés à mesure qu’ils se rapprochent de la pointe. La face est d’un jaune rougeñtre, les oreilles d’un gris roux à l'extérieur, blanches à l'intérieur. La couleur de

la plante des pieds et des lèvres est noire.

Viscères. — La plupart des viscères sont moins grands que chez les chats domestiques. Les intestins sont trois fois plus long que le corps au lieu de cinq

fois plus long, comme chez le chat domestique.

Reproduction. — La durée de la gestation chez la chatte sauvage est d'environ neuf semaines: la mise bas se fait au mois d'avril. Elle fait son nid dans un terrier, dans une ouverture de roches où dans un tronc d'arbre et donne naissance à 5 ou 6 petits qu’elle allaite et nourrit ensuite avec des oiseaux ou des rongeurs, avec une grande sollicitude et cependant elle ne les défend pas toujours contre l’homme qui les lui enlève tant la crainte qu'elle éprouve de ce dernier est forte.

Linné raconte à ce sujet le fait suivant :

En 1865, un charpentier traversait un fourré à cinquante pas environ de ma maison, sur le côté méridional de l'Hermnustein, où se tiennent un grand nombre de lapins de garenne, lorsqu'il crut entendre des miaulements partant d’un terrier élargi. Cette découverte le combla de joie, car quelques jours auparavant il avait exprimé le désir d’avoir des petits chats sauvages. Îl se mit donc à creuser le terrier et y trouva 3 petits chats’ de la grosseur d’un rat. Les ayant mis dans son sac il s'en alla lorqu'il aperçut la mère rôdant autour de lui, les oreilles dressées. Cependant

elle se tint toujours à distance et ne fit jamais mine de vouloir l’attaquer.

Sa taille était celle d'un gros lièvre. Les petits par leur couleur et par leur queue courte et épaisse, se distinguaient facilement de nos jeunes chats domestiques. Ils étaient extrêmement sauvages, griffaient, mordaient

et criaient d’une manière féroce.

On employa vainement tous les moyens possibles pour les apprivoiser et les soigner ; il ne voulurent ni manger, ni boire et se démenèrent comme des diablo-

tins jusqu'à la mort.

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