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L'INDICE CÉPHALIQUE EN EUROPE

J. DENIKER

J*ai donné au Congrès de TAssocialion pour Tavaucement des Sciences, tenu à Saint-Étienne en août 1897, le résumé de mes travaux sur Jes races de l'Europe. D'autres résumés ont été publiés dans le Bulletin de la Société d'Anthropologie (1897, p. 189 et 291) et dans l'Anthropologie (1898, p. 113).

J'ai dit dans ces communications préliminaires que mon travail in extenso serai publié ultérieurement. Obligé, par des nécessités d'ordre matériel et financier, de publier ce travail par fractions, je présente ici sa première partie relative à l'indice céphalique.

Après quelques considérations générales sur ce caractère anthropologique de première importance, je vais passer en revue toutes les données que j'ai pu recueillir en ce qui concerne sa répartition en Europe. La carte jointe à mon travail facilitera beaucoup la lecture de cet exposé forcément un peu ardu .

2 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SCIENCES

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR l'iNDIGE CÉPHALIQUE ; DIVISIONS ADOPTÉES.

Malgré les critiques récentes de Sergi (93) (1) et cI'Ehrenreich (98), je continue à penser que l'indice céphalique est un des caractères de race des plus importants, surtout pour former les coupures secondaires dans les grandes divisions du genre « Homo », basées, comme on le sait, sur la couleur de la peau et la nature des cheveux. Certes cet indice ne peut exprimer à lui seul la véritable forme de la tête ou du crâne, mais il en donne une première indication, très nette, qui fixe les idées bien mieux que les descriptions détaillées, utiles à coup sûr, mais rendant Tétude presque impossible quand il s'agit de comparer entre eux un grand nombre de types divers. D'autre part, cet indice a une telle fixité dans les limites d'une race donnée qu'il serait impardonnable de se passer d'une caractéristique aussi précieuse.

Les chiffres de l'indice céphalique, donnés par différents auteurs, quand ils sont déduits de mensurations sur un nombre de sujets suffisant, sont tellement concordants entre eux qu'il est impossible de nier la fixité du caractère exprimé par cet indice.

J ai passé en revue toutes les mesures publiées et un certain nombre d'inédites, concernant l'indice céphalique en Europe. Après avoir vérifié et refait le calcul d'un grand nombre d'indices, j'ai reporté mes indications sur une carte d'Europe au 10.000.000% divisée en circonscriptions administratives aussi détaillées que le permet l'échelle de cette carte. Je donne donc les indices moyens par petites divisions administratives comme r « arrondissement » et le « département » en France, le « County » en Angleterre, 1' « ouïèzd » et le « gouvernement » en Russie, le « circondario ».et la a provincia » en Italie, etc. Dans certains cas (pour les Slaves, les peuples Turcs, Finnois, Caucasiens, etc.) je me suis servi des limites ethnographiques ou Unguistiques, reportées sur la carte et faciles à discerner à l'aide des numéros de la légende. Parfois aussi je donne les indices par groupes de subdivisions inférieures à celles indiquées sur la carte, par exemple par groupes de cantons dans les arrondissements en France, par groupes de partidos judidales dans les provinces en Espagne, par groupes de « Kreise » dans les « Regierungsbezirke » de la Prusse orientale, etc. De cette façon j'ai pu contrebalancer jusqu'à un certain

(1) On trouvera à la fin de ce mémoire la liste bibliographique des ouvrages que je cite, classés par ordre alphabétique des noms d'auteurs. Ces noms, imprimés dans le texte en PETITES CAPITALES, rcuvoicnt douc à la liste, et les chiffres en italiques qui suivent ces noms entre parenthèses indiquent les deux derniers chiffres de Tannée de publication du mémoire : ainsi (98) veut dire 1898.

J. DENIKBR. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 3

point la Irop grande inégalité entre les divisions administratives de certains États (1). En somme j'ai indiqué sur ma carte â.700 divisions administratives de divers degrés. Quant au nombre des habitants que représentent les divisions marquées sur la carte, il oscille dans la plupart des États entre 100.000 et 200.000, et ne dépasse ce dernier chiffre qu'en Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique et Hollande (2).

Le nombre total des indices que j'ai vérittés, calculés, comparés et reportés sur les cartes, dépasse 2.500 et représente les moyennes d'au moins 380.000 sujets mesurés.

Dans aucun cas, pour une unité territoriale donnée (administrative ou linguistique), la moyenne n'a été déduite d'une série comptant moins de 10 individus; dans l'immense majorité des cas, les séries se composent de 20 à 50 individus ; dans beaucoup de cas elles dépassent la centaine et le millier.

Les indices céphaliques dont il sera question dans ce travail sont déterminés d'après les mesures sur les vivants. Dans quelques cas, relativement rares, par suite de manque de documents, j'ai dû recourir aux mesures sur le crâne. Dans ces cas, fai toujours augmefité de deux unités l'indice résultant de ces mesures, me conformant ainsi à l'usage adopté par la majorité des anthropologistes de tous pays.

Pour les mesures des diamètres qui n'ont pas été prises d'après les instructions de Broca, comme par exemple celles de certains auteurs allemands (système décadré àmaxima; système de Ihering ; celui de Welcker; méthode de l'entente de Francfort; etc.), les corrections nécessaires ont été opérées; elles seront expliquées pour chaque cas particulier.

(Ij D'une façon générale il fallait renoncer à représenter sur ma carte toute division administrative ayant moins de 1.000 kil. carrés de superficie (10 mm. carrés) ; or la grandeur moyenne des districts (Land-Kreise) de la Prusse est de 775 kil. carrés et celle des districts (Bezirkhauptmanschaften) de TAutriche Cisleithane varie de 575 kil. carrés (Bohême) à 900 kil. carrés, sauf dans le Salzburg et la Dalmatie. On ne pouvait donc pas les représenter sur la carte. Par contre les « circondarii » de Tltalie (1.045 kil. carrés en moyenne), les arrondissements français (1.430 kil. carrés), les « cantons » suisses (1.800 kil. carrés), dépassent légèrement cette dimension minima, et retendue des divisions des autres États de l'Europe sont plus considérables (la moyenne des « Amte » de Danemark est de 2.145 kil. carrés, celle des « comtés » anglais 2.585 kil. carrés, des « provinces » belges 3.270 kil. carrés et des « provinces » de la Suède 17.500 kil. carrés). La moyenne des districts (ouyèzd) de la Russie est de 6.850 kil. carrés, mais certains d'entre eux (en Pologne) sont plus petits que les arrondissements français, tandis que d'autres (dans le gouvernement d'Arkhangel) sont aussi grands que la France entière. Les chiffres ci-dessus sont empruntés pour la plupart au travail de Fr. Le Monnier (75).

(2) Voici d'ailleurs les chiffres approximatifs d'habitants correspondant aux divisions que j'ai adoptées pour quelques Etats (d'après les statistiques antérieures à 1895). France 107.000 habitants; Italie 109.000; Danemark 120.000 ; Russie 125.000 ; Suisse 132.000; Espagne 150.000; Suède-Norvège 155.000; Autriche 180.000; Allemagne 242.000 ; Hollande 425.000 ; Belgique 650.000.

4 ASSOGIATIOM FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SaENCBS

Afin de pouvoir comparer des groupements homogènes, je ne me suis servi que des mesures prises sur des hommes^ sauf quelques cas rares où, pour compléter les séries, je prenais les indices des femmes, mais seulement quand ces indices n'offraient pas des différences notables avec ceux des hommes.

Cependant j'ai donné à part, chaque fois qu'il m'a paru intéressant, les chiffres relatifs aux femmes à côté de ceux des hommes. Ainsi, par exemple, en Bulgarie la différence entre les indices céphaliques des hommes et des femmes est tellement grande qu'elle mérite d'attirer l'attention des anthropologistes.

Les indices de deux en deux unités sont marqués sur la carte par une teinte distincte, de sorte qu'on peut à volonté considérer mes divisions céphalométriques, soit comme se rapportant au vivant, soit comme se rapportant au crâne (en admettant la réduction de deux unités sur le vivant pour avoir l'indice du crâne).

Pour la faciUté du langage et en même temps pour donner plus de précision à mon exposé, je me sers des termes suivants pour désigner les indices céphaliques sur le vivant :

Indices céphaliques de 75,9 et au-dessous, hyperdolichocéphales.

— 76 et 77 avec leurs décimales, dolichocéphales.

— 78 79 — sous-dolichocéphales

— 80 81 — mésocéphales.

— 82 83 — sous-brachycéphales.

— 84 85 — brachycéphales.

— 86 et au-dessus — hyperbrachycéphales

Les chiffres extrêmes que j'ai rencontrés dans les indices moyens par unités administratives sont 74,5 et 88,8 pour toute l'Europe.

Ceci dit, je vais passer en revue les indices céphaliques des populations européennes pour chaque pays, région, ou groupe ethnique de notre continent.

France.

Mon ami et collègue le D' R. Collignon a fait des travaux de premier ordre sur l'anthropologie de la France. Aussi serai-je obligé de reproduire souvent ses chiffres et même ses conclusions. Ce faisant, je ne crois pas cependant faire double emploi avec ce qu'il a déjà publié, attendu que je me place à un point de vue un peu différent du sien. Il a étudié notamment l'indice céphalique par départements sur 8.707 Français d'abord {SI),

J, DENIKER. — LES RACES DE L'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 5

sur 15.914 ensuite (96) (1), puis par cantons, dans 13 départements, tandis que je considère ici la distribution de Undice céphalique par arrondissements. D'ailleurs, avec son obligeance coutumière, M. Collignon a mis à ma disposition non seulement ses travaux publiés sur l'indice céphalique par arrondissements dans quelques départements (Calvados, Meurthe-et- Moselle), mais encore des chiffres inédits qu'il possédait et qui m'ont permis de donner le'' indications par arrondissements pour vingt-huit départements. En dehors des travaux de Collignon, j'ai pu utiliser : le mémoire manuscrit du D' Atgier (Ud) sur les départements de la Vienne et de rindre, contenant les chiffrer individuels de l'indice céphalique joa?- cantons dont j'ai calculé les moyennes (Deniker, 95); les travaux du D"^ Fallot (89 y b) sur la Corse et du D"" Spàlikowski sur la Normandie (99) ; ceux de Labit (98) pour les Ardennes ; enfin le mémoire de M, Lapouge (94) sur le département de l'Hérault et celui de Durand et Lapouge (98) sur le département de l'Aveyron. Ces travaux réunis m'ont permis de porter à 60 le nombre des départements pour lesquels j'avais les données par arrondissements (soit pour la totalité de ces arrondissements, soit au moins pour deux arrondissements par département, en tout cent soixante-dix arrondissements). J'ai pu compléter ces données avec les travaux craniomélriques de Broca (73, a, b, c) pour le département du Puy-de Dôme, de HovELACQUE ET Hervé (94) pour celui de la Nièvre, ainsi qu'avec les mesures sur le vivant de Fallot (87) pour le département des Bouches du-Rhône, de Carlier (93) pour celui de l'Eure, de Lapouge (95-96) pour celui de l'iUe-et-Vilaine, et de Bourdin (98) pour celui de l'Ardèche, etc.

Somme toute, il ne m'est resté que vingt-cinq départements (2) pour lesquels je n'avais que les chiffres en bloc, donnés par Collignon et que j'ai complétés, pour quelques départements, par ceux des autres auteurs ; Fallot (89, a) (pour Vaucluse, Alpes-Maritimes et les trois départements de la Provence); Hovelacque (77) (Savoie), etc. Ces indices céphaliques sont déduits des séries comptant plus de vingt individus, sauf deux départements (Hautes Alpes et Lozère) pour lesquels ce nombre n'a pas été atteint, mais où les séries dépassent toujours dix individus.

-(1) Il est intéressant de noter à ce propos combien les résultats de ces deux mémoires sont concordants entre eux, malgré le nombre presque double de sujets examinés dans le second travail. Les moyennes diffèrent à peine de cinq à huit décimales, c'est-à-dire d'une quantité égale à Terreur individuelle inévitable dans les mesure^ qui servent à calculer l'indice céphalique [Voyez : Oloriz (94), p. 26]. Sur 86 départements, six seulement (Gironde, Jura, Landes, Haute-Marne, Saône-et-Loire, Corse) accusent des différences plus importantes C'est une des preuves en plus en faveur de la stabilité des caractères du crâne, exprimés par l'indice céphalique.

(2) Orne, Oise, Seine, Marne, Aube, Haute-Marne, Yonne, Côte-d'Or, Ain, Eure-et-Loir, Sarthe, Cantal, Tarn-et-Garonne, Haute-Loire, Lozère, Gard, Basses-Alpes, Alpes-Maritimes, Vaucluse, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Savoie, Haute-Savoie, Doubs.

6 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMINT DES SCIENCES

Si Ton ne considère que la répartitioD de Tindice céphalique par départements et si Ton met de côté la Corse [indice céphalique moyen : 78,8 d'après Collignon, 76,6 d'après Jaubert (9S/], on trouve que cet indice varie en France de 78,6 (Pyrénées Orientales) à 88,8 (Lozère). L'arrondissement le plus dolichocéphale est celui de Céret dans les Pyrénées-Orientales (77,6) (1); le plus brachycéphale, celui de Miremont (Vosges) (88,5) (i). L'indice céphalique moyen pour toute la France (y compris la Corse) déduit par Collignon d'après les mesures sur 8.707 sujets, est de 83,6.

Considérant la répartition des indices céphaliques par déparlements, on arrive à ceûe conclusion nettement formulée par Collignon (96^ p. 159) : « Les indices les plus brachycéphales, 83 à 88, se massent à Test d'une ligne oblique et sinueuse se liant sensiblement au relief du sol, et qui joindrait Luxembourg aux Landes, avec des maxima groupés formant quatre centres qu'on peut dénommer : i® Lotharingien (Lorraine, Bourgogne), 2® Alpin, 3® Arveme, celui-ci poussant vers l'est jusqu'au Gers et au Lotet-Garonne, 4** enfin (centre secondaire), Breton qui se relie aux précédents par un relèvement de l'indice au niveau de la ligne de partage des bassins de la Seine et de la Loire. D'où découle inversement la constitution de trois régions dolichocéphales (3), Tune septentrionale (Flandre, Ile-de- France, partie de la Normandie et de la Champagne), la seconde centrale (bassins de la Charente et des affluents de gauche de la Loire), et la troisième m(^diterranéenne comprenant tous les départements riverains de cette mer, la partie orientale des Pyrénées et... englobant vraisemblablement les cantons de montagne de ceux-ci. t

Les renseignements que j'ai tirés d'autres documents ne modifient point ce tableau général. Les moyennes fournies pour différents départements par Atgier, Fallot, Durand, Lapouge, Spalikowski et Thaon (77) font seulement remonter un peu plus au nord la région dolichocéphale centrale de Collignon en y englobant les départements de la Vienne et de l'Indre, et confirment au contraire pour les autres régions les chiffres de cet auteur. D'ailleurs, voici les données comparatives (4) :

(1) Dans le cours de ce mémoire je donnerai les chiffres de l'indiee céphalique (toujours sur le vivant ou sur le crâne augmenté de deux unités) entre parenthèses ou non et sans autre mention spéciale.

(2) Il est intéressant de noter que HovELACQUEet Hervé (94) ont trouvé sur les crânes des monts Faucilles, qui couvrent en partie cet arrondissement, Tind. céph. de 86,3(88.3)

(3) Sous ce nom, M. Collignon comprend les formes crâniennes ayant les indices de 80 et au-dessous pour les deux premières régions et les indices de 82 et au-dessous pour la troisième.

(4) Le tableau qui suit ne contient pas les chiffres de Spalikowski pour les déparlements normands (Orne, Manche, Cal \ ados, Eure et Seine-Inférieure), car ils ne diffèrent que de 1 dixième d'unité ou de quelques centièmes des chiffres correspondants de Collignon.

J. DENIKER. — LE8 RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE

Nombre de sujets observés par

Collignon Autres

Ind. céph. d'après Collignon Autres observateurs.

30? 620 Vienne 82,4 80,6 ) .

20? 360 Indre 82,6 80,1 p^§^^®^-

332 4071 Aveyron 85,4 86,1 DaraDdctlapouge.

21? 873 Hérault 82,8 81,3 Upouge.

221 196 Bouches-du-Rhôno . 81,4 81,6 \

54 33 Var 82,8 81,7 L „ .

32 30 Basses-Alpes. . . . 83,6 83,4 M*'^^^*

47 35 Vaucluse 81,5 81,2 )

53 40 Alpes-Maritimes. . 82,9 81,7 Fall. et Thaoa (i)

Le nombre de sujets observés par Atgier étant de beaucoup supérieur à celui dont disposait Collignon. j*ai adopté les indices céphaliques du premier pour les départements de la Vienne et de l'Indre.

Quant aux chiffres de Fallot, comme ils ont été déduits d'un nombre de sujets presque égal à celui des séries de Collignon, j'adopterai pour les cinq départements de la Provence des chiffres moyens entre ceux des deux observations, c'est-à-dire : 81,5, 82,3, 83,5, 81,4 et 82,4.

Ainsi donc, d'une façon générale, la carte de l'indice céphalique par départements dressée par Collignon peut être considérée presque comme définitive. Personnellement, j'y ai la plus grande confiance, l'ayant pu comparer à la carte du même indice de A. Bertillon qui figurait à l'Exposition universelle de 1889 et qui est restée malheureusement inédite.

A cause des différences du procédé opératoire (A. Bertillon prend le diamètre an téro- postérieur non à partir de la glabelle, mais à partir de la racine du nez) les indices céphaliques de cette carte sont, en général, un peu plus forts, plus brachycéphales que ceux de la carie de Collignon, mais les différences sont presque toujours dans le même sens et ne dépassent pas les limites imputables à la différence du procédé, sauf quelques départements et notamment les départements de la Vienne et de l'Indre pour lesquels Bertillon donne le chiffre de 81, plus faible que celui de Collignon et se rapprochant de celui d'Atgier. Il y a aussi quelques différences pour les deux départements pour lesquels Collignon n'avait pas atteint la série suffisante Le département de la Lozère paraît être plus brachycéphale sur la carte de Collignon (i. c. 88,8) que sur celle de Bertillon (86), contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre, tandis que celui des Hautes- Alpes (84,9) cadre mieux avec le chiffre de Bertillon (86). Pour ces deux départements, j'ai maintenu néanmoins les chiffres de Collignon, car il

(1) 30 sujets à 81,8 (Fallot) et 10 sujets de la commune d'Utelle (arrondissement de Nice^ à8l,3 (Thaon).

8 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR L'aVANCEMENT DES SCIENCES

m*a été impossible de me rendre compte de la différence exaete provenant des procédés opératoires différents des deux observateurs.

Si l'on considère la répartition des indices céphaliques par arrondissements ou fractions d'arrondissements (et cela peut se faire pour les deux tiers des départements), le tableau de Collignon change un peu, sans modifier cependant ses traits généraux si bien indiqués par ce savant. Les traits se précisent et font ressortir quelques faits nouveaux que je vais résumer.

Le grand massif hrachycéphcde de Collignon dans lequel je n'inclus que les indices de 84 et au-dessus, se présente sur la carte sous la forme d'un triangle dont le sommet quelque peu tronqué empiète sur une partie des départements suivants : Basses-Pyrénées (arrondissement de Pau) 84,5 ; Landes (arrondissement de Saint-Sever) 8i,9; Hautes-Pyrénées (arrondissement de Tarbes 84,9, et de Bagnères 86,3) ; et Haute-Garonne (arrondissement de Saint-Gaudens) 84,7.

La base de ce triangle s'appuie sur la frontière de Test depuis Vouziers jusqu'à Barcelonnette et comprend : le département de la Meuse, sauf l'arrondissement de Montmédy, (84,4 à 86,4 suivant les arrondissements); Meurthe 8S à 85,6; Vosges 85,7 à 88,5; Territoire de Belfort(88,l d'après 6 sujets seulement); Haute-Saône 86,5 à 88,6; Doubs 86,6; Jura 86,8 à 87,1 ; Ain 86,5; Haute-Savoie 86,5; Savoie 87,4 (1); Hautes-Alpes 84,9.

Le côté de ce triangle tourné vers le nord comprend les arrondissements et les départements suivants (en allant de l'ouest à Test) : partie est de l'arrondissement de Mont-de-Marsan (Landes) 84,8; Lot-et Garonne 84,7 à 87,4; partie sud (rive droite de la Dordogne et de la Vézère) des arrondissements de Bergerac et de Sarlat, 84 et 85 ; Corrèze (sauf l'arrondissement de Tulle) 84 à 86; Puy-de-Dôme 85,5 (2); Loire (sauf l'arrondissement de Saint-Étienne) 84; Saône-et- Loire 86,5 à 87,1 ; région du Morvan (l'est de l'arrondissement de Château-Chinon) 84 (3); probablement la partie sud du département de la Côte-d'Or dont la moyenne 83,8 est si voisine du chiffre-limite de l'indice adopté par moi pour le massif brachycéphale; enfin le département de la Haute-Marne 84,9.

Quant au côté sud du triangle, il comprend : le Gers (85,7 à 86,2, suivant les arrondissements); le Tarn-et- Garonne 86,5; l'Aveyron 85,3 à 87,7;

(1) Ce chiffre est identique à celui qu'av lit trouvé Hovelacque (77) pour les crânes savoyards : 85,4 (correspondant à 87,4 sur le vivant). Carret (8^) dit (page 98) que les Savoyards forment la population la plus brachycéphale connue. Dans quelques cantons, l'indice moyen des conscrits atlein|t89. Dans quelques communes, il atteint 90... Trois conscrits sur 1.200 avaient atteint ow ddposse l'indice de 100.

(2) Les 43 crânes virils de Saint-Nectaire (arrondissement d'Issoire) mesurés par Broca (73) donnent un indice plus élevé 84,5 (soit 86,5 sur le vivant), ce qui rattache cet arrondissement aux déparlements voisins trôs brachycéphales, Cantal (87,1) et Haute- Loire (87,2).

(3) D'après les mesures crâniennes de Hoyelacqub kt Hervé (9A},

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 9

le sud-est du Tarn (arrondissement de Castres, 84) et Tarrondissement de Villefranche (Haute-Garonne) 84,3, qui s'y rattache au sud-ouest; enfin les départements de la Lozère 88,8, de TArdèche (85 à 88 diaprés Bourdin) et de la Drôme 84,7.

En dehors des départements et arrondissements que je viens d'énumérer, il ne me reste à noter dans Tintérieur du triangle que les départements du Rhône, 84,5 à 85,5, de Tlsère 85,6 (1) et du Lot 85,6 à 86,7.

Dans toute retendue du massif brachycéphale que je viens de délimiter, on ne trouve qu'un seul arrondissement sous-brachycéphale, c'est celui de Saint-Étienne, 82,2. Cela tient probablement à la présence d'un grand nombre de populations étrangères à la région dans les mines et les fabriques dont est semé le sol de Saint-Étienne et des environs (2). Par contre les régions ultra-brachycéphales forment dans le massif en question trois îlots importants : Burgond (départements de Saône-et-Loire et du Jura. 87,1), Alpin (Savoie) et Cévenol (Haute-Loire 87,2, Lozère 88,8, Cantal 87,1, le nord de l'Aveyron 87 et l'ouest de l'Ardèche 87).

Le massif brachycéphale couvre la partie montagneuse de la France presque en totalité. Seules les Pyrénées en sont indemnes ou à peu près. Si l'on transporte son contour sur une carte hypsométrique de la France, on est frappé de la coïncidence de ce contour avec la courbe de niveau de 500 mètres, sauf aux deux angles du triangle : au nord-est le contour coïncide avec les courbes de 200 mètres, et au sud-ouest il empiète sur les régions situées à 100 mètres et même au-dessous. Dans certaines régions, le contour, malgré les limites arbitraires des arrondissements, suit presque exactement la courbe de 500 mètres. Par exemple, au sud des Cévennes les arrondissements brachycéphales du Tarn (Castres 84) et du département de la Haute-Garonne (Villefranche 84,3), couvrent les monts de Lacaune, le plateau de Sidobre, la montagne Noire et le coteau Saint - Félix, tandis que la région de la plaine qui se trouve plus à l'ouest (arrondissements d'Albi, de Lavaur, de Gaillac dans le Tarn, ceux de Toulouse, de Muret dans la Garonne) sont à peine sous-brachycéphales (82,2). Le département des Basses-Alpes se trouve en dehors du massif brachycéphale, quoique dans le niveau de la courbe de 500 mètres, mais le chiffre de son indice céphalique (83,6) se rapproche beaucoup de la brachycéphalie vraie (3).

(1) Dans le sud de Tarrondissement de Grenoble on a constaté l'indice de 86,4.

(2) L'abaissement de Tindice ne doit pas tenir à l'agglomération urbaine, comme le veut l'hypotbèse de Lapouge, car l'arrondissement de Lyon, avec une agglomération urbaine beaucoup plus considérable, a pour indice 84,5.

(3) Il est aussi probable que si Pon avait des chiffres par arrondissements pour les départements des Alpes- Maritimes et de la Côte-d'Or, on verrait leurs parties montagneuses rentrer dans la zone brachycéphale. Le plateau de Langres (département de la Haute-Marne) est compris dans la zone brachycéphale.

10 ASSOaATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES

En dehors du massif principal brachycéphale, l'altitude n'est pas toujours eu rapport avec l'indice céphalique élevé. Il existe au nord-ouest de ce massif trois îles et trois îlots brachycéphales en France. Or, une seule des îles, celle qui forme le département des Côtes-du-Nord (84-85), sauf ses arrondissements extrêmes à Touest (Lannion), et à Test (Dinan) couvre la région montagneuse de la Bretagne et encore seulement eo partie. Des deux autres, Tune, comprenant rille-et-Vilaine (84 à 85,4), le sud du département de la Manche (84,5-85,7), et les arrondissements d'Alençon (Orne 84,1), de Châteaubrianl et d'Ancenis (Loire-Inférieure 84,2), avec Tîle qui s'y rattache au sud-est, formée par l'arrondissement de Baugé (Maine-et-Loire, 85,6), ne touche la courbe de niveau de 200 mètres (Haut- Maine, contreforts occidentaux du Haut-Perche) que par sa partie nord-est ; tandis que l'autre (Vendée, 84,5, et l'arrondissement de Bressuire, dans les Deux-Sèvres, 84,2) se trouve dans un pays plat, mais qui est peut-être aussi bien protégé des mélanges de races par un sd infertile, marécageux, que les régions montagneuses. C'est aussi dans cette infertilité du sol, dans la présence de grandes forêts et autres causes d'isolement qu'il faut chercher l'explication de l'existence de deux petits îlots brachycéphales dans le nord-est de la France : arrondissement de Gien (84,3), dans le Loiret, partie la plus élevée de deux régions stériles (Sologne et Gâtinais Orléanais) ainsi que de la forêt d'Orléans; et l'arrondissement de Coulommiers (84,1), dans le département de Seine-et- Marne (population immigrée des papeteries si nombreuses dans cette région ?)

Passons maintenant aux régions qui offrent des formes crâniennes plus ou moins allongées, diamétralement opposées aux formes brachycéphales. Elles sont au nombre de trois. L'une, mésocéphale, est située dans le nord-est de la France, l'autre, sous-dolichocéphale, entre la Dordogne et rindre, au nord- ouest du massif brachycéphale et en contact immédiat avec lui; enfin la troisième, région panachée, dolicho et mésocéphale, se trouve au sud de ce massif, sur le littoral méditerranéen et dans les Pyrénées.

l** La première région, que j'appellerai Normande, est composée des départements limitrophes de la Belgique (continuation de la zone flamande belge, voy. plus bas); elle occupe presque tout le littoral nord de la France: Nord 80,4 à 81 suivant les arrondissements; Aisne 80,9; Pas-de-Calais 80.3; Somme 81,4, sauf l'arrondissement d'Abbeville; S^i ne-Inférieure 80,2 à 80,6, sauf l'arrondissement de Rouen; le centre du département de l'Eure (arrondissement de Louviers et les cantons ouest de l'arrondissement d'Évreux); Seine-et-Oise 81 ,4; Calvados 81,6 (CoLLiGNONet Spalikowski); la partie nord des arrondissements de Saint-Lô et de Coutances, ainsi que l'arrondissement de Cherbourg (Manche) 81,1 (Collignon, 94); les arron-

dissemeQts de Dinan 86,6 et de Lannion 81,6 (Côtes-du-Nord) ; le nord du Finistère 80,6-81 ,4, le sud du Morbihan 80,8 (Atgier-Collignon).On rencontre dans cette région mésocéphale, un petit îlot de sous-dolichocéphalie formé de trois arrondissements conligus, appartenant aux trois départements diférents : Arras (Pas de-Calais) 79,6, Cambrai (Nord) 79,5 et Saint-Quentin (Aisne) 79,3 et des arrondissements sous-dolichocéphales isolés : le Havre et Lisieux, tous les deux avec Tindice 79,8.

2** La seconde région, franchement sous-dolichocéphale, avec une bordure mésocéphale, que Ton pourrait appeler Périgourdine , occupe l'ancien pays de Périgord, le Limousin, le Berry (1) et Test du Poitou. Le petit massif sousKiolichocéphale, assez compact, se compose de la partie du département de la Dordogne située au nord du fleuve du même nom et de son affluent la Vézère (78 à 79,2, suivant les arrondissements), de la partie sud de la Charente (arrondissements d'Angoulême et de Barbezieux 79,4), du sud-est de la Haute-Vienne (arrondissements de Limoges 79,2 et de Saint-Yrieix 79,5), et de la partie sud-est de la Charente-Inférieure (sud de Farrondissement de Jonzac 79) qui touche à la fois les départements de la Charente et de la Dordogne. Deux îlots sous-dolichocéphales se trouvent tout près de ce massif au sud-ouest : les arrondissements de La Réole, 79,6 et de Lesparre 79,3 (nord-est et pointe nord du département de la Gironde) ; puis trois îlots au nord-est : arrondissements de Civray (Vienne) 79,9 et ceux du Blanc 78,9 et de la Châtre 79, dans Tlndre. La zone mésocéphale qui entoure ces centres de dolichocéphalie est surtout développée au nord du massif où le passage vers les régions brachycéphales est ménagé par une série de transitions. Ainsi, on a, par exemple, en allant du sud au nord : arrondissement de Civray 79,9, le reste de la Haute-Vienne 80,7, Maine-et-Loire 83,3, Mayenne 84,1, sud du département de la Manche 85. Au sud au contraire, et surtout au sud-ouest, on passe brusquement de la région, dohchocéphale dans la région très brachycéphale, comme on peut se rendre compte par les chiffres suivants des arrondissements ou cantons limitrophes : La Réole (Gironde) 79,6, touche à Marmande 86,2; les cantons des arrondissements de Bergerac et de Sarlat, situés au nord de la Dordogne, ont les indices de 78 et 81 , tandis que ceux qui se trouvent au sud de ce fleuve offrent les indices de 84 et 85; les arrondissements de Saint-Yrieix 79,o et Limoges (Haute-Vienne) 79,2 sont adossés aux cantons nord de la Corrèze, dont les indices varient de 83 à 85. Ce n*est qu'à partir du département de la Creuse que recommence une zone intercalaire à 83 d'indice, entre le massif brachycéphale et la région dolichocéphale au sud de la Loire.

(1) Les chiffres de Coîlignon pour Tarrondissement de Bourges (Cher) 81,7 et d'Atgier pour l'arrondissement dlssoudun (Indre) 81, sont confirmés par ceux que Hovelacque et Hervé ("^^j ont obtenus pour 37 crânes de ces arrondissements 79,8 (soit 81 ,8 sur le vivant).

12 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'AVANGEMENT DES SGtENCE&

3^ La troisième zone Pyrénéo-Méditerranéenne est une large bande formée par uQe succession de régions (représentées par un, deux ou troi^ arrondissements ou départements) dolichocéphales, més^5i;éphaJes et sou^brachycéphales. Le massif brachycéphale y pénètre d'aiJ leurs aussi (arroDdissement de Tarbes 86,3 et de Bagnères 84,9, Hautes-Pyrénées) ^ et la coupe en deux parties inégales : ouest et est. La partie ouest comprend le département des Basses -Pyrénées avec rariondissemeiit de !)ai (Landes) 81,8 et d'Argelès (Hautes- Pyrénées) 81, â. Si Ton considèi'e la population générale de cette région, les indices se disfïosent très irrégulièrement suivant les arrondissements ; ainsi l'on a dans les Basses-Pyrénées, par exemple, en allant de Touest à Tast, les chiffres suivants : Bayonne 81,". Orthez 82,9, Mauléon (partie ouest) 83,4 (partie est) 81,8, Oloron 811 Pau 84,5 Mais cela tient à la diversité des élémentR ethxûques. Si l'on groupe ensemble les cantons basques, gascons et béarnais, on aura les chiffres suivants : 26 cantons béarnais 83,4, i2 cantons bastiuea H^A 3 cantons gascons 81,8.

La partie est de la zone dolicho-mésocéphale comprend ; 1^ Le département des Pyrénées-Orientales qui par son indice céphalique (77,6 à "8,7, suivant les arrondissements), comme par la langue de la majorité de ses habitants, se rattache à la région catalane dont ii sera question plus bas, à propos deTEspagne. 2® La bande littorale de la Méditerranée avec les départements adjacents, formée des régions alternantes suivanles, allant de Touest à Test :

a) Région mésocéphale (arrondissement de Saint-Girons, déparlement de l'Ariège) 81,3, qui touche à Touest au Saint-Gaudens peuplé de brachycéphales (84,7);

b) Région sous-brachycéphale (le reste de TAriège, probablemenl 83,3 (1);

c) Région mésocéphale ou sous-dolichocéphale : Aude 81, et les arrondissements suivants de THérault : Saint-Pons 80,2, Béziers 79,8, Lodève 81 ;

d) Région sous-brachycéphale : arrondissement de Montpellier (Hérault) 82, département du Gard 83,1 ;

e) Région mésocéphale : Vaucluse 81,5, et Bouches-du-Rhône 81,5; enfin

f) Une région sous-brachycéphale dans la partie nord de laquelle on remarque une tendance vers la brachycéphalie : Var 8â,3, Alpes-Maritimes 82,4, Basses-Alpes 83,5.

(l) Étant donné que tout le département, formé de trois arrgndisseniGnts, donne la moyenne de 82,6, et l'arrondissement de Saint-Girons, la moyenne de 81,3, on pcul presque prédire, d'après les chiffres des départements voisins, que Tindice (?éphalique dans l'arrondissement de Pamiers devra se rapprocher de 84, et ec lui de Foiï de 8Î,5*

J. DENIKBR. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 13

Cette mosaïque dénote un fort mélange de races, avec cependant prédomiùance de Télément mésocéphale.

En somme on peut résumer le tableau de l'indice céphalique en France ainsi qu'il suit : Les brachycéphales et les hyperbrachycéphales y forment un massif compact qui s'étend du sud-ouest au nord-est, depuis Saint- Gaudens et Mont-de-Marsan jusqu'à la frontière de l'est (entre Vouziers et Barcelonnette) ; on ne les rencontre pas au sud de ce massif et au nord ils ne sont représentés que par quelques îlots dont les principaux couvrent la Vendée, le Maine et la portion montagneuse de la Bretagne. Le reste du pays au nord du massif est pris : 1® Par des mésocéphales sur le littoral de la Manche, en Flandre, en Picardie et dans une partie de la Normandie et de l'Ile-de-France ; 2^ par des sous-dolichocéphales, ou des mésocéphales modérés au sud de la Loire. Quant à la portion de la France située au sud du massif brachy céphalique, elle est formée de régions à types céphaliques divers, avec prédominance des formes mésocéphales. Tout ce qui est en dehors de ces territoires est occupé par une population dont l'indice sous-brachycéphale (82-83) dénote les mélanges des fwrmes doUcho, méso et brachycéphales.

Si l'on tient compte des groupements linguisti(}ues ou ethniques dans les limites politiques de la France, on peut retrouver leurs indices céphaliques dans le tableau suivant, dans l'ordre croissant des indices :

NOMBRE

de

SUJETS

env.

pi. de 1.000

i.OOO

pi. de

env.

Corses

Catalans du Roussillon

Habit, des Pyrénées-Orientales

Wallons (Nord, Pas-de-Calais)

Flamands de Tarrond. de Dunkerquo . . .

Hab. du dép. du Nord

Angoumois, Périgourdins et Limousins du

Nord

Normands

Provençaux

Bretons (Finistère, Morbihan)

Basques des Basses-Pyrénées

Languedociens de la plaine . .......

Bourguignons du Nord (Yonne, Côte-d'Or) .

Français en général

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