‹ Les races de l'EuropeChapitre 20 sur 36 · env · texte numérisé non relu

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Bretons (Côtes-du-Nord)

Dauphinois (Hautes-Alpes, Isère, Drôme) . .

Gascons (Gers et une partie des Hautes- Pyrénées et des I-andes)

Lorrains (Vosges, Moselle, Meuse)

Hab. du Quercy et du Rouergue ....

Auvergnats (Cantal, Puy-de-Dôme) ....

Francs-Comtois (Haute-Saône)

Bourguignons du Sud (Saône-et-Loire, Ain) Savoyards

Languedociens des montagnes (Cévennes, Gévaudan, Velay, etc.)

Iles Normandes.

Les îles normandes (Jersey et Guernesey), quoique séparées politiquement de la France, sont situées si près de notre pays que, sans même savoir par l'histoire que leur population est la même que celle de la Normandie, on pourrait conclure à priori à une similitude du type de celle-ci avec les Normands du Cotentin dont on voit les falaises du haut des édifices de Jersey.

En effet, en ce qui concerne Tindice céphalique, la similitude est grande, du moins pour les Jerséens (car on n'a pas encore de documents pour Guernesey). Les 239 de ces insulaires mesurés par DvfiLO? (93) offrent l'indice céphalique moyen de 80,5, c'est-à-dire légèrement inférieur à celui des Normands (81,5). Les arrondissements du département de la Manche les plus voisins de l'île ont comme indices : 81 (nord de Coutances), 81,5 (Cherbourg), 82,9 (Valognes). En somme, la série de Dunlop est plus dolichocéphale que les Normands de France, mais les variations y sont assez considérables, le minimum de l'indice étant à 6", 8 et le maximum à 87.

M. Dunlop n'a constaté aucune différence dans l'indice entre les blonds el les bruns.

Les Basq[ues.

Jusqu'à ces derniers temps, les données sur l'indice céphalique des Basques étaient limitées aux trois séries de crânes décrites par Broca et à

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 13

une série de mesures sur le vivant. Voici quelques détails sur ce? quatre séries : 1) Série de 60 crânes, de deux sexes pris sans aucun choix dans le cimetière d'une localité de la province espagnole de Guipuzcoa (Tarans); son indice céphalique moyen est de 77,7, soit 79,7 sur le vivant (Broca, 62), 2) Série de 19 autres crânes choisis par Velasco dans le même cimetière et dont Tindice est légèrement plus dolichocéphale (76) (Broca, 66) (1). 3) Série de 47 sujets Basques français de Saint- Jean-de-Luz, mesurés par le D' Argelliès (Broca, 68); l'indice céphalique moyen de 39 hommes composant cette série est de 8o,3, celui de 8 femmes 82,7; celui des deux sexes réunis est de 83,1. 4) La série de 57 crânes basques de Saint-Jean-de-Luz, antérieurs à 1532, donna à Broga (68) l'indice moyen de 80,3.

De l'étude de toutes ces séries, Broca tira la conclusion (68, p. 55) que « les anciens habitants du pays basque français étaient brachycéphales; que ceux du pays basque espagnol étaient dolichocéphales, et que la dolichocéphalie qui s'observe actuellement sur un grand nombre de Basques français a été la conséquence du mélange effectué depuis la fin du xvi® siècle à la suite de l'émigration des Vascons ou Basques espagnols ».

Il établissait donc deux types dans les populations parlant la langue basque. Les recherches plus récentes d'Aranzadi, de Collignon et d'Oloriz ont précisé mieux la question.

Dans deux mémoires très documentés, mon excellent ami et confrère le D"^ Collignon (94 et 95) relate les résultats de ses recherches sur 220 Basques français purs (hommes de 20 à 21 ans) qu'il a triés pour ainsi dire en excluant de sa série tous les individus suspects de mélanges. Ces Basques se trouvent localisés dans les cantons ouest de l'arrondissement de Mauléon et dans les cantons est de l'arrondissement de Bayonne (Basses-Pyrénées). Les 220 conscrits de ces 11 cantons basques en bloc ont donné à Collignon un indice moyen sous-brachycéphale de 82,5. Mais parmi eux les 110 sujets du type basque pur (2), provenant de l'ancienne Basse-Navarre, pays resté le plus longtemps indépendant, fournissent un indice de 83,4, tandis que les 110 sujets d'autre type n'ont que 81,9 pour indice et sont par conséquent mésocéphales.

Par contre une série de 35 Basques (hommes de 20 à 22 ans) de Guipuzcoa (Espagne) a donné à Collignon un indice de 78 seulement, c'est-àdire sous-dolichocéphale.

Aranzadi (89), opérant sur une série de 250 Basques d'Espagne dont

(1) Les six crânes de Bilbao, mesurés par Virchow, confirment ce résultat. (Congrès intern. Anthr., 1868.)

(2) Ce type est caractérisé par un ensemble de caractères donné» avec beaucoup de clarté par Collignon.

16 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SCIENCES

la plupart (216) proviennent de la province de Guipuzcoa (1), leur a trouvé un indice légèrement plus élevé (19,1), mais toujours encore sousdolichocéphale. L'ordination de cette série montre Texistence de deux maxima de fréquence : Tun entre les indices 77 et 79,8, Tautre entre 80,8 et 82.

D'autre part, Oloriz (94) trouve sur une série de 109 hommes de la province de Guipuscoa, non choisis (par conséquent en partie seulement Basques) Tindice de 78,8, inférieur à celui des 216 Basques de cette province donné par Aranzadi (79,5). Cette légère différence de 0,7 d'unité se retrouve aussi dans la distribution de l'indice par districts (partidos judiciales); le plus brachycéphale est celui de Tolosa, dans le sud-est de la province (80,3 d'après Aranzadi, 79,4 d'après Oloriz). En réunissant les deux séries, on a 323 individus avec l'indice céphalique moyen de 79,3 et la succession suivante des districts : San Sébastian 78,9, Vei^ara (ouest de la province) 79,1, Azpeita 79,3 et Tolosa 79,97.

Mais en faisant la répartition par cantons, comme l'avait fait Oloriz (1. c. p. 171), on s'aperçoit, au contraire de ce qui se voit dans le pays basque-français, que la brachycéphalie augmente de la plaine à la montagne, en remontant les vallées ; ainsi l'indice céphalique à l'embouchure de VOria (à l'ouest de San Sébastian) est de 78,7 ; il monte à 79,2 dans la basse vallée, à 82,4 dans la haute vallée et à 80,8 dans la région de ses sources.

Les indices moyens des deux autres provinces basques d'Espagne sont : 78,8 pour la Biscaye et 79,1 pourl'Alave avec différences sensibles suivant les régions ; enfin le district de Pampelune (province de Navarre), appartenant au pays Basque, offre l'indice céphalique moyen de 80,4 dans le sud et de 78,4 dans le nord (2).

D'après ce qui vient d'être dit, on voit que dans tous les pays Basques en Espagne la partie montagneuse (sud de Pampelune et de Guipuzcoa, nord de Alava) est sous-brachycéphale tandis que la plaine et la région qui touche la frontière de la France (nord de Navarre et nord-est de Guipuzcoa) sont sous-dolichocéphales. Cela confirme le fait trouvé par Gollignon du refoulement (en France) des dolichocéphales vers l'Espagne.

Quant aux Basques en général, le fait saillant découvert par Gollignon c'est qu'ils sont sous-brachycéphales (83,4) en France et sous-dolichocé-

(1) Le reste sort de la partie de la Biscaye située à l'est de Guernica et de Durango, plus 2 individus de Pampelune.

(2) Aranzadi trouve, pour les Basques de Test de Biscaye, Tindice de 79 (32 sujets), Gollignon 77,6 (13 sujets); moyenne, 78,5 (46 sujets) presque identique à celle que donne Oloriz pour les deux districts orientaux de cette province : Durango 78,7 (33 sujets) et Marquina 78,6 (16 sujets). Pour la Haute-Navarre Landa (87) donne l'indice de 78,3 (63 sujets).

J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 17

phales (79) en Espagne. Comme ils sont eatourés des populations méso ou sous-dolichocéphales (à 79-80) dans les deux pays, il est évident qu'ils diffèrent de ces populations beaucoup plus en France qu'en Espagne. Ce fait seul, en dehors d'autres considérations qu'évoque Collignon, suffirait pour affirmer que le type physique basque s'est mieux conservé en France qu'en Espagne, tandis que c'est le contraire pour la langue et les mœurs.

L'élargissement du crâne basque n'est qu'apparent, car, malgré son indice élevé (83,1), le crâne basque est très long d'avant en arrière en chiffres absolus (plus de 190 millimètres), et prodigieusement gonflé audessus des tempes, précisément au point où se prend le diamètre transvers maximum ; ce caractère est spécial à la race basque ; il ne se rencontre nulle autre part, du moins en France, que dans le pays Basque et par cela même la brachycéphalie de ce peuple est comme factice et accidentelle. Les Basques sont donc plutôt des mésocéphales aux tempes gonflées. L'indice céphalique ne peut donc fournir de sous-caractère dans ce cas (1), et c'est sur d'autres particularités (face longue à menton pointu, tête haute, taille élevée, thorax tronconique, épaules carrées, etc.) que Collignon s'appuie pour constituer sa race basque^ qui paraît être une des variantes de ma race Littorale (Deniker, 97 bis et 98).

De Aranzadi (96) a combattu certaines conclusions de Collignon et d'Oloriz, mais il convient comme eux que le Basque est sous-brachycéphale ou plutôt mésocéphale (entre 80 et 81) et qu'il ne descend pas de la race de Cro-Magnon, comme on avait pensé du temps de Broca.

Espagne.

Jusqu'à ces derniers temps on avait moins de renseignements sur l'indice céphalique des Espagnols que sur celui de mainte population « sauvage ». Aranzadi (92), fut le premier à publier un travail intéressant sur 494 crânes espa^^nols des deux sexes provenant de 36 provinces (sur 48) du royaume. Malheureusement ce savant ne donne pas la moyenne pour toute l'Espagne, et le nombre de crânes par province est souvent trop faible pour pouvoir tirer des conclusions quelconques (2). rVéanmoins la moyenne générale, et la sériation de ces 494 crânes firent voir pour la première fois et l'extrême dolichocéphalie des Espagnols et la parfaite homogénéité de leur forme crânienne. La carte dressée par le

(1) C'est aussi l'avis d'Oloriz (p. 175).

(2) Voici le tableau que j'ai composé et calculé en partie et qui donne les chiffres sans aucune augmentation pour l'indice des séries comptant, dix crânes ou plus d'un seul sexe ou 20 crânes au moins, les deux sexes réunis. Ces chiffres sont intéressants surtout

savant anthropologiste espagnol fit aussi ressortir avec évidence deux ou trois points importants, par exemple Texistence des sous-brachycéphales dans la région cantabrique, les foyers hyperbrachycéphales dans la province d'Alicante, etc.

Ces faits ont été confirmés et bien d'autres encore mis en pleine lumière dans le travail magistral du D' Oloriz, véritable modèle du genre, auquel j'emprunte presque toutes les données de Texposé qui suit.

L'Espagne est très homogène sous le rapport de l'indice céphalique, et ne présente que des variations extrêmement faibles suivant les régions. Sauf le littoral du golfe de Gascogne depuis la Corogne jusqu'à Bilbao (région Cantabrique), sauf le littoral de l'Atlantique entre Cadix et Huelva, et deux ou trois districts isolés, qui sont mésocépbales ou sous-brachycéphales, tout ce pays se partage exclusivement entre les dolichocéphales et les sous-dolichocéphales (1).

L'indice céphalique moyen de 8.368 Espagnols mesurés par Oloriz est de 78,18; l'indice le plus fréquent 71. Les trois cinquièmes de la population ont les indices de 7S à 79.9.

Quant à la répartition géographique des formes crâniennes, nous allons

parce qu'ils donaent les différeaces sexuelles; sous ce rapport elles complètent jusqu'à un certain point le travail de M. Oloriz uniquement basé sur les mensurations des hommes.

PROVINCES

Lugo . . .

Pontevedra Oviedo . .

Santander.

Segovia . .

Biscaye . .

Guipuzcoa.

Cuenca . .

Tolède . .

Albacete .

HOMMES

FEMMES

SEXES RÉUiNlS,

(1) A ne considérer que les moyennes par provinces on a : 2 provinces sous-brachycéphales (Lugo 80,1 et Oviedo 80,9) et 3 provinces très dolichocéphales (Castellon 76,7, Valence 76,99 et Alicante 76,7). Le reste (42 provinces) n'offre que les indices moyens

J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 19

la considérer d'abord par provinces, puis par des divisions moins étendues, par districts judiciaires ou « partidos judiciales ». En combinant de dix façons différentes la répartition de Tindice céphalique moyen, de Tindice le plus fréquent et par provinces et par districts, Oloriz arrive à constituer 11 régions distinctes dans le royaume d'Espagne qui correspondent à peu près aux anciennes provinces.

Comme je vais me servir du nom de ces régions pour expliquer la répartition de Tindice moyen d'après la méthode uniforme adoptée poujr ma carte, je donne ci-dessous leur délimitation, commençant par le côté nord-ouest de l'Espagne. Par la même occasion je donne l'indice moyen par province et pour chacune des régions.

1® La région Galaïque (78,8) comprend les trois provinces de l'ancienne Galice (Corogne 78,9, Pontevedra, 79 et Orense 78,4).

2** La région Cantabrique (80,3) se compose de la province Galicienne de Lugo 80,1, de l'Asturie (province d'Oviedo 80,9) et du littoral de la Vieille-Castille (province de Santander 79,9). Les trois provinces mentionnées, occupant le versant nord des monts Cantabriques, sont situées sur la côte de l'Atlantique.

3° l>a région Basque et Navarraise (78,8), c'est-à-dire Navarre (78,4) et les trois provinces Basques : Biscaye 78,8, Alava 79,1 et Guipuzcoa 78,8).

4** La région Catalane (78,1) (provinces : Lérida 78,3, Gerone 78,1, Barcelone 78,2 et Terragone 77,6).

5^ lia régioîi Castillane supérieure (77,8), comprenant le Léon et presque toute la Vieille-Castille (Léon 77,S, Zamora 77,2, Salamanca 78,1, Palencia 77,6, Burgos 77,99, Logrono 78, Valladolid 77,8 Avila 77,3, Segovia 78,1).

6^ La région Aragonaise (77,4) comprend la province de Soria 77,4, celle de l'Ancienne Castille, la province de Guadalajara 77,7 la Nouvelle- Castille et tout r Aragon (Huesca 77, Saragosse 77,4 et Teruel 77,3). Elle est très homogène au point de vue de l'indice céphalique.

7° La région Valencienne (76,8,) ou ancien royaume de Valence (provinces: Castellon 76,7, Valence 76,99 et Alicante 76,7).

8** La région Castillane inférieure (78,5) comprenant l'Estremadure, le nord de la Murcie et presque toute la Nouvelle-Cas tille (provinces : Badajoz, 78,3, Caceres78,S, AUcante78,3, Madrid 78,6, Tolède 79,3 Ciudad-Real, 78,1).

variant dans les étroites limites de deux unités et demie : entre 77,04 (Huesca) et 79,5 (Cadix). La différence moyenne d'une province à Tautre est donc de 0,06 d'unité.

Sur 465 « partidos judiciales », 17 seulement sont mésocéphales ; 5 sous-brachycéphales 4 braehycéphales et 1 hyperbrachycéphale (Tinco dans la province d'Oviedo, avec 87,15, moyenne de 8 sujets seulement!); de l'autre côté de l'échelle, comme indices hyperdolichocéphales (au-dessous de 76) je n'ai trouvé que 9- « partidos » dont 2 seulement à indice moindre de 76 (Novelda r^Qi à Vellena : 74,6, moyenae de 11 sujets). Les 439 divisions administratives qui restent se rangent entre les indices de 76 et 79,9.

20 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMINT DES SCIENCES

9^ La Haute-Andalousie (77,7), cotnprenant Test de Grenade, le nord de TAndalousie et le sud de la Murcie (provinces: Almeria 77,8, Grenade 77,9, Jaen 77,4, Cordoue 77,97 et Murcie 78).

10» Boêse-Andahusie (79), comprenant le reste de Grenade et d'Andalousie (provinces: Malaga 79,2, Séville 78,5, Huelva 79,1 et Cadix 79,S).

11» Les îles Baléares (77,7).

En appliquant réchelle générale des indices (de deux en deux unités) de ma carte à TEspagne et mettant de côté les Baléares dont il sera question plus tard et le pays Basque déjà examiné, on arrive au tableau suivant de la répartition de l'indice cépbalique en Espagne :

Sauf une partie de la région Cantabrique (provinces de Lugo 80,1 ci d'Oviedo 80,9) qui est mésocéphale, toute l'Espagne ne renferme que des dolichocéphales ou des sous-dolichocéphales. Abstraction faite de cet îlot et du pays Basque, une ligne tirée de la Gorogne à Murcie diviserait approximativement tout le pays en deux parties : dolichocéphale au nordest, sous-dolichocéphale au sud-ouest.

La première partie comprendrait presque toute la Haute-Castille (sauf Salamanque, Ségovie et Logrono), les régions Arragonaise, Valencienne, la province de Terragone ; elle ne contiendrait que trois îlots sous-dolichocéphales : Catalogne (sauf la province de Terragone), Navarre et l'est de la région Cantabrique.

La seconde partie se composerait de la région Galicienne, de la Basse-Castille, de la Basse-Andalousie et comprendrait une île dolichocéphale assez importante : la Haute-Andalousie, sauf la province de Murcie qui se rattache encore à la partie sous-dolichocéphale.

Si l'on compare cette distribution avec la conformation orographique du pays, on voit qu'au contraire de ce qui se passe en France, c'est la partie élevée de l'Espagne qui est occupée par les dolichocéphales, tandis que la partie basse est réservée aux sous-dolichocéphales ; ces derniers, avec les sous-brachycéphales, occupent aussi tout le littoral atlantique. . Mais si en place de la répartition par provinces nous prenons celle par districts judiciaires, le tableau change et, malgré les limites arbitraires de ces divisions administratives, elles se groupent assez bien suivant le relief du sol et les régions* naturelles. Ainsi, sauf la vallée du Tage et la région Valencienne, les dolichocéphales ne se rencontrent presque pas au-dessus de la hgne hypsométrique de 300 mètres (1). Us sont tous groupés sur les

(1) Voici, d'après Oloriz, la distribution des indices suivant les altitudes :

N ombre __.^__ Altitude du pays des distr. de suj. exam. Ind. céph.

Moins de 500 mètres 172 2.770 78,45

De 500 à 1.000 mètres 281 4.213 78,20

Plus de 1.000 mètres 21 437 77,49

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPB. — INDICE GÉPHALIQUE 21

hauts plateaux, tandis que les sous-dolichocëphales se tiennent dans les régions basses et les mésocéphales ou sous-brachycéphales le long de la côte nord et sur quelques points de la côte sud ou au voisinage (1). Je commencerai mon étude détaillée par ces derniers. Les districts sous-brachycéphales ou brachycéphales sont rares en Espagne et se trouvent tous sur la côte nord, où ils alternent avec les districts sous-mésocéphales ou très faiblement sous-dolichocéphales, entre la Corogne et Guernica (province de Biscaye). Voici d'ailleurs la succession des districts de cette côte en allant de Touest à Test: les 4 districts (Ortigueira, Le Ferrol, Puentedeume et Betanzos) du nord- est de la province de Corogne (26 sujets, i. c. 80,4) ; les 4 districts ( Vivero, Mondonedo, Rivadeo et Villalba) du nord de la province de Lugo (44 sujets : 82,4) ; le district de Gastropol (13 sujets: 81,5) et les districts de Luarca et Tineo (18 sujets: 85.S) du nord-ouest de la province d'Oviedo ; 4 autres districts (Gijon, etc.), du nord-est de la même province (30 sujets : 80,8) ; les districts de Leanes dans Textréme est d*Oviedo et les trois districts de l'ouest de Santander: Poses, etc., qui lui sont accolés (19 sujets : 84,6); les deux districts de Test de Léon (Riano et Sahagun, 21 sujets : 80,2) qui font pénétrer sur ce seul point la zone méso ou brachycéphale dans Tintérieur des terres, en pleine Haute-Castille ; les deux districts (Villacariedo et Ramales) du sud-est de Santander (28 sujets : 81,4) ; enfin les districts de Guernica (23 sujets : 80,2) dans le pays Basque. On peut rattacher à cette bande littorale presque ininterrompue, le petit îlot formé de deux districts (Vigo et Redondela) de la côte de Pontevedra (13 sujets (2) : 80,4).

A part cette région de la côte galaïco-cantabrique, on ne rencontre aucune trace de brachycéphales en Espagne. Et même pour retrouver les mésocéphales en quantité un peu notable, il faut se transporter à l'autre bout de la péninsule ; là, sur la côte, entre Huelva et Cadiz, sont disposés quatre districts conligus (Huelva, Moguer, Sanlucar et Puerto de Santa Maria) dans lesquels l'indice céphalique varie de 80,1 à 81,1 et auxquels se rattache un îlot un peu plus à l'est (district d'Arcos de la Frontera 80,1).

Enfin, à signaler un îlot mésocéphale isolé dans la province de Lérida (district Balaguer, 80) dans le coin N.-E. de la Péninsule (3).

Mettant à part ces régions méso et brachycéphales, ainsi que quelques régions isolées, peuplées d'hyperdolichocéphales (1) ; tout le reste de la

(1) Sur 14 districts mésocéphales, il n'y en a que trois qui soient éloignés de 50 à 100 kilomètres de la mer.

(2) Suivant Oloriz, 1. c, p. 284, et non 23 comme c'est indiqué à la page 159 du môme ouvrage.

(3) Le district de Guadix (Grenade) est teinté par erreur sur la carte d'Oloriz en bleu foncé (mésocéphale) ; l'indice céphalique n'y est que de 79,4.

m ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES

population de TËspagne se partajge entre les dolidiocëphales et les sousdolichocéphales.

Les dolichocéphales se groupent en quatre massifs assez nets : 1^ Le massif formé par Tancien pays de Léon (sauf le sud ouest de la province de Salamanque et les deux districts mésocéphales deFest du Léon) et par les provinces ou districts adjacents de Touest de la Vieille-Castille, c*est-à-dire par les régions montagneuses de la province d'Avila, et les hautes terres du Valladolid et du Palencia situées au nord du Douro, à l'ouest de la vallée du Pisuerga, affluent de droite du Douro. Cette vallée sépare le massif de Léon du suivant.

2<* Massif aragonaiSy qui couvre presque en entier la région Aragonaise d'Oloriz. Seuls le bassin du Guadalope, affluent droit de TEbre, et quelques districts isolés dans Test du Huesca et le sud du Guadalajara, peuplés de sous-dolichocéphales modérés (de 78 à 78,4) forment Texceptioa à la règle. Par contre, ce massif dolichocéphale déborde la région aragonake comprenant tous les districts adjacents de Test de la Vieille-Castille et quelques-uns des autres régions. L'uniformité des indices est remarquable dans cette région : ils n'y varient guère qu'entre 76,5 et 77,93 dans les 17 groupes de districts.

3® La région Valendenne, avec les districts adjacents du sud de la Catalogne, forme le troisième massif dolichocéphale qui s'étend sur tout le littoral depuis Carthagène jusqu'à la basse vallée de l'Ebre. Ce massif est aussi homogène que le précédent, mais s'en distingue par une dolichocéphalie ^lus prononcée (de 75,33 à 77,6 suivant les groupes des districts qui sont au nombre de 15).

4® Le quatrième massif, réuni au précédent par les hauteurs de la Murcie, couvre les deux versants de la Sierra Morena ainsi que toute la Haute- Andalousie, sauf les vallées du Guadalquivir et quelques districts de la côte au sud de Carthagène (2).

Le reste de TEspagne: toute la Nouvelle-Castille, sauf les districts montagneux, autrement dit l'immense plaine entre le Tage et la Guadiana, ainsi que la Basse- Andalousie avec toute la vallée du Guadalquivir et une bonne partie de la Catalogne, du pays Navarro-Basque et de la Galice sœt le domaine des sous-dolichocéphales.

(1) Voici les groupes de districts comprenant de 14 à 32 sujets les plus dolichocéphales que j'ai formés pour ma carte : Léon (75,8) ; Vitigudino (prov. Salamanque) (75,5) ; Bareo de Avila (75,8) ; Ségorbe(prov. Castellon) (75,98) ; Albaïdaet Onteniente (prov. de Valence) (75,5) ; Cocentaina (75,99) et groupe Monovar, Novelda et Villena (75,4) dans la prov. d'Alicante.

(2) Les foyers principaux de la dolichocéphalie en Espagne sont situés : dans les hautes terres de l'Alicante, dans les Pyrénées aragonaises, dans les monts de Soria et Terael, et dans TAlpujarras, c'est-à-dire sur les contreforts du Sierra Nevada à plus de l.(KK) mètre, d'altitude (74,4, moyenne de 10 sujets).

J. DENIKER. — LES RACES DE L^EUROPE. — INDÏŒ CÉPIULFOUK 23

En somme, n'importe comment on tourne et retourne les chifïres, il ressort toujours une homogénéité remarquable de rindice céphalique des Espagnols. Voici, pour terminer, le tableau des indices, par groupes linguistiques, calculé d'après les données d*01oriz et disposé d'après le chiffre croissant de l'indice.

Nombre de sujets [ndica çi5ph.

502 Catalans de rancien royaume de Valence . . , , 76,8

122 Catalans des îles Baléares 77,87

574 Catalans de la Catalogne 78,1

8368 Espagnols en général 78,2

1410 Castillans de la Vieille et Nouvelle-Castille, . . . 78,5

326 Basques Espagnols ». 79,3

495 Galiciens ou Galégos . , 79,6

191 Castillans de la région Cantabrique * 79,7

Portugal.

Aucun travail d'ensemble, ni même une étude partielle sur l'indice céphalique des Portugais actuels n'a été publié jusqu'à ces derniers temps. Cependant je savais que le D"^ Ferraz de Macedo avait recueilli un grand nombre d'observations craniométriques et anthropométriques sur les Portugais normaux à propos de son travail comparatif sur THomme criminel (92) ; quelques chiffres, moyennes seulement de ces observations, sont publiés dans ce travail. Je me suis donc adressé à luij et avec la plus grande amabilité il m'a communiqué tous ses tableaux détaillés de diverses mesures sur les Portugais, avec autorisation d'en faire tel usage que je voudrais. En me réservant de publier plus tard les autres mesures, je donne aujourd'hui, sous forme de tableau, les indices céphaliques pris sur 417 crânes d'hommes et sur 485 crânes de femmes et répartis par provinces.

PROVINCES

HOMMES

FEMMES

SEMES JŒL'MS

Minho ....

Traz os Montes Douro ....

Beira Alla . .

Beîra Baixa. .

Êxtremadura .

Alemtejo . . .

Algarve. . . .

24 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCBMENT DES SCIENCES

Étant entré ensuite en relation avec le D^ Rocha Peixoto, professeur à Técole de Médecine de Porto, qui stimule autant que possible les études anthropologiques dans le pays de Camoëns, j*ai eu par son intermédiaire le travail d'un de ses élèves, D. M. Da Silva Basto (97). paru dans un recueil à moitié littéraire, histitiUo. Ce travail contient les mesures de 67 crânes masculins et de 39 féminins sans indication de provenance, plus les mesures moyennes du D^ Ferraz de Macedo, pour les Portugais en général et que je viens de donner avec plus de détails quant à la provenance.

D'autre part, R. Peixoto m'avait mis en relation avec son collègue le D*" FoNSECA Cardoso qui travaille actuellement avec une grande ardeur à l'anthropologie du Portugal par régions. Ce savant a bien voulu m'envoyer des mesures encore inédites sur 110 hommes de 20 à 21 ans de la portion de la provin(^ 'dfelMiirfto, qui comprend le littoral depuis l'embouchure de TAncora jusqu'à celle de la Cavada, c'est-à-dire presque toute la côte de la province (distr. de Vianna, l^onte do Lima et Barcellos) (1).

Voici le résultat des comparaisons de toutes ces données.

L'indice céphalique moyen de 494 crânes masculins donné par F. de Macedo est de 74,5, soit 76,5 sur le vivant. La moyenne de 67 crânes masculins donnée par Da Silva Basto est de 74,3, soit 76,S, chiffre absolument identique au précédent. Pour les crânes de femmes les chiffres correspondants (augmentés de deux unités) sont: 77,6 (506 crânes) et 76,6 (39 crânes), soit une moyenne de 77,5 pour 545 crânes.

Ces comparaisons indiquent déjà une ^Tande homogénéité de la population portugaise, du moins en ce qui concerne l'indice céphalique. Si l'on compare encore le chiffre de F. de Macedo pour 27 crânes masculins de la province de Minho (75,7, soit 77,7 sur le vivant) avec celui qu'avait obtenu Fonseca Cardoso (78,1) sur 110 hommes vivants, on est frappé de la coïncidence des résultats.

Quant à la répartition géographique de l'indice suivant les provinces, on y voit se reproduire les mêmes faits qu'en Espagne; 1^ une très faible différence suivant les provinces, les chiffres extrêmes n'allant que de 74,5 (2) (Traz os Montes) à 78 (Minho) ; 2^ plus grande dolichocéphalie dans les régions élevées que dans la plaine, sauf la province maritime d'Algarve, où comme dans la région cantabrique en Espagne (également montagneuse et maritime) se sont réfugiées les populations à tête plus arrondie que la moyenne (77,3). En effet, les deux provinces où l'indice est au minimum sont celles de Traz os Montes (74,5) et de Beira Alta (74,6) qui, comme

(1) Depuis que ces lignes ont été imprimées, le travail de Fonseca Cardoso (99) a para (Voy. BiUiogr.)

(2) Nous ne prenons ici que les chiffres des hommes, puisque pour la plupart des autres pays, nous n'avons de renseignements que pour les hommes.

J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 23

leurs noms l'indiquent déjà, sont des pays montagneux ; la courbe de niveau de SOO mètres les circonscrit presque en entier, les chaînes les plus élevées du royaume Lusitanien, la Sierra de Marâo et la Sierra da Estrella y culminent leurs pics à 1.422 et à 1.993 mètres. Pour la Beira Baixa dont le nord est aussi élevé que la Beira Alta et dont le sud se compose de la vallée du Tage, on a des chiffres contradictoires : la série de 9 hommes, insuffisante il est vrai, accuse Tindice de 75,7, légèrement supérieur à celui de Beira Alta, tandis que la série des 10 femmes présente un indice de 78. Cette différence est la plus grande qui existe entre les indices des crânes des deux sexes dans les autres provinces (voy. le tableau) et dépasse le double de la différence moyenne pour le Portugal en général (1 unité). Ce point n'indique-t-il pas que la série des femmes provient probablement de la vallée du Tage, tandis que celle des hommes vient de la partie montagneuse de la province? Si cette supposition est exacte, on verrait l'indice s'accroître régulièrement depuis la Beira Alta (74,6) jusqu'à la partie basse de la Beira Baixa (chiffre probable pour les hommes : 77), en passant par la partie montagneuse de cette province (7S,7).

En dehors de la région montagneuse hyperdolichocéphale que je viens d'examiner et qui se rattache au premier massif dolichocéphale espagnol (voy. p. 22), en dehors aussi de la province de Douro, dont une partie se trouve dans la zone montagneuse et dont l'indice est aussi hyperdolichocéphale (75,8), le reste du Portugal ne compte que des dolichocéphales. Seule la province de Minho, voisine du pays Galicien, offre un indice mésocéphale (78, moyenne des chiffres de F. Macedo et de F. Cardoso) ; à l'autre bout du pays, tout à fait au sud, la province d'Algarve la suit de près (77,3). Enfin les deux provinces des plaines: Extremadura (76,3) et Alemtejo (76,8) offrent un indice voisin de la moyenne.

Iles Açores et Madère.

L'archipel des Açores, situé entre 36^ 50' et 39*^ 45' latitude nord et plus près du Portugal (1.380 kil.) que du Maroc (1.S50 kil.) et de l'Amérique, doit être compté parmi les terres européennes.

M. Arruda Furtado [87) et d'après lui Elisée Reclus, disent que les Açoriens sont brachycéphales. Peut-être pourrait-on trouver des brachycéphales sur un point isolé dans les îles, où se rencontrent des traces d'une colonie française venue de Bretagne, mais la majorité de la population açorienne est dolichocéphale , comme ses frères de race les Portugais. D'après Lajard fP^J, qui a pu étudier la belle série de crânes açoriens envoyée par M. Pacheco à la Société d'Anthropologie de Paris^ l'indice céphaliquedes 20 crânes masculins serait de 73,6 et celui de 20 crânes fémi-

ninsde 73,3(1). D'autre part, M. Ferraz de Macedo me communique les chiffrespresque identiques, résullatsde ses mesures : sur 4 crânes d'hommes açoriens 73,9, et sur 9 crânes de femmes 74,9. De plus, il me donne les chiffres suivants pour Tîle de Madère : 2 crânes masculins 73,7 et 6 féminins 75,9. On peut donc dire que les Açoriens sont encore plus dolichocéphales (75,7 sur le vivant environ) que la moyenne des Portugais et se rapprochent des Portugais des provinces montagneuses (Traz os Montes, etc.).

ItaUe.

Des travaux fort intéressants et consciencieux ont été consacrés à la craniologie des différentes parties de Tltalie ; il nous suffira de rappeler ceux de Calori (68) sur les brachycéphales italiens, de Moschen (92) sur les Vénitiens et les Italiens de Tyrol, de Zampa (86) sur les Albanais et les Italiens méridionaux, etc. Mais un travail d'ensemble, le plus complet et le plus grandiose que Ton ait produit sur une population européenne, appartient sans contredit au D' Livi (93). C'est un fruit de patientes recherches de plusieurs années, basées sur les mensurations de près de 295.000 hommes adultes.

D'ailleurs, Livi a utilisé en plus tous les matériaux publiés par ses prédécesseurs, de sorte qu'il ne me reste pour ainsi dire qu'à résumer brièvement son remarquable ouvrage.

Les deux diamètres de la tête, qui servent à établir l'indice céphalique ont été mesurés par Livi et par les nombreux médecins militaires, d'après ses instructions, à l'aide d'un cadre à maxima en bois, instrument quelque peu imparfait, comme le reconnaît M. Livi lui-même dans son ouvragé.

Les indices ainsi obtenus sont toujours plus forts que ceux dont les éléments sont fournis par les mesures au compas d'épaisseur; mais de combien? Dans une lettre qu'il a bien voulu m'écrire en réponse à cette question, M. Livi me dit qu'il n'a pas fait d'expériences directes à ce sujet. Il fait observer cependant avec raison, que la différence dans le diamètre antéro-postérieur doit être minime, attendu que si l'épaisseur des cheveux que comprime le cadre à l'occiput augmente ce diamètre par rapport à la mesure prise avec le compas d'épaisseur, dont les branches pénètrent dans les cheveux, il existe une autre cause qui diminue presque toujours cette mesure au cadre : c'est l'asymétrie du <;râne plus ou moins

(1) Cet indice est calculé par moi d'après les diamètres, car M. Lajard a omis les indices pour les femmes açoriennes dans le tableau de la page 326 de son travail.

J. DENUDER. — LB#» RAGE6 DB l'eUROPB. — INDIGB GÉPHÀLIQUE 27

marquée chez tous les sujets. En effet (voy. la fig.), le diamètre antéroj)Ostérieur a b représenté sur le côté droit ou gauche du cadre appliqué sur la tête, dans le plan du vrai diamètre antéro-postérieur sera toujours^ plus court que ce dernier b c, pour peu que le crâne soit asymétrique comme le montre la figure cicontre. Par contre, le diamètre transverse sera toujours plus grand que celui pris au compas, car il est augmenté de Tépaisseur de la chevelure des deux côtés. Il ne nous parait

pas exagéré de supposer la différence de 1 millimètre pour chaque côté,

ce qui fait 2 miUimètres en tout. Cette différence, en supposant le diamètre antéro-postérieur invariable, produit une différence dans Tindice qui varie de 0,9 à 1,2 suivant les dimensions de la tête, soit d'une unité en moyenne. Je vais donc retrancher Tunité à tous les indices donnés par Livi pour pouvoir les comparer à ceux obtenus avec le compas d'épaisseur (1).

Voici maintenant quel est le tableau général de la répartition de l'indice céphalique ainsi rectifié, par districts (drcondani).

L'indice céphalique moyen, calculé par Livi d'après 294.160 individus mesurés, est de 82,7, soit de 81,7 après la réduction que j'ai adoptée. Celle moyenne est intermédiaire entre celle des Français (83,6) et des Espagnols (78,9), mais les variations de l'indice suivant les régions sont aussi considérables qu'en France. En dehors des îles méditerranéennes où l'on trouve des indices de 75,4 (district de Lanusei en Sardaigne), les variations sur le continent vont de 76,5 (district de Lecce, prov. de Lecce, et celui de Cosenza, Calabre), jusqu'à 86 (district d'Aoste, Piémont). Mais la succession depuis les dolichocéphales jusqu'aux[hyperbrachycéphales s'y fait sentir graduellement et d'une manière presque réguUère du sud au nord.

Laissant de côté les deux grandes îles Sardaigne et Sicile dont il sera question plus loin, dans un chapitre à part, voici comment on peut grouper les populations de l'Italie suivant les indices céphaliques.

Si l'on tire une ligne de Rome à Ascoli, on aura au sud de cette ligne les mésocéphales ou les dolichocéphales, tandis qu'au nord de cette ligne

(1) Cette différence est supérieure à celle (0.5 d'unité) qu'avait trouvée Ammon (96) sur 2.910 conscrits badois, entre les mesures d'après le système allemand et celles au coinpas. Elle provient de ce que: \) d'après le système allemand^ le diamètre anléro-postérieur est la projection horizontale du vrai diamètre, théoriquement égale à celui-ci, tandis que danB les mesures italiennes, c'est la projection verticale de ce diamètre, plus courte, comme nous l'avons vu, que ce diamètre ; 2) la compression des cheveux est plus forte avec la glissière métallique allemande qu'avec un cadre en bois ; 3) les conscrits badois ont presque tous les cheveux très courts, tandis que les Italiens portent une abondante chevelure. La matière dont est fait l'instrument influe beaucoup sur la différence des mesures. Ain» aar la même population de la province d'Emilie, et sur un même nombre de sujets environ, Livi [86^ p. 52 et 96 j p. 81 et 149), a obtenu des indices plus forts de 0,6 en moyenne avec le cadre en bois qu'avec le cadre métallique.

28 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR L AVANCEBIKNT DES SCIENCES

se trouveront les populations brachycéphales, sauf le littoral du golfe de Gênes qui prolonge au nord la zone mésocéphale et offre même un îlot dolichocéphale.

Dans la zone méridionale on ne trouve de vrais dolichocéphales que dans le sud de la province de Lecce (districts de I-.ecce 76,S et de Gallipoli, 76,9) et dans la Calabre, où Tindice se maintient entre 76,8 (district de Cosenza) et 77,7 (district de Catanzaro), sauf trois districts avoisinant le détroit de Messine qui sont à 78(Nicastro, Serace) ou à 78,8(Reggio). Un indice analogue se rencontre dans le nord de la province de Lecce (districts de Taranto et de Brindisi 78,2 et 78,3), ainsi que dans le district de Lagonegro (78,4), de la province de Basilicate qui touche à la Calal)re. A part ces régions constituant les points extrêmes de Tltalie, le « talon » et la « pointe » de la botte, toute la zone méridionale est occupée par des mésocéphales avec deux îlots sous -dolichocéphales et deux ou trois points sous-brachycéphales isolés.

Le premier des îlots sous-dolichocéphales est formé par la province de Foggia (79,2) avec les districts avoisinants des provinces de Bari (district de Barletta 79,2), de Basilicate (Melfi 79,4), d'Avellino (S. Angelo 79,7) et de Bénévent (Barlolomeo di Golda, 79,7). Cet îlot est séparé des régions dolichocéphales mentionnées plus haut par une zone mésocéphale où Findice va en augmentant de Test à Fouest, de Bari (80) à Carapagna (80,9), au sud de Salerne, qui est un point isolé de sous-brachycéphales (82,4). Une autre zone mésocéphale (80,3 à 81,8), dirigée du nord-est au sud-ouest entre les deux points sous-brachycéphales Chietî-Lanciano (82,S) et province de J>îaples (81,6 à 82,4), sépare notre premier îlot mésocéphale du second, formé par le sud du Latium (district de Rome et de Velletri 79,2) (1) et par deux districts avoisinants : celui d'Avezzano des Abruzzes (79,3) et celui de Gaeta de la Campanie (79,2). A Test de cet îlot se trouve le groupe mésocéphale des provinces de Teramo (80,2 et 81,3), d*Aguila (80,8) sauf le district sous-dolichocéphale d'Avezzano, et la moitié sud de la province d'Ascoli (district d'Ascoli, 80,8).

Passons maintenant à la zone septentrionale, au delà de la Ugne Rome- Ascoli. Ici se présentent deux régions distinctes:

1) Le littoral du golfe de Gênes ou mer Ligurique, mésocéphale ou sousdolichocéphale , et 2) le reste du pays, sous-brachycéphale avec quatre grands îlots brachycéphales.

1. La zone méso ou doHchocéphale du littoral ligure, séparée du Latîum par la province sous-brachycéphale de Grosseto (82) et le district de Volterra (82,5) de la province de Pise, commence par un îlot sous-dolichocé-

(1) Le nord du Latium abrite une population mésocéphale (Ciyitayecchia 80,5, Viterbo 80,7) ; il en est de môme du district isolé de Frosinone (80,9) dans le sud-est de cette province.

J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALfQUE 29

phale isolé, dont le centre nettement dolichocéphale se trouve dans le district de Castelnuovo di Garfolo (77,2) et qui s'étend sur les deux autres districts de la province de Lucques, situés à Touest (Massa 1^,S) et à 1 est (Lucques 78,7) de celui-ci ; il envoie plus au sud quelques éclaboussures : la province de Libourne (78,9) et le a mandamento » ou caïUon de Pioiubino (79,4) situé en face de l'île d'Elbe, dont la population esl nettement dolichocéphale (77,4). Cet îlot sous-dolichocéphale de Lucqui^s est nettement délimité par les districts brachycéphales de tous côtés, sauf sur le littoral où il se prolonge au sud par le district de Pise (81,3), au nord par les districts littoraux (80,3 à 81,6) de la prov. de Gènes (sauf le distr. de Savone à 82) et ceux de la prov. de Porto-Maurizio (81,2), C'est la continuation de la zone mésocéphale du littoral méditerranéen français {p, 12). 2. Quant au pays sous-brachycéphale, il ne renferme que quelques points isolés mésocéphales (à l'ouest du lac de Garde, pre^ la frontière tyrolienne, etc.) et quatre grands massifs brachycéphales : Tun d'eux couvre toute la Vénétie ; l'autre le littoral de l'Emilie ; le troisième s'étend des deux côtés de la basse vallée du Pô (sauf à l'embouchui'i^), enfin le quatrième se trouve daus la région alpine du Piémont et de la Lpmbaixiie, Le premier de ces massifs prolonge au sud la région brachyoï^phale du Tyrol ; l'indice s'y maintient entre 84 (Vicence etUdine) et K4,3 (Padoue)j le second, séparé du précédent par le district vénitien de Rovi^o (embouchure du Pô) qui est sous-brachycéphale couvre la totalité de k province de Ravenne (8S,6), avec le district d'Imola (85,1) de la province de Bologoe qui y est accolée, puis les provinces de ForU (83) et de Pesaro (84,6). Le troisième îlot brachycéphale comprend l'ouest de l'Emilie (sauf deux districts dans la province de Parme et le district ouest de la province de Plaisance) où l'indice varie de 84,1 à 83, suivant les district-^, et le sud de la Lombardie (province de Mantoue 84,3, les deux districts aud de la province de Crémone 84,1 et le district de Lodi 84,3 de la province de Milan). Cette région nettement délimitée est séparée des deux îlots pœcédents par les vallées de l'Adige (83,5) et du Reno (de 8^,:^ à 83,6 en descendant le courant), peuplés de sous-brachycéphales, tcuidia qu'au nord et à l'ouest, les plaines et les avant-monts, traversés pat le Tes^ln^ la Trebbia et d'autres affluents du Pô, entre Alexandrie et Crémone, à population sous-brachycéphale, la séparent de la région bracbyeépliale alpine (1).

Cette dernière continue les régions brachycéphales alpines db la France et de la Suisse (voy. p. 8 et 34). Par les districts d'Aoste (8t>,6) et d'ivrée (86,4) elle se rattache à la zone hyperbrachycéphale de la Savoie et du

(1) n est assez intéressant à noter que cette région brachycéphale est iiccoléo èiu sud, sans aucune transition, à la région sous-dolichocéphale de Lucques, menUoauéâ plus haut*

agi

30 ASSOCIATION FRANÇAIS! POUR l'aVANCBICINT DBS S€IEIi€B8

canton de Valais, tandis que les provinces assez fortement braohyoéphales, de Novare (83,1 à 85,6) et de Sondrio (84,7) la raitacbeot aa canton des Grisons ainsi qu'à la partie italienne du Tyrol. Par contre, une brèche de sous-brachycéphales (83^ à 83,3) se manifeste aux environs des grands lacs italiens de Côme, Maggiore et Lugano. Les études ultérieures, si désirables, montreront si elle se continue au delà de la frontière, dans le canton de Tessin.

Au contraire de ce que Ton a vu pour la France et la presqu'Oe Ibérique, la répartition de l'indice céphalique en Italie n'a aucun rapport avec le relief du sol (Lm, 93, p. 8o); mais les différences y sont sensibles suivant les régions politiques ou ethniques, comme on peut le voir d'après le taUeau ci-dessous de l'indice moyen chez les diffi^nts Italiens (1) déduit de plusieurs milliers d'observations pour chaque groupe.

Piémontais 85,9 Latins 81

Vénitiens 85,2 Italiens du Sud (Fouille et

Lombards 84,5 Basilicate) 80,3

Ombriens 84,1 Calabrais 78,4

Ligures 82,3 Siciliens 79,6

Toscans 82,3 Sardes 77,5

Quant aux colonies de peuples qui continuent encore à parler une langue autre que l'italien, leur indice céphalique diffère à peine des populations italiennes au milieu desquelles elles vivent.

Cependant les Vavdois, ou habitants de langue française de plusieurs communes du cicondario de Pinerolo, ont un indice céphalique de 82,6 (2) de beaucoup inférieur à la moyenne générale du « circondario » (88,2) et se rapprochant de celui des Provençaux, qui, avec les Dauphinois, ont fourni la plus grande partie des immigrants vaudois.

Les habitants des Sept Communes (mandamento d'Asiago, province de Vicence) parlant allemand ont un indice moyen de 84(3), presque lemême que celui de l'a province de Vicence et de toute la Vénétie (84 après réduction). Il en est probablement de même pour les habitants des Treize Communes .

Les colonies slaves (communes de S. Felice Slavo et de Schiari d'Abruzzo, le district de Palata etc.) dans les Abruzzes où Ton parle encore la langue

(1) Ces indices sont donnés d'après Livi (93, p. 83) ; il faut les réduire d'une unité pour pouvoir les comparer avec ceux que je donne pour les autres pays.

(2) Ce chiffre est la moyenne de 49 observations de Mbndini (90) (82,4) et de 156 c^iservations de Livi (96^ p. 135) (83,7), le chiffre de ce dernier étant réduit d'une unité (8i,7).

(3) Ce chiffre est le produit : 1) de la moyenne de 150 observations de Tappeinbr (83 j tabl, XXXIX) (83,3) calculée d'après les chiffres individuels; ^^ de la moyenne des mensurations de Livi (96y p. 61) sur 999 si^ets du mandamento d'Asiago (85,2, soit 84,2 après réduction).

Googl

J. DENIKER. — LES RACES DE LEUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 31

slave offrent un indice céphalique de 80,5 à 81,2 à peine distinct de celui des eircondarii Vasto (81,8), Larino (80,5) et Campo-Basso (80,3) où elles se trouvent. Il en est de môme pour la colonie grecque de Scanno (81,9, moyenne de 63 observations) dans le circondario de Salmona (80), dont l'indice est presque le môme que celui du district limitrophe, Castel di Sangro (81,7), tout à fait italien. Par contre, les colonies grecques de Fouille oflfrent une dolichocéphalie plus notable (75,9, moyenne de 152 observations) que les « eircondarii » dans lesquels ils se trouvent (Gallipoli 76,9 et Lecce 76,5). Les Albanais de Lecce ont à leur tour le même indice (76,9, moyenne de 126 sujets) que la population environnante. Les Albanais des Calabres ont un indice un peu plus élevé (77,4) et ceux de Sicile encore plus élevé (78,6).

Iles de la Méditerranée Occidentale.

(Baléares^ Corse, Sardaigne, Sicile).

Les îles de la Méditerranée occidentale se distinguent par leur forte dolichocéphalie. Le foyer de cette dolichocéphalie semble se trouver en Corse et en Sardaigne.

Dans la première de ces îles, Collignon (96) a trouvé sur une cinquantaine d'individus un indice céphalique moyen de 78,8, tandis que Fallot (89) avait obtenu sur 200 sujets un indice sensiblement moindre (76,6). La moyenne de ces deux observations est de 76,9. Les Corses sont donc franchement dolichocéphales (1). Le maximum de dolichocéphalie se trouve dans la partie montagneuse du centre de l'île (arrondissement de Corte, 75,8) et surtout sur le plateau de Niolo (73,3, moyenne de 6 sujets seulement), véritable cidatelle de la race corse. Le sud de Tîle (arrondissement de Sartène) où les mœurs corses se conservent dans leur pureté Tindice est également peu élevé (76,5), tandis qu'il se relève à 77, 3 sur le littoral ouest et nord (littoral des arrondissements d'Ajaccio, de Calvi et surtout de Bastia) où la proportion de méso et de brachycéphales est la plus forte de toute la Corse : 28 0/0; il s'abaisse à 76,1 dans la partie montagneuse de l'arrondissement d'Ajaccio.

L'indice céphalique moyen des Sardes est presque le même (76,5) que celui des Corses, d'après les chiffres de Livi réduits d'une unité.

Ce chiffre déduit de plus de 1.000 observations, ne diffère point de celui (76,7) qu'avait donné Gilbert d'HERcouRT encore en 1882, d'après 88

(1) D'après FaUot, on ne trouve dans sa série que 12,5 0/0 de méso et de brachycéphales (c'est-à-dire des individus ayant des indices de 80 ou au-dessus), tandis que les indices de 75 à 78 forment 54 0/0 de la série.

32 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMBNT DES SCIENCES

observations (1). La dolichocéphalie des Sardes va en augmentant du nord au sud de l'île et de la côte vers le centre montagneux. Le « circondario » de Tempio, le plus septentrional et le plus rapproché de la Corse, est sous-dolichocéphale (78) ; celui de Lanusei sur la côte est et dans le centre de l'île est hyperdolichocéphale (7o,4) ; les autres s'échelonnent entre 77,6 ( circondario d'AJghero avec colonies catalanes) et 76,2 (circondario d'Oristano).

En Sicile, l'indice céphalique se relève. Ce qui était à prévoir, étant donnée la population plus mélangée. Sauf la côte nord («circondarii » Corleone 77,8, Termini 77,5, Mistretta 77.2, Patti 76,9 et Castroreale 77,7) et un îlot au centre (circondario d'Armerina, 77,9) toute l'île est peuplée de sous -dolichocéphales, dont l'indice varie de 78 (Nicosia, près la côte nord) à 79,8 (Modica), sur la côte sud.

Les habitants des Baléares ont en moyenne la tête dolichocéphale dont l'indice (77,87, moyenne des 122 observations d'OLORiz) est presque celui du circondario d'Alghero de la Sardaigne (77,6) où se trouvent les descendants des colons catalans. D'autre part, c'est presque l'indice des Catalans delà côte d'Espagne 77,97. Les insulaires de Majorque sont les moins dolichocéphales (17,9) ; ceux de la côte est sont même sous-dolichocéphales; la dolichocéphalie s'accentue dans l'île de Minorque (77,6) et surtout dans celle d'Ibiza (76,3 d'après 9 observations seulement).

Suisse.

Les données sur l'indice céphalique en Suisse sont assez fragmentaires, aucun travail d'ensemble n'ayant encore été entrepris dans ce pays. L'ouvrage classique de His et Rutimeyer (67) est conçu sur un plan tout à fait différent de celui que j'ai adopté (2). Je n'ai pu en extraire

(1) Dans le mémoire original de G. d'Hercourt (8^, p. 467), on trouve comme indice le chiffre de 73,2 ; mais c'est une faute d'impression ; l'indice que je donne est calculé d'après les diamètres du tableau de M. G. d'Hercourt lui-même. Le chiffre de l'indice que donné cet auteur pour la série de 12 femmes (76,7) est également inexact ; il doit être remplacé par celui de 75,3 ; 48 crânes ont donné à cet auteur l'indice moyen de 73,3, soit 75,3 sur le vivant.

(2) Comme on le sait, ces auteui-s, après avoir étudié 100 crânes des « temps historiques » et environ 150 crânes modernes, ont établi quatre types crâniens :

Le type de Sion des temps pré-romains.

— Uohbei-g des temps romains (jusqu'au ye siècle ap. Jèsus-Christ).

— Belair de l'époque burgonde et alemanne (du ye et ix" siècle).

— Disentis du moyen âge et des temps actuels.

Le premier de ces types est presque mésocéphale (ind. crânien : 77,2); le second et le troisième sont dolichocéphales (ind. crânien : 70,7 et 73,8) ; le quatrième est hyperbrachycéphale (86,5). Mais dans tous les tableaux donnant les mesures individuelles, les auteurs groupent les crânes non pas d'après les localités d'où ils proviennent, mais d'après leur plus ou moins de ressemblance avec l'un des quatre types cités plus haut, et cela en mélangeant les crânes anciens et modernes. . '

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que les données relatives à une seule série, celle de 100 crânes de l'ossuaire moderne d'Emmetten (canton d'Unterwalden). Elle renferme 66 crânes du type de Disentis (86,1) et 34 du type de Sion pur ou mélangé (81,6) ; la moyenne ressort donc à 84,6, soit 86,6 pour le vivant, chiffre que Ton peut probablement appliquer à la totalité du petit canton d'Unterwalden et qui concorde d'ailleurs assez bien avec celui (83,6, soit 88,6) qu'avait trouvé Beddoe (85, p. 81 ) sur une série de 20 crânes provenant de Stanz dans le même canton. La moyenne des 120 crânes est de 86,4.

KoLLMANN et Hagenbach (84-85 ^ ont publié un travail sur 232 crânes suisses du musée de Bâle, de provenance certaine et datant de toutes les époques, depuis celle de la pierre polie jusqu'à nos jours. Malheureusement ces auteurs ne donnent pas la répartition des crânes par cantons ni aucune moyenne des séries, se contentant d'un graphique, d'un tableau de sériation et d'une assertion générale relative à l'immutabilité de l'indice céphalique dans le temps. Sur 232 crânes en question, plus de la moitié (53 0/0) ont un indice au-dessus de 80 (82 sur le vivant) ; près d'un tiers sont mésocéphales (de 75 à 80, soit de 77 à 82 sur le vivant). L'indice le plus fréquent (7 0/0 du nombre total) est celui de 85 (87) ; viennent ensuite les indices de 78 à 81 (6,»o 0/0 pour chacun) et les indices de 7S, 83 et 84. L'indice moyen de toute la série que j'ai calculé approximativement est de 81,7, soit 83,7 sur le vivant. Peut-être pourrait-on admettre ce chiffre comme indice céphalique moyen pour la Suisse en général ; mais, comme la série contient un mélange de crânes anciens et modernes, je n'ai pas cru devoir reporter sur ma carte cette indication. Je me contenterai donc pour la Suisse des données relatives au canton d'Unterwâlden, dont il a été fait mention plus haut, et des données sur les cantons des Grisons et du Valais que je vais exposer (1).

Le canton des Griaons est peuplé en grande partie par les Ladins ou Rôumanches, et c'est sur cette population que s'est portée l'attention de tous les aathropologistes qui se sont occupés de ce territoire.

Bakr (59) avait décrit 6 crânes roumanches de Churwalden (vallée de Vorderheim, près Coire) et leur attribue un indice brachycéphale très élevé (90,8). Un des fameux crânes -types de His et Rutimeyer {§8, p. 26), provient de Disentis (dans la même vallée de Vorderheim) et a l'indice de 86,5. Six crânes des environs de Coire, mesurés par de Quatrefages et Hamy (*2, p. 490), donnent l'indice de 84,3, et un crâne de Disentis, décrit

(1) Mon travail était déjà sous presse quand j'ai reçu de M. Pitard (99) la liste des indices pour le canton de Genève (197 hommes 80,3, 42 femmes 82 ; moyenne des 239 sujets des deux sexes 80,6), et pour le cant. de Vaud (iO hommes, 82,7) . J'ai reporté ces indications sur ma carte de même que j'y ai marqué une petite zone brachycéphale allant de Berne à Altdorf d'après 0. Schôrch (99), qui compte 86 0/0 de brachycéphales dans une série de 455 crânes de cette région.

par les mêmes savants, rindice de 88,2. L'indice moyen des 8 crânes que je viens d'énumérer est de 85 (87 sur le vivant).

Beddob (/. 6r., p. 81) mentionne Tindice de 83,6 comme moyenne d*une série de 36 crânes de Davos dans le nord des Grisons, et donne les mesures de 4 Roumanches ou Grisons vivants (8â,5), avec variations de 78,1 à 88,5). En ajoutant à cette petite série Tindice (90,7) d'un honune de Finstermuntz, en Tyrol, mais presque sur la frontière des Grisons et en tout cas Roumanche ou Ladin, j'obtiens la moyenne des 5 vivants qui est de 84,2.

ScHOLL (94) a publié les mesures de deux séries de crânes modernes (xix® siècle) des Grisons : 35 crânes de Davos (8o,3, avec variations de 78,9 à 89,9) et 10 crânes de Poschiavino (sud-est des Grisons 85, soit 87 sur le vivant) (1).

Réunissant toutes ces données, j'obtiens une série de 99 observations (dont 5 sur le vivant) qui me donnent un indice moyen de 85 sur le crâne ou 87 sur le vivant, sans différences sensibles suivant les régions (2).

Le canton du Valais a été très soigneusement étudié par Bedot (95 et 98), qui a mesuré 1 .249 conscrits. Ce savant distingue 4 zones qu'on obtient en coupant le canton dans le sens des méridiens passant près de Brigue, de Loueche et d'Ardon (en aval de Sion). On compte les zones de Test à Touest. L'indice moyen de la V^ et de la 2* est de 85,3; celui de la4«, 84,3; celui de la 3% 82,1. Mais cette division ne donne pas l'idée exacte de la répartition de l'indice. Il faut recourir à des divisions pins menues (3 à 5 pour chaque zone), et alors on a le tableau suivant :

D'une façon générale l'indice céphalique augmente de l'ouest à Test dans le canton, et il est plus élevé au sud du Rhône (80,2 à 87,4 suivant les régions) (3) qu'au nord de ce fleuve (81 à 85,3). D'autre part, il est plus fort sur les coteaux (80,2 à 86,o) que dans le val (81,1 à 85,3 sur la rive droite, 82,1 à 84,7 sur la rive gauche), et encore plus fort dans les vallées latérales (84,1 à 84,7) (4). Il y a cependant deux exceptions à cette dernière règle. La vallée de Heremence-Hérens et celle de Nandez, qui

(1 ) Cetle série comprend 9 crânes à indice moyen au-dessus de 80 et 1 crâne à 75,8.

(2) En groupant les indices suivant Tordre géographique des localités de l'ouest à l'est, on obtient le tableau suivant : 4 observations de Disentis, 87,1 ; 11 de Coire et environs, 89,2 ; 74 de Davos et de Finstermuntz, 86,3 ; 10 de Poschiavino, 86. Tous ces chiffres correspondent à une seule et même couleur sur ma carte.

(3) J'augmente de 2 unités les chiffres de Bedot qui diminue d'autant ses mesures sur le vivant pour les ramener à ceux du crâne.

(4) L'élévation de l'indice dans la haute vallée du Rhône et dans ses vallées latérales est confirmée par d'autres observateurs : Scholl (94) a trouvé sur 35 crânes modernes de l'ossuaire de Saas-in-Grund (vallée du Saas) un indice de 87,2 (89,2 sur le vivant) et PiTARD (98 a) obtient sur 115 sujets vivants de Nates (en face de Brigue) un indice moyen de 85,7.

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débouchent dans la gauche du Rhône, en amont et en aval de Sioo, offrent des indices très faibles : ce sont comme des trouées, que le flot des mésocéphales aurait percées dans le massif brachycéphale partant du centre commun que Ton observe au village de Savièze, près Sibn.

En définitive, et en simplifiant les choses, voici les renseignements qui figurent sur ma carte. Depuis le lac de Genève jusqu'à Louèche (Leuk), la vallée du Rhône et les coteaux qui la dominent sont peuplés de mésocéphales (81,4) sur la rive droite, de sous-brachycéphales (82) sur la rive gauche. De Louèche jusqu'à sa source, les brachycéphales occupent toute la vallée (84,7), ainsi que les coteaux de la rive droite (8S,2) ceux de la rive gauche étant pris par les hyperbrachycéphales (86,5). Les vallées latérales, sauf deux (voyez plus haut) sont en général brachycéphales : de 84,6 (val Iliers) à 85,9 (val d'Anniviers) ; quelques-unes sont hyperbrachycéphales : vais de Trien (87) et d'Isérable (86,6) dans l'ouest ; vais de Saas-Simplon (86,6) et de Binn (87,4) dans l'ouest.

Alsace-Lorraine.

Pour ce pays, qui s'étend immédiatement au nord de la Suisse, il existe trois mémoires importants au point de vue de l'indice céphalique: l'un d'eux, dû à mon ami Collignon (86), touche principalement la Lorraine ( 1 ) ; les deux autres, que viennent de publier Pfitzner (97) et E. Blind (98), sont consacrés exclusivement à l'Alsace.

La Lorraine annexée à l'Allemagne oflfre au point de vue de l'indice céphalique deux régions : 1<* Une région sous-brachycéphale à l'ouest, comprenant l'ancien arrondissement de Metz, actuellement les districts de Metz et de Bolchen (83), qui se continue avec les zones sous-brachycéphales de la France (partie nord des départements de la Meurthe (83,6) et de la Meuse (82,6), du Luxembourg (83,4) et de l'Allemagne (province Rhénane). Un seul îlot brachycéphale (85,1) sur ce fond uniforme : c'est l'ancien arrondissement de Thionville (correspondant à peu près au district actuel de Diedenhofen) et encore, le nombre ,de sujets examinés étant trop restreint, je ne donne le chiffre qu'à titre de renseignement. 2° Une région hyperbrachycéphale à l'est, comprenant les anciens arrondissements de Sarreguemines (86,5), actuellement districts de Suargemund et de Forbach (86,5) et l'arrondissement de Sarrebourg, correspondant au district de Saarburg et à la plus grande partie du district de Château-Salins (87,3).

(1) Les chiffres que je donne plus loin diffèrent de ceux qui se trouvent dans la brochure de Collignon, car celui-ci a eu occasion de compléter ses séries et a bien voulu me communiquer ses mesures inédites.

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Cette région forme rextrémité nord-est du grand massif brachycéphalc français auquel elle se soude intimement.

Quant à TAisace^ voici ]e résultat de la comparaison des chi£Eres de Collignon, de Pfitzner et de Blind.

Pour Tancicn département du Bas-Rhin (Basse-Alsace actuelle) Collignon donne l'indice de 83,5(1) basé sur 26 mensurations du vivant. Pûtzner a mesuré les têtes de 1.849 cadavres, dont J.041 d'hommes et 800 de femmes et leur a trouvé les indices de 82,98 et de 82,63 respectivement ou de 82,8 les deux sexes réunis. Blind a étudié dans la limite de cette division administrative quatre ossuaires datant du xi^ au xvii« siècle. Ce sont, en allant du nord au sud : Saverne ou Zabern (district de Zabern, 234 crânes), Lupstein (district de Zabern, 66 crânes), Scharrahbergheim (Val de Mossig, district de Molsheim, 145 crânes), et Dambach (district de Schlettstadt ou Schelestat, 106 crânes). Les séries en question ont donné les indices moyens respectifs de 84,2, 82,1, 84 et 82,6, soit 86,2, 84,1, 86 et 84,6 sur le vivant. La moyenne de ces quatre séries de 571 crânes est de 83,6, soit 85,6 sur Je vivant. La moyenne des mensurations de Collignoo, Pûtzner et Blind serait aux environs de 83,6; mais je ne reporte pas ces chiffres sur ma carte; je préfère y indiquer .approximativement pour la Basse-Alsace la différence que révèlent les chiffres de Blind entre la région montagneuse (ossuaires de Saverne et de Scharrahbergheim dans la vallée écartée de Mossig) dont l'indice céphalique moyen est de 86,1, et celle de la plaine (ossuaires de Lupstein et de Dambach), dont l'indice ne dépasse guère 84,4. Comme les chiffres de Pfitzner et de Collignon se rapportent surtout à la population de la plaine (Strasbourg, etc.), il ne font que confirmer cette distinction (2). On verra donc sur ma carte la portion occidentale, montagneuse, delà Basse- Alsace avec l'indice de 86,1, prolonger la zone ultra-brachycéphale de la Lorraine orientale et du département des Vosges, tandis que sa portion orientale, basse, offre un indice beaucoup moins élevé (8i,9) moyenne des chiffres de CoUignou (83,3), de Pfitzner (82,8) et de Blind (84,4) qui la rattache à la grande zone sous-brachycéphale de la vallée du Rhin, réservée entre les massifs très

(1) C'est Tindice que m'a communiqué Collignon et qui figure sur la dernière édition de sa carte (96) ; comme celui de la Haute-Alsace, il diffère de Tindice publié par lui dans son travail sur la Lorraine (86).

(2) Sur 26 sujets mesurés par Collignon, 16 viennent de l'ancien arrondissement de Strasbourg, pays plat (84,3) ; 6 autres sujets viennent des environs de Schelestat, de Wissembourg et d'Altorf, c'est-à-dire encore de la plaine. L'indice moyen de ces 6 sujets est de 80,9. En l'ajoutant au précédent, nous avons une série de 22 sujets de la plaine avec un indice céphalique moyen de 83,3. Les 4 sujets qui restent viennent de la région montagneuse (Saverne, Bouxwiller, Schirmeck, Niederbronn) et ont un indice moyen beaucoup plus élevé (85,5). La plupart des sujets mesurés par Pfitzner viennent de Strasbourg et de ses environs.

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brachycéphales des Vosges et de la Forêt-Noire (Voyez plus bas, Allemagne méridionale).

La même diflférence doit être établie pour la Haute-Alsace, ou ancien Haut-Rhin. D'après les chiffres inédits que me communique Golliguon, 17 individus des anciens arrondissements de Colmar et de MulhousOf c'est-à-dire des pays plats, ont un indice moyen de 83,8^ tandis que Blind signale dans les deux ossuaires (Kaysersberg. 121 crânes, et Ammerschweiger, S crânes), situés très près Tun de l'autre, dans la région montagneuse du district de Rappoltsweiler un indice hypçrbrachycéphale 84, î, soit 86,1 sur le vivant (1). D'ailleurs le territoire de Belfort (voyez p. 8) partie montagneuse de Tancien département du Haut-Rhin, offre aussi uq indice très élevé (88,1 d'après Collignon, malheureusement d'après ti measurations seulement). Voy. Note supplémentaire.

Belgiq[U6.

Pour ce pays, l'excellent travail du D*" HouzÉ (8Sl), sur la distribution géographique de l'indice céphalique en Belgique basé sur les mensurations de 1.420 hommes répartis par provinces à raison de 26 à 61, ainsi que les notes de cet auteur parues depuis (86 et 96) me dispensent d une étude spéciale. Je vais me servir des chiffres du savant belge sur le vivant, cependant sans la réduction de 2,2 d'unité qu'il propose, et dont û a fait usage en marquant les indices céphaliques sur la carte jointe à son ouvrage (2).

D'une façon générale on peut dire que l'indice céphalique oITre peu de variations en Belgique, les moyennes extrêmes de province à province ne variant qu'entre 78,9 (Limbourg) et 83,4 (Luxembourg) ; mais la différence est assez notable suivant les zones linguistiques qui coïncident ici avec les régions géographiques.

La zone flamande qui couvre le pays plat et bas des quatre provinces septentrionales du royaume plus la moitié nord du Brabant est en jj^enéral plus dolichocéphale que la zone wallonne montagneuse que composent les quatre provinces méridionales et le sud du Brabant.

D'ailleurs d'autres chiffres se rapportant aux Flamands et aux Wallons pris en bloc confirment cette distinction. 166 Flamands de tontes les

(1) La série de 52 crânes des deux sexes dont les mesures sont publiées parMi^iiNinîrff.Vl confirme notre répartition ; 25 crânes de la plaine de la Basse-Alsace ont un irKÎiru ïjioM>n de 80,8 (82,8) et 10 crânes delà région montagneuse de la Haute-Alsace on I l'indii^e de 84,3 (86,3). Pour le reste les séries ne sont pas suffisantes ou manquent d'îndirJitiorj sur la provenance.

(2) Je fais cette observation, car souvent on a reproduit les chiffres de la eiirt<^ de Houié sans tenir compte de cette réduction.

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provinces ont donné à Houzé Tindice moyen de 79,1 (1) et 2S Flamandes, Tindice de78,7 ; tandis que les chiflfrcs correspondants pour 75 Wallons et 23 Wallonnes sont 83.3 et 83,5.

Dans la zone flamande l'indice va en augmentant de Test à Touest. A Limbourg il est de 78,9, sauf peut-être dans le coin nord -est où t7 crânes ont donné à Houzé (86-87) un indice plus élevé, 78,4, soit 80,4 sur le vivant ; à Anvers et dans lé nord du Brabant il s'élève à 79,4 ; dans la Flandre orientale à 80,1 et dans la Flandre occidentale à 80,5 (2). En somme, c'est un passage graduel des régions sous-dolichocéphales de la Hollande sud-orientale (Voyez plus bas) vers les indices des cantons flamands du département du Nord (80,7) (Voy. p. iS). Le nombre (pour cent) des méso et des brachycéphales (80 et au-dessus) augmente à peu près dans le même ordre : Limbourg 18,8, Anvers Brabant flamand 19,7, Flandre orientale 23,5, Flandre occidentale 21,3.

Dans la zone wallonne on remarque une certaine uniformité; trois provinces : Hainaut (81,4), Namur (80,7) (3) et Liège (81,1) ont presque le même indice céphalique mésocéphale, tandis que la partie wallonne du Brabant (82,3) rentre dans la catégorie des pays sous-brachycéphales, et le Luxembourg (83,4) s'approche déjà de la véritable brachycéphalie : influence probable du voisinage du plateau brachycéphale français, prolongé par les réglons brachycéphales de T Alsace-Lorraine. Le nombre (pour cent) des méso et brachycéphales est à peu près le môme dans les provinces de Namur (29,6), de Liège (33,2) et de Hainaut (30,9); tandis qu'il monte à 50 0/0 dans le Brabant wallon et à 72,9 dans le Luxembourg.

Ajoutons enfin que l'indice céphalique moyen d'une série de 100 Bruxellois est de 80,5; presque le même que celui de 82 crânes de Bruxellois modernes (78, soit 80 sur le vivant), d'après Héger et Dallemagne cilés . par Houzé {86-87).

Pays-Bas.

Aucun travail d'ensemble n'existant pour les Pays-Bas, je suis obligé de m'étendre un peu plus sur ce pays pour résumer les nombreux mémoires crâniométriques de De Man (()6 à 85), de A. Sasse (73 à 84), de ViRCHOw (75), de Kemna (77), de Folmer (8f à 92)y de Jacques et de Pauw (84-85), et de J. Sasse (9^), ainsi que les mesures sur le vivant

(1) 24 crânes de Flamands donnent 76,î), soit 78,9 sur le vivant [Houzé (86-87)].

(2) La commune de Mendonc dans la partie Ouest de la Flandre occidentale, vallée de Mœrvaert, spécialement étudiée par Houzé (96-C'7J^ donne un iniice encore plus élevé 80,9.

(3) D'après Houzé (86-87), 29 crânes de la province de Namur ont un indice de 79,3 correspondant à 8i, 3 sur le vivant.

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par FoLBiER (81 et 83) et De Man (85). La carte publiée par A. Sasse {78}, m'a été d'un grand secours pour ce travail. Voici mon résumé, province par province :

Pour la Province de Frise (Friesland), qui correspond à ce que VIRCH0\^ (76) appelle la Frise moyenne et qu'il divise en occidentale ( Westergau) et orientale (Ostergau), je résume mes renseignements sous la forme du tableau qui suit : -

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