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VILLAGES ET HABITATIONS

sont perchés dans les parages les plus ingrats '. Dans la montagne le but industriel de la colonisation a commandé le rapprochement ; et sur les talus qui regardent Tintérieur, comme dans le plat pays, l'Allemand ne s'est pas tout à fait isolé, par instinct de sécurité. Cependant le village allemand se compose de maisons ou fermes qui, de distance en distance et sans voisiner, jalonnent une route : c'est le làngendorf, qui s'égrène parfois sur un kilomètre et prend, par le nombre de ses habitants, presque l'importance d'un centre urbain".

L'architecture des maisons campagnardes procède du type franconien ' qui règne depuis le Rhin jusqu'en Saxe et jusqu'en Transilvanie même : cour carrée, bordée par le logis et les bâtiments d exploitation, sauf en montagne où est préféiée la maison saxonne qui abrite gens, bêtes, provisions et ustensiles, sous le même toit, pour ménager le terrain. Les matériaux de construction abondent : aussi la pierre est- elle plus employée que le bois. Les maisons ont un étage, et une galerie court tout autour. Dans le Riesengebirge où le cultivateur est rare, tandis que les habitants sont surtout bergers, bûcherons ou se livrent à l'industrie familiale, sont semées les baiiden, baraques en bois, reposant sur un soubassement de pierres. Les bauden qui sont agglomérées sont celles qu'on habite pendant l'hiver; il y en a qui servent de bergeries et laiteries seulement pendant l'été.

Enfin dans les villages industriels, les maisons prennent la physionomie citadine.

La Forêt de Bohême, plus sauvage, a conservé plus d'originalité dans son architecture : c'est le blockhaus, aux poutres à peine équarries, au toit chargé de pierres, comme le chalet alpestre. C'est surtout dans les cantons

1. Gottesgab, petite bourgade à J.172 mètres, où les pommes déterre ont peine à pousser. (Burgkardt. Das Erzgebirge, Forsch. Deutsch. Landes u. \olksk. 111).

2. Le village de colonisation se distingue non seulement par sa configuration, mais aussi à 1 origine, par sa constitution sociale, le mode do tcnure, etc. (Lippert, II, p. a6ti suiv.).

3. Mais les colons allemands sont originaires d'autres provinces Bavière, Thui'inge, Haut Palatinat. L'indice de ces diversités est la toponvmie. sui'tout le suffixe.

si particuliers des Wallin^er et chez les Freiljauern que ce type a persisté : ici la maison est surmontée d'un petit clocher, dont la cloche sonne les prières, les incendies, les orages. Les incendies et la rareté du bois hâtent la disparition de ces constructions, et la banalité déshonore jusqu'à ces coins écartés.

Les tribus slaves de Bohême se répartirent en clans, dont chacun, au début, posséda son finage : les villages patronymiques, c'est-à-dire dénommés d'après la famille qui les peuple, sont les plus anciens du pays. Ces groupes primitifs essaimèrent dans la suite, quand les seigneurs distribuèrent des fonds; ainsi se créèrent des agglomérations nouvelles, qui furent désignées d'après des circonstances topiques ou autres. Après les grandes dévastations, dont la Bohême fut le théâtre au cours des siècles, la restauration intérieure, plus spacieuse, fut signalée par des fondations slaves aussi bien qu'allemandes, qui toutes jouirent également d'exemptions et de baux perpétuels. Plus de 300 villages tchèques en Bohême doivent leur origine à cette colonisation privilégiée, qui se distingua par le terme de Ihota (exemption, freiiuig) '.

Le village slave est rond ou en fer à cheval " : les maisons font cercle autour d'une place médiane vers laquelle elles s'ouvrent; le côté extérieur est palissade ou muré, souvent même l'enceinte ne laisse passage qu'à une seule voie. C'est une disposition toute défensive, que renforce encore une ceinture de vergers, derrière laquelle le village se blottit, et dont n'émergent que la tour de l'église ou quelques toits surélevés. Les agglomérations récentes ont renoncé au type circulaire traditionnel : elles s'échelonnent,

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