‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 120 sur 375 · lOicL, p. o · texte numérisé non relu

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l'accent doux et chantant fait place à une prononciation plus rude : c'est le parler saxon qui résonne plus sec, ne sempâtant guère en diphtongues.

Les riverains allemands de 1 Elbe, cultivateurs, autrefois aussi adonnés à la batellerie, les habitants du pays de Leipa sont de souche saxonne. Quant au coin nord oriental des monts de User et des Géants, il a été approprié par des Allemands de Lusace et de Silésie : ceux-ci désertent peu à peu les bauden de la montagne pour s'empiler dans les villes ouvrières qui pullulent et gravitent autour de Reichenberg; la race s'y étiole, et la fameuse vertu allemande y sombre. De ce côté, les Tchèques se repentent de leur abandon et viennent à l'assaut de cette citadelle du germanisme.

Au point de vue strictement géographique, les Allemands sont dans une situation défavorable : car au lieu de se serrer en un noyau compact, ils s'étendent sur une ligne longue et brisée et d'un relief tourmenté. Sans qu'il y ait de solution de continuité de l'extrémité de la Forêt de Bohême jusqu'aux Monts des Géants, il n'y a pas cohésion. La solidarité est plus morale que physique. Mais le sentiment national est entretenu et vivifié, parce que derrière les Allemands de Bohême se massent des congénères, avec lesquels ils ont gardé le contact, à travers les passages qui coupent la barrière montagneuse, congénères qui fourniraient au besoin des troupes fraîches et qui ne perdent pas de vue l'avant-garde de leurs frèi-es bohémiens.

Le peuplement.

Les Allemands ont donc peuplé le pourtour montagneux de la Bohème : ce sont eux qui, audacieusement. se sont enfoncés dans les fourrés mystérieux de l'Erzgi-birge, ou en ont gravi les crêtes, à la recherche des métaux précieux, des terres cultivables et des forces motrices ; ils se

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