VILLAGES ET HABITATIONS
surtout dans les vallées, le long d'une route, faisant front de leur façade d'entrée. Les Chodes, placés à la garde de la frontière occidentale de Bohème, dissimulent leurs villages derrière une hauteur qui leur sert de boulevard.
La localité rurale aime à se placer au milieu de son finage, chaque logis à l'extrémité de son fonds qui s'allonge derrière lui en une bande bordée d'arbres fruitiers; souvent aussi les terres du ban sont morcelées pêle-mêle.
Le village fut anciennement construit en bois; il sub^^ siste quelques curieux spécimens de cette architecture, surtout des églises, des clochers, et çà et là, vers la montagne principalement, des habitations. Aujourd'hui encore les fermes sont flanquées d'une sorte de blockhaus, qui jadis servait de refuge en cas de danger, et qui est déchu aux fonctions plus humbles de grenier à blé. Chez les Chodes le blockhaus faisait corps avec la, maison et était percé de meurtrières. Ces bâtisses sont peu à peu remplacées par des constructions moins rudimen-taires.
La ferme slave a généralement la figure d'un rectangle dont le côté le plus petit est tourné vers la place commune ou la rue. Le logis se soude aux étables et écuries ; un second et un troisième corps de bâtiments, blockhaus et autres communs, s'élèvent parallèlement ; derrière, jus* qu'à la clôture qui donne sur les champs, s'étend le verger. Dans la Bohême orientale et vers la Moravie, les constructions sont plus accolées les unes contre les autres, et dessinent un cai-ré assez exigu.
Le Slave pratique la vie commune et le régime patriarcal. Tous les habitants d'un domaine reconnaissent Fautorité du hospodar, du maître, et de la hospodyne qu'ils appellent aussi père et mère (pantata, panimama). Cet esprit d'obéissance et de discipline a d'ailleurs maintenu le caractère féodal de la propriété en Bohême.