AUERBACH
Statistique.
Les forces numériques des Allemands et des Slaves se balancent assez pour qu'aucune des deux nationalités ne puisse légitimement prétendre à l'hégémonie. Sur 6.712.880 indigènes, les Tchèques^ ont une majorité de 1.774.000 âmes: ils sont 4.241.000 contre 2.460.000 Allemands. C'est avec anxiété que les résultats du recensement sont interrogés et les oscillations fractionnaires curieusement commentées.
Le « bilan- », dressé par un pénétrant enquêteur accuse en faveur des Allemands un actif qui les surprend agréablement.
Rauchberg avait divisé la Bohême en quatre aires linguistiques dont deux dévolues exclusivement^ aux Allemands et aux Tchèques et deux à majorité soit allemande, soit tckèque. Division factice et temporaire pour les pays mixtes, puisqu'elle se moule sur les circonscriptions administratives, et qu'une géographie politique plus avisée abrogera d'autant plus aisémenj; que les nationalités tendent à se dissocier territorialement et ont horreur de la contamination forcée dans des cadres artificiels.
Sur leurs territoires respectifs, comment ces groupes se sont-ils comportés ? Aucun assurément n'a numériquement perdu, à n'interroger que les chiffres absolus.
1. Nous employons la rubrique tchèque, que le recensement officiel affecte d'ignorer : il n'inscrit en effet que la langue ou les langues « bohème, morave, slovaque ». Or, si l'on peut accorder un statut philologique au slovaque, la distinction officielle entre les deux idiomes bohème et morave est-elle légitime ?
2. Rauchberg. Die nationale Bevôlkerungsbilanz Bôhmens (Deutsche Erde, X Jahrg. 1911, p. 40). Cf. Der nationale Besilzstand, I, p. 35.
3. Sont considérés comme districts linguistiques purs ceux où la population dissidente n'atteint pas un cinquième de l'ensemble : c'est le taux officiellement consacré.