‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 131 sur 375 · Zemmrich, p. 20. etr · texte numérisé non relu

Zemmrich, p. 20. etr

La minorité allemande de Prague s'est fondue depuis trente ans : ellecomplail environ 33.000 individus en 1880, 27 500 en 1890, 18.000 à 19.000 depuis les deux derniers dénombrements.

Bien que les Allemands suspectent la sincérité d'une statistique manipulée par leurs adversaires', le déchet n'en est pas moins incontestable. Si la cité même semble perdue, les cinq faubourgs se regarnissent d'un appoint tudesque, 7.700 en 1880, 10.600 en 1890, 11.500 en 1900, équipes de prolétaires, qui subissent docilement l'emprise de l'ambiance, d'autant que dans ces mêmes faubourgs de l'agglomération industrielle, la population tchèque a sauté de 76.500 à 186.000, de sorte que proportionnellement le deutschtum s'est amoindri.

Les Allemands de Prague ne se sont pas éteints ni expatriés; ils se sont mués en Tchèques, plus ou moins volontairement, pour éviter le boycottage ou autres vexations, et pour complaire à la municipalité qui conclut le recensement de 1900 par cette iriomphante constatation : « Prague est aujourd'hui une ville tchèque et si complètement tchèque, qu'elle ne l'a ét,é davantage qu'à l'époque hussite et pendant la période immédiatement postérieure", »

Les indifférents et les utraquistes ont grossi le contingent tchèque. Cela est fort probable ; et il n'y a pas là de quoi rassurer les Allemands, sauf si l'utraquisme disparaît, par l'exacerbation même du conflit des nationalités : Rauchberg signale dans la statistique scolaire une sensible diminution des enfants bilingues ; on se cantonne déplus en plus dans l'idiome nationaF.

Les Allemands sont menacés dans leur prépondérance sociale : Prague se dés^eloppe en un centre industriel et financier, avec des capitaux, avec des dirigeants tchèques. Enfin l'Université tchèque, les instituts techniques mettent la science au service de la cause nationale. De sorte que, comme on l'a dit, Prague a pris le caractère d'une métro-

4. Rauchberg, Der nationale Besitzstand, \, p. 148, 153 note.

Page 1