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PROGRÈS DES SLAVES

Les procédés de slavisation sont toujours les mêmes : les paroisses allemandes reçoivent des prêtres tchèques ; les évoques ont dans ce sens déployé une activité qui ne s'est pas ralentie. Le curé tchèque attire l'instituteur tchèque, provoque les mariages mixtes. L'administration de son côté implante des fonctionaires tchèques, si bien qu'au spirituel comme au temporel tout se slavise.

Les Schuivereine, les journaux, luttent avec l'énergie du désespoir, depuis 1882 surtout, mais sans succès.

La seule revanche dont les Allemands peuvent se glorifier est qu'ils se fortifient dans leur citadelle de Reichenberg : là ils résistent encore aux Tchèques qui gagnent

cependant du terrain.

SUR 1.000 PERSONNES P.XRLAIENT ALLEM\XD TCHKOITE

908 946 922 939 91 54 76 61 Solatia luctus exigua ingentis.

Les populations et les nationalités de la Mora-v^ie.

Bien que le recensement linguistique de l'Autriche affecte de confondre sous une même rubrique les idiomes bohème, morave, et même slovaque, la Moravie a conservé pour la géographie et Thistoire son individualité. Géogmphiquement, elle tourne en quelque sorte le dos à la Bohème; de même que le réseau fluvial, toute la vie de la province converge vers le fossé que sillonnent la Thaya et la Morava, la rivière éponyme ; la Moravie se resserre entre Sudètes et Carpathes et prend jour sur le bassin de Vienne. Elle est déjà plus encastrée dans le monde slave, plus distante des terres allemandes. Elle a sans doute été colonisée par des tribus slaves, sœurs de celles qui s'adaptèrent dans la région plus occidentale; mais ces tribusont manifesté plus tôt et avec plus d'éclat leur sentiment de la nationalité slave; car ce n'est point d'Allemagne que leur est venu le christianisme, c'est de l'Orient slave, par la prédication de Méthode^ ; c'est en Moravie que fut tenté au IX® siècle par Svatopluk l'essai d'un Empire slave, ayant son Eglise; et cet Empire, dont la Bohême était simple vassale, eût sans doute fait front à l'Empire germanique, si les Allemands n'avaient eu contre lui pour auxiliaires les Magyars qui le prirent à revers. Après Svatopluk, le sort de la Moravie s'obscurcit: le souvenir de cette illustre

1. Au IX» siècle, dans le diocèse régi par Méthode et qui embrasse la Moravie et la Bohème, le culte est célébré en slave. Après la mort de Méthode, lé vèque allemand de Xeutra réinstalla la liturgie allemande, mais contre le gré des populations : car lès papes durent renouveler constamment l'intcrdii^tion du culte en slave. A. Briickner {Die Wahrheit uber die Slavenaposlel. Tùbingen, 1911), développe cette thèse que Rostislav, prince de Moravie, demanda à Byzance des prédicateurs pour enseigner la religion dans la langue slave, dans l'intention de se détacher de Rome (p. 37) ; mais que Méthode dut chercher à Rome le droit d'investir ses disciples slaves et que le pape toléra la prédication et la liturgie en slave; que d'ailleurs Svatopluk ne voulait pas se brouiller avec le Saint-Siège.

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