COLONISATION ALLEMANDE
fortune ne survit plus que dans la légende. La Moravie suivit les destinées de la Bohème depuis le début du xuf siècle, époque oii elle fut annexée au royaume des Premysl; ceux-ci, et notamment Ottokar II, appelèrent des colons allemands, octroyèrent des privilèges aux cités qui furent organisées à l'allemande. C'est ainsi qu'Olmûtz eut sa charte de droit saxon, dont elle devint en Moravie en quelque sorte le foyer : au tribunal deséchevins, laprocédure était pratiquée en allemand, sauf pour les ressoi'tissants d'idiome slave. Les villes de la Moi-avie méridionale avaient adopté les spiegel de l'Allemagne du Sud plus contaminés de droit romain. Au xiii® siècle, Brûnn renfermait un corps de négociants et artisans venus d'Allemagne.
C'est au xiH^ siècle aussi que le grand défricheur de Moravie, l'évèque d'Olmûtz Bruno, transplanta des cultivateurs allemands sur les vastes propi'iétés de son diocèse.
A cette époque en effet, apiès l'irruption dévastatrice des Mongols, il fallut repeupler le pays : prémontrés et cisterciens tirent venir des paysans de Westphalie, de Franconie, de Bavière, de Flandre, qui créèrent des colonies de clairières [waldhufendorf), ou s'installèrent dans les villages slaves abandonnés : la population teutonne s'^^pandait, dès le xiv^ siècle, si amplement que cette mainmise du germanisme exaspéra les Slaves de Moravie comme ceux de Bohème. Aussi firent-ils cause commune avec les Hussites Bohémiens; la victoire ou du moins la lutte provoqua une renaissance du slavisme qui alla jusqu'à l'imolérance : les bourgeois de Brûnn reçurent défense en 1601 de chanter en allemand à l'église. El le parti national sous l'intluence d'un légiste, Charles deZierotin, réclama, au début du xvif siècle, l'interdiction de l'allemand dans tous les actes de la vie publique, et l'obligation pour tous les propriétaires du sol de posséder l'idiome tchèque.
Il semble pourtant que la Moravie n'ait pas déployé à Tégai-d des Allemands la même force de résistance ou d'absorption que Ih Bohème. Les enclaves allemandes se sont maintenues plus nombreuses et plus solides \
1. Beaucoup de localités allemandes périrent cependant ou furent slavisées ; ce dont témoigne le prélixe niemtsch.
La proportion numérique est plus sensible ici, en faveur des Slaves qu'en Bohème ; ils sont près de 1.870.000 contre 720.000 Allemands : 72 p. 100 contre 27 à 28 p. 100 (en Bohême 63 p. 100 contre 37 p. 100).
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Memands 5.60
Slaves
Memands
Slaves 8.20
Les Allemands^ n'ont guère poussé de pointes au milieu de la masse tchèque. Ils l'ont plutôt cernée. Au sud et au nord, ils donnent la main à leurs congénères qui nouent la ceinture de la Bohême; et de ce front de bandière sont détachés quelques postes avancés, autant de terres saintes !
La Moravie méridionale est tournée, non vers la Bohême, mais vers les pays danubiens. Aussi des Allemands autrichiens y ont remonté, sans peine et très tôt, dès le début du xiii' siècle. Ils s'étendent aujourd'hui à travers le Marchland, depuis Nikolsburg à l'est jusqu'à la Thaya, se reliant aux Allemands bohémiens. Leur métropole est Znaim, sise à la frontière linguistique -. La ville date de 1226 et reçut des Saxons, Bavarois, ïhui'ingiens, amenés par Ottokar P''. La vallée de la Thaya bien abritée contre les vents du Nord est un vignoble; le reste du pays est livré à la culture maraîchère, surtout celle des cornichons et du persil; la population est vigoureuse et aisée.
Znaim est travaillé par la propagande tchèque qui semble tenue en respect; les Tchèques, dans les dix dernières années se sont bien avancés de 18 ou 1.900 à 2.300; mais