A. Vrbka. Chronïk der Stadt Znaim. (Znaim
les Allemands, qui étaient 14.000 en 1900, se glorifient de leurs 16 milliers maintenant.
En avant de cette zone allemande se projettent deux îlots ou presqu'îles; ceux de Brïinn et d'Iglau. Brûnn, d'abord fondation slave, fut, à la fin du xif siècle, envahie par des marchands et ouvriers d'Allemagne : la communauté fut tlorissante, dotée d'une charte propre, jura originalia, qui n'était point calquée sur le spiegel des cités allemandes et qui devint un modèle de droit municipal. Brûnn fut slavisée aussi par les Hussites; mais son caractère industriel, ses fabriques de drap, lui valurent un appoint de main-d'œuvre allemande.
S'il en faut croire les doléances teutonnes, la capitale et les 12 villages de sa banlieue, jadis citadelles du germanisme, seraient compromises ' : des sociétés slaves où seraient entrés des renégats allemands, des journaux, dont un rédigé en allemand, terrorisent la vieille population germanique. La statistique officielle dément ces alarmes : à Briinn même, les Allemands paraissent se conforter singulièrement. En 1900, ils étaient dans le chef-lieu 69.000 contre 38.000 Tchèques; en 1910 ils se sont grossis de 20.000 congénères, les autres de 5.000 à peine. Mais dans la banlieue il leur faut déchanter; là ils sont peu à peu noyés dans la marée montante slave. Voilà des contradictions qui engendrent quelque scepticisme.
A travers la marche forestière qui séparait la Bohême de la Moravie, la piste suivie par les cotjiorteurs fut jalonnée de quelques localités; au gué de llglo se forma le noyau d'Iglau; à celui de la Sazava, Deutschbrod [brod signifie gué). Des gîtes d'argent furent reconnus en ces parages : aussitôt afiluèrent des prospecteurs de Saxe et des Alpes bavaroises, et des traficants, et surtout des drapiers de Flandre. Dès 1227, un centre minier se développa dont le statut corporatif professionnel fit bientôt jurisprudence dans presque toute l'Allemagne, en Bohème et en Silésie.
1. Gehrc, ouvr. cité. En 1902, on enregistre comme une défaite allemande la perle de 6 .sit-gcs à la Chambre de Commerce de Briinn (Deutsc/ie Geuinnund Yerlustlislen fin- 1902. 1). Erde, II, 1903, p. 52). En 1904, revanche : les écoles tciiè(iues perdent 33 élèves, et l'on ouvre une école pour bonnes à tout l'aire allemandes (IV, 1905, p. 180).
Autour de ce centre, des villages éclorent : villages routiers, ou rmidlinge; mais ces derniers n'ont rien de slave ; ils rappellent le type des hameaux sylvestres de Franconie et du Haut-Palalinat.
Les Allemands d'iglau partirent en effet de la moyenne Allemagne et l'idiome s'en ressent encore; dans la partie méridionale de l'enclave furent distribués des Bavarois trapus, aux crânes ronds, aux yeux et aux cheveux foncés, qui se distinguent des blonds aux yeux bleus ou gris, à la tête oblongue, gens venus du Nord-Ouest. Couvents et seigneurs procurèrent une masse de paysans qui essartèrent des espaces encore incultes : il semble toutefois que des Slaves s'étaient glissés dans les couloirs fluviaux.
D'après la toponymie des villages et des lieux dits, les Allemands occupèrent jadis un terrain beaucoup plus étendu; la réaction slave au xiif siècle, la guerre des Hussites, les pestes les affaiblirent; et les quelques créations du xvni*' siècle ne les renforcèrent pas sensiblement \
Les Allemands d'Iglau, qui sont de souches différentes, ont conservé leur vieux costume très bariolé. La race est robuste et fournit des nourrices aux grandes maisons de Vienne.
L'îlot linguistique couvre encore 390 kilomètres carrés dont 233 appartiennent admiuistrativement à la Bohême. Outre la ville, il comprend 2 « marchés » ou grosses bourgades, et 74 villages. Les Allemands y ont le nombre : ils sont près de 40.000 contre une dizaine de milliers de Tchèques. Mais de 1900 à 1910, les Tchèques se sont accrus de 2.124 unités, gain sensible, surtout dans la campagne "".