Vla.-h. {Die Vôlker, YIII, p
-1. Sur ica Slovaciuos, voir biblioyiuiiliie ilans Nicderle, p. 226.
plaine, qui s'appelle la Hanna : les habitants sont désignés sous le nom de Hannakes ; ils tiennent aussi la cioupe surélevée qui s'étale entre Morava et Zwitava vers Brtinn, croupe tantôt découpée, tantôt étalée en causse : c'est le plaleau oe la Hanna.
Dans les contreforts avancés des Garpathes qui, vers la Beczva pointent sur le territoire morave, habite une population vouée à la vie pastorale et à l'élevage, et qui a reçu le nom générique — mais poiat ethnique — de Valaques.
La dépression de la Morava est barrée par un verrou que la l'ivière force à Napajedl. Ce veriou est un chaînon qui n'atteint pas 600 mètres, détaché des Garpathes. Ges monts de Mars ferment au sud le bassin d Olinûtz, long de 100 kilomètres, large de 8 à 20, dune altitude moyenne de 230 mètres ; dès la percée, la Morava inaugure son cours inférieur G'est jusqu'à cette ligne que s'avancent les Slovaques qui se diffusent vers le sud-est, et se relient à leurs frères de la Haute-Hongrie.
Le Slave de Moravie est moins agité que celui de Bohème ; il est aussi moins accessible aux nouveautés, plus conservateur. Les Hannakes aiment encore à porter leur costume bariolé, culottes de cuir rouge brique à bande verte, veste d'un vert tendre piquée de boutons blancs ; les femmes aussi affectionnent la nuance verte. Ge sont gens tlegmatiques.
Entre les Moravcs et les Slovaques la transition est ménagée, au point de vue dialectal, par ceux qu'on appelle les Valaques moiavesV Des opinions autorisées, comme celle de Mikiosich-, ont soutenu que ces Valaques sont des Roumains slavisés. Leur dialecte est slovaque, mais très original et différent de ceux d'alentour: cette circonstance prête à croire que, si ces Valaques étaient de provenance roumaine ou étrangère, ils auraient adopté le parler
1. Pastrnek, Zar Charakteristik der mahrisclien Dialecte (Arch. fur slav. Philologie, C^L. I8ws, p. 64-7T). Sur les Valaques de Moravie, voir Vaclavek (Acitschr. lùr ôsterr. olkskunde, 11).
2. Mikiosich, Die Wanderungen der Rumànen (Denkschr. Acad. Wien, 1879, vol. XXX).
ambiant. Un anteiii- qui combat la thèse de Miklosich, Ladislas Pic', n'a point remarqué parmi ces V;ilaques moraves un seul type qui rappelle le Roumain, le phvsi(|ue est tout slave ; c'est tout au plus si cetle population emploie une quarantaine de mots roumains, mais ces mêmes mots ont cours chez les Slovaques des environs ; Polonais et Rulhènes en emploient bien davantage.
Les Slovaques ont l'ambition de former un ensemble ethnique et même une nationalité. Il est difficile de connaître au juste leurs forces numériques. Czoernig en comptait 74 000 en Moravie et 7.500 en Basse-Autriche. Leur accroissement, pendant le dernier demi-siècle, a dû être plus lent que celui des Tchèques, qui se sont portés vers l'industrie. Les Slovaques sont pauvies et travaillent un terroir ingrat ; écartés des grandes voies de circulation, ils demeurent attachés à leurs vieilles coutumes ; leurs habits sont grossier-s; la pièce essentielle en est la halina, sorte de péleiine de drap blanc à liseré rouge; les Slovaques la portent même hoi"s de leur rude pays dans les contrées tempérées; de même en toutes saisons ils s'affublent de fourrures. Ils sont avec cela vifs, sveltes et vigoureux ; mais les femmes sont lourdes et laides, d'après un observateur peu sympathique et galant; cai- il ajoute que les Slovaques, ceux du Midi de la Moravie particulièrement, présentent la physionomie abrutie du paysan polonais. Cependant on loue leur adresse, la propreté de leurs maisons, généralement placées au fond d'un jardin, à dislance de la route".
La nationalité slovaque dans la monarchie cisleithane sei'ait fort modeste, si elle n'avait l'appui dune Slovaquie hongi'oise de près de 2 millions d'hommes. C'est pourquoi les Slovaques ne font pas cause commune avec les Tchèques ■'. Jusqu'en ce siècle, leur langue littéraire avait été le tchèque, leur langue littéraire à la fois et
1 . Lad. Pic, Zur rumûnisch-ungaiischen Streitfrage, Leipzig, 1886. Ce sont surtout les termes de la vie et du métier pastoral qui sont empruntés au roumain. Cf. .Niederle, p. i'2S.
2. Woldan, Die Slovaken im sudlichen Mdhren (Aus allen Welttheilen, 1874, p.d2\).