LES COLONISATIONS
à ce moment d'influences occidentales; mais l'anarchie qui suivit le mouvement hussite aliéna les Silésiens qui au XV® siècle recherchèrent comme une protection la suzeraineté polonaise. Le régime polonais ne fut pas plus goûté; l'égide de la Hongrie parut plus salutaire. Et quand la Hongrie échut en 1526 aux Habsbourg, la Silésie fut du même coup englobée dans les Etats de la Maison d'Autriche.
Sa situation géographique l'avait livrée aux tentations des voisins, Tchèques et Polonais.
Mais les Allemands, déjà mis en goût par un précédent essai, reprirent le chemin de cette lointaine contrée, sur la sollicitationdes seigneurs ecclésiastiques. I)es riverains de la Mer du Nord se mobilisèrent, des Flamands, peutêtre aussi des Wallons ', experts dans l'assèchement et la mise en culture des marécages', la tenure du sol est pratiquée souvent d'après \% jus, flamingicum qui comporte aussi certaines coutumes de succession : plusieurs communautés sont organisées suivant ce droit flamand II vint aussi des paysans de la plaine du Bas-Rhin, des Ripuaires, dont le vocabulaire a persisté dans le dialecte des Allemands de Silésie ^ des Franconiens surtout, et des Thuringiens, dont le parler est le plus répandu, et qui ont apporté le type d'architecture, où le logis est séparé de la cuisine et des communs, tandis que les Slaves construisent leur maison d'une pièce, souvent sans foyer*. On estime qu'aux xiii" et xiv'^ siècles le chiffre des immigrants allemands atteignait 150 à 180 000 individus ^ Allemands et Polonais se côtoyaient, mais ne fraternisaient point. Le clergé polonais s'etforçait d'écarter de ses ouailles la tare étrangère, et s'opposait à l'emprise temporelle et spirituels des prêtres et religieux allemands. Le métropolitain de Gnesen, le Saint-Siège lui-même, appuyaient la cause polonaise. Les rois de Bohème Jean de Luxembourg et