‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 159 sur 375 · MANIFESTATION PANSLAVISTE DES TCHÈQUES · texte numérisé non relu

MANIFESTATION PANSLAVISTE DES TCHÈQUES

par le lustre nouveau de la couronne de Saint Etienne, mais aussi par la joie insolente des Allemands d'Autriche, prêts à se revenger de la défaite inlligée par leurs congénères, sur les Slaves désunis et désemparés. Leur amertume fut accrue par la manœuvre des Polonais qui se rallièrent sans murmurer à l'état de choses nouveau et qui députèrent au Parlement de Vienne où les Tchèques refusèrent de paraître, pour ne point sanctionner, fût-ce par leur seule présence, le Compromis consacrant le dualisme. Dès lors, ils s'aperçurent que la communauté slave était rompue. Aussi, en mai 1867, Palacky et Rieger, àla tète dune nombreuse députation, se rendirent au Congrès ethnographique de Moscou ^ ; ils furent présentés au tsar Alexandre 11, qui leur déclara que désormais pas une âme slave ne serait germanisée. Cette démarche était une réponse et à la faction polonaise et surtout à la majorité allemande : les Tchèques isolés s'imaginèrent avoir trouvé un puissant appui contre le germanisme; aussi se montrèrent- ils intraitables ; leurs élus votèrent le 22 août 1868 la Déclaration qui résumait leur programme et les aspirations du peuple tchèque de Bohème, Moravie et Silésie. Ils n'admettaient, entre le royaume de Bohême et l'Autriche, d'autre lien que l'union personnelle; ils déniaient à la Cisleithanie, conception sans fondement historique, le droit de traiter des intérêts du royaume de Bohême, et réclamaient un Parlement national, où la représentation ne fût pas faussée par des manœuvres électorales artificielles et oppressives.

Ils ne fuient pas découragés par les procédés vexatoires, et notamment par l'abrogation de la loi de la « langue forcée » ". Us ne démarrèrent pas de leur plateforme du droit historique.

Cette attitude les servit, et aussi les événements. La dynastie de Habsbourg, etîrayée de la grandeur allemande après 1870, et de l'arrogance de l'esprit tudesque surexcité, s'avisa de la contrebalancer en rehaussant les natio-^

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