LES RUTHENES UNIS A L EGLISE ROMAINE
naises ; il fut empoisonné en 1340. Le roi de Pologne Casimir saisit ce prétexte pour envaliir la Galicie. incité par le pape Benoit XII à cette croisade contre les srliismaliques, alliés aux Tatars idolâtres. Les armes eurent moins de succès que la corruption : des bojai's ou magnats rulhènes se laissèrent tenter et se convertirent au catholicisme romain, des missionnaires latins turent envoyés en Galicie où furent créés des évèchés\ où furent édifiées des églises, où furent lotis des colons étrangers, Tchèques, Serbes, Arméniens. Allemands et môme Tatars.
Au milieu du xiv"^ siècle, l'Eglise Romaine a pris pied dans le pays ruthène. Elle eut l'appui des gouvernants; car n'ayant point de dynastie nationale, les Ruthènes tombèrent tour à tour sous la domination hongroise (sous Louis le Grand, 1372} et polonaise, mais sans que leur sort y gagnât-; car les Jagellons poursuivirent avec acharnement la ruine de TEglise orthodoxe; celle ci était abandonnée par les Russes, trop occupés à leurs propres querelles, et par l'Empire grec, qu'absorbait sa défensive contre les Turcs. Les révoltes des Ruthènes furent si cruellement réprimées que leurs chefs naturels, nobles et haut clergé, firent défection, par crainte surtout d'être dépouillés ; des dons avaient été distribués à profusion à la szlachta polonaise, et les Eglises catholiques richement pourvues. Aussi se prèterent-ils à la tentative, d'ailleurs généreuse, et déjà caressée par le premier Jagellon, d'une union des deux Eglises'^: ce fut l'objet du synode de Florence en 14.39, où les Ruthènes fui-ent représentés par leur métropolite Isidor. Mais celui-ci n'osa pas rentrer dans son pays et mourut cardinal Romain. Néanmoins, il y eut dès lors parmi les Ruthènes