DÉCADENCE DES ALLEMANDS 2S
celle de la vigne; des moulins bniirent partout. Les villages de statut allemand, oii les habitants jouissaient de plus de bien-être et de liberté, parurent aux voïvodes d'un meilleur rendement; et c'est pourquoi des chartes furent prodiguées.
C'est dans les villes que le droit allemand fleurit, au profit d'une bourgeoisie active et enrichie par l'exploitation des mines, par le commerce dont Gracovie fut le foyer pour l'occident, Lvow pour l'orient : des négociants allemands d'origine en sont les maîtres. La supériorité sociale et intellectuelle des Allemands excita contre eux l'animosité des peuples et l'envie des seigneurs : ceux-ci se repentirent bientôt de leurs concessions libérales, et les firent payei" de plus en plus cher, avec d'autant plus de facilité que bientôt les groupes allemands se débilitèrent numériquement et se diluèrent dans la masse slave; le sentiment national, exaspéré dans tous les pays polonais par les méfaits des Chevaliers teutoniques, se tourna contre les Allemands : à Cracovie, on signale dès le début du xvi" siècle de continuels échanges de horions entre artisans teutons et polonais; les Allemands ne résistèrent pas, et se laissèrent poloniser : ils adoptèrent des noms en ski^.
Après l'annexion à l'Autriche, le peuplement fut entrepris, comme on l'a dit, non par la dévote Marie-Thérèse qui eût préféré laisser la province assauvagie et vide plutôt que d'y implanter des protestants, mais par le tolérant Joseph II, dont l'appel fut entendu : une foule de cultivateurs et d'ouvriers de l'Allemagne occidentale, ruinés par les guerres et les brimades des landcscàler, afflua dans les régions polonaises pourtant mal famées ; l'administration fut débordée, il fallut restreindre et filtrer l'immigration.
Cette entreprise officielle, admirablement organisée sur le papier-, échoua en dépit de la volonté impériale, et
1. Kaindl, Geschichte (1er Deulschen (l'JOT, t. I, p. \'o\). CI', du luriiic : Zi/r <leschic/i/e ilt'v dealsclœn Siedliiiujen unit des deiilscJien licch/s in l'olcii und r.alizien (Doutsclic Enic 1\, 11)10, p. 2:20-32).
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dans les premières années du xix*^ siècle, contre les intentions de rarchiduc Charles. Elle fut trahie par les fonctionnaires qui redoutaient l'avènement d'une classe de paysans moins humbles, plus instruits, et contaminés par les idées révolutionnaires. Elle fut contrecarrée aussi par les indigènes.
L^espoir d une restauration de la Pologne, sous les auspices de la France, agita jusqu'aux masses ruiales. Et les haines nationales se sont exacerbées. Kaindl en avance deux raisons: le ressentiment de la politique anti-polonaise de la Prusse, et les mesures de défense et de résistance des Allemands. A quoi il faut ajouter la complaisance gouvernementale dont bénéficie le polonisme en Galicie.
Les 220 communautés allemandes qui subsistent ont la vie pénible : les méfaits dont elles se déclarent victimes constituent un gros cahier de doléances i. Le catéchisme ou le prêche en polonais ne saurait édifier les âmes allemandes; dans une centaine d'écoles seulement l'enseignement est distribué dans la langue ancestrale : ailleurs le maître polonais ou ruthène est imposé ; les gymnases allemands de Brody et Lemberg sont discrédités. Les intérêts matériels ne sont pas moins lésés : de malicieuses combinaisons écartent les acheteurs allemands des terres qu'ils convoitent. Aussi des exodes se produisirent, notamment parmi les protestants, vers les provinces polonaises de Prusse, oi!i se poursuit la tentative de germanisation : les Galiciens qui s'y aventurèrent se trouvèrent plus malheureux encore que dans leur lieu natal, s'en retournèrent chez eux ou partirent outre-mer; cependant 7 à 8.000 originaires de Galicie ont été casés, de 1899 à 1909, en Posnanie et Prusse Occidentale, dans la Marche de l'Est".
En dépit de leur dispersion géographique, les Allemands de Galicie font effort pour se grouper moralement, surtout
habitations « joséphiniennes ». Description et images, dans Kaindi, Das deutsche Ansiedlerhaus in Galizien und sein Einfluss auf die einheimischen Bauernhâuser. (Giobus, XC .11, l'JlO, p. 1U4-10, 117-23).