JUIFS GALICIENS
seul ordre des Basiliens, peu nombreux. Gomment ce progrès, qui est aussi national que religieux, coïncide-t il avec le recul avéré de la nalionalilé ruthène qu'accuse la statistique linguistique"? Peut-êlre y a-t-il lieu de faire élat plutôt du recensement confessionnel, qui ti'aduit plus exactement la réalité. Car il en est sans doute parmi les Ruthènes qui sacrifient leur idiome et ne font pas de ce signe extérieur le symbole de leur nationalité : cette nationalité, ils la confessent par leur attachement à leur foi et aux rites de leur Eglise ^
On a longtemps considéré comme un groupe ethnique à part les Juifs, qui forment près de 1 p. 100 de la population galicienne. Sans aborder le problème de la provenance des Juifs de Pologne, il y a lieu de rappeler qu'il.s furent attirés dans ce pays par la sécurité et les privilèges que leur assura la protection — d'ailleurs intéressée — des rois et de la noblesse. Les persécutés affluèrent de partout, d Allemagne notamment, qui parlaient des dialectes allemands, déjà farcis d'hébraïsmes ; en Pologne, l'épanouissement des études talmudiques, qui pénétrèrent même les classes populaires, développa encore le jargon yiddisch, en même temps qu'il isola davantage encore les Juifs des Gentils. Toutefois les Juifs tenaient un rôle social, au point de former « presque un Etat dans l'Etat »-, ils étaient les fermiers ou intendants des grands domaines ; c'est à ce titre surtout qu'ils provoquèrent la haine des paysans et du petit monde. Aujourd'hui encore ils se distinguent pur leur- parler, leurs mœurs, leur costume même,
l'objet d'une dOmonstration hostile de ses ouailles qui l'accusent de pactiser avec Rome. On peut sur J esprit du clergé uniate consulter les deux gros volumes d'un prdat de cette Eglise, Julian Pelesz, Geschichle der Cnion der rulhenischen Kirche mit Rom von den àlteslen Zeiten bis auf die Gecjenwart (Wïirzburg et \ ienne, 1881). L'ouvrage est écrit dans un esprit tout à l'ait papiste.
1. L'église grecque unie ou catholique n'a contracté avec l'église romaine qu une union dogmatique ; elle a gardé sa discipline et sa liturgie, sur les griefs de cette église, v. kujjczaiiko, p. ll'j et suiv. Le sort de cette Lglise a été raconté par Lduard Likowski, Gescfi. des allmseligen Ver/'alls der unirten Rulhenischen Kirche im XVIU und XIX Jahrhundert unter polnischem und russichem Scepter, ins deutsche ubertrayen, von .\. Tlozynski l'osen, Is8j-lh87, 2 vol.).