Grœtz, Histoire des Juifs, trad. Moïse lîloch, V, p. liU
et ils fournissent matière d'étude aux ethnographes, et romanciers. Cependant l'assimilation s'annonce, d'abord parce que leur accroissement s'harmonise avec le mouvement démographique de la province : de 1869 à 1880, tandis que la population totale ne s'augmentait que de 9,44 p. 100, les Juifs gagnaient près du double 19,22. Entre 1880 et 1890, on constate plus d'équilibre entre les deux taux; 10,89 pour lensemble du pays, 12,47 pour les Juifs. Mais depuis, la multiplication des Juifs a fléchi : de 1891 à 1909 elle est tombée à 5 p. 100 alors que le total de la population monte de 10,72; de 1901 à 1911, elle revient à 7,46 contre une élévation du chiffre global de 9,70. Malgré l'émigration qui entraîne des milliers de Juifs galiciens aux Etats-Unis ou vers l'Europe occidentale, le judaïsme ne périclite pas : en trente ans, par la seule progression naturelle, il s'est renforcé de 185,000 adeptes. En second lieu, les plus relevés des Juifs par leur culture et leur situation, qui jusqu'en ces dernières années se rattachaient au germanisme, embrassent la nationalité polonaise : l'allemand qu'ils cultivaient comme langue littéraire depuis le xix*" siècle cède devant le polonais S depuis une trentaine d'années'.
d. Max Weissberg, Die neuhebràische Aufidàrungs-Literatur in Galizien (Leipzig et Vienne, Breitenstein, 181)8, p. 88).
2. 11 faut citer pour mémoire la colonie arménienne, dont les ancêtres ont immigré au xi" siècle déjà, et plus en nombre au xv» siècle, pour fuir le joug turc. La petite communauté s'est réduite à moins de 1.400 fidèles. L'essaim le plus gros vit dans le cercle de Kuty (arrondissement de Kossow) ; d'autres à Kolomea et Stanislau. Les Arméniens sont cultivateurs et commerçants. On les reconnaît à leur type oriental. Depuis le xvii» siècle, ils sont unis à l'église catholique, leur évèque métropolitain réside à Lvow. Leur langue (qui est l'arménien occidental, dont les dialectes sont parlés en Turquie, Hongrie et Pologne) n'est plus que liturgique ; l'idiome usuel est le polonais ; cependant, à Kuty. l'arménien vulgaire sert de langue commerciale. (Hanusz, Laullehre cler polnischarmenischen Mundart von Kuty in Galizien Extr. de la Wiener Ztschr. fur die Kunde des Morgenlandes. Vienne, 188'J).