II PRÉFACE
mêlées, et de tracer les cadres où elles s'intégreront, quand la fortune des armes aura décidé du sort de l'Autriche-Hongrie. Inévitablement, les couilitsinternes se réveilleront, exaspérés encore par les rancœurs des Slaves, des Roumains, des Italiens, contraints à verser leur sang pour le salut de la domination détestée des Allemands et des Magyars. Ces derniers proclament que sur les champs de bataille s'est consommée l'union sacrée de tous les peuples régis par le sceptre des Habsbourg : le miracle ne s'est point manifesté par la gloire militaire des armées impériales et royales.
Quelque transformation que doive subir demain l'Autriche-Hongrie, les éléments fondamentaux et permanents subsisteront, les races et les nationalités, objets de notre enquête ; c'est de quoi ce volume tire son opportunité.
Quant aux éléments périssables et déjà caducs, ils ne méritent ici qu'un court signalement : l'Empire d'Autriche, le Royaume de Hongrie et cette troisième entité où le dualisme se personnifie, l'Autriche- Hongrie. Chacune de ces individualités possède ses organes propres et sa constitution. L'Autriche-Hongrie a, comme l'Autriche et la Hongrie séparément, son ministère, son parlement (les Délégations), son budget, son armée. Mais les deux États vivent chacun sa vie, tout en formant, sous le vocable du Compromis, une association à laquelle conviendrait l'épithète anglaise Innited; car l'Autriche et la Hongrie ne sont pas des nations sœurs ni même parentes, en admettant même — ce qui sera discuté au cours de ces pages — qu'elles soient des nations.
Cette combinaison offrirait de quoi déconcerter le