PRÉFACE III
public français, épris de clarté, comme chacun sait, et de simplicité, si ces notions ne lui avaient été rendues familières par une littérature si riche et si merveilleusement informée sur l'Autriche-Hongrie qu'elle fait envie aux publicistes indigènes eux-mêmes \ Nous nous retenons de nommer ici, de peur de pécher paromission, les maîtres historiens dont les œuvres se sont imposées au respect de leurs confrères d'Autriche et de Hongrie, les écrivains qui dans nos Revues et notre grande presse suivent avec tant de perspicacité les jeux de scène et les « cent actes divers » de l'intrigue austrohongroise, et ces missionnaires très avertis qui ont élevé le reportage à la dignité d'un genre historique, par leur compréhension rapide des événements, leur art d'interviewer les hommes d'Etat et les politiciens, sans être jamais dupes de confidences aussi courtoises que calculées. Beaucoup de leurs publications figurent en références : toutes ont été interrogées avec profit. « Si nous n'avons pas été découragé par le nombre et la valeur des travaux antérieurs, écrivions-nous déjà dans la préface de 1898, c'est que nous avons taché de faire, non pas mieux, mais autre chose. » Et nous définissions en ces termes l'idée directrice de nos recherches. « Nous ne présentons pas une étude de politique ou d'histoire, mais un essai d'ethnographie, c'est-à-dire une enquête sur les origines,
1. Rudolf Siiringer reconnaît que les Fran(;ais « possèdent une littérature plus consid^'rable et plus savante sur la Monarchie que nous-mrmes » « eine grôssere und gelehrtere Literatur ûbcr die Monarchie besitzen als wir sclbst » (Grundlagen und EnLu'icIdungsziele der oesteri'.-ung. Monarchie Vienne et Leipzig, Deuticke, l'J06, p. li). A ce propos qu'une petite
remarque personnelle me soit peiinise. M. Aurel G. l'opovici, citant mon ouvz'age dans son livre Die Vereinigtvn Slaaten von Gross Oeslerreich (Leipzig, Verlag von U. Llischer Nachrolger l'.l06, p. 83) présente l'auteur en ces termes : « lierr B. A. Frolcssor an der Universitiit Xancy, ein Oestcrreicher {sic) der die Lage bei uns sehr gcnau kennt .. » Je suis flatte du cuiiiplimciit. mais je ilois décliner la qualité d'Autiichien.