PETITES COMMUNAUTÉS ETHMQUES ET RELIGIEUSES
OU plus vraisemblablemenl un surcroît de natalité ^ Ainsi, ce pelit pays de Boukovine, si écarté des grandes voies et de l'iiisloire européennes, est, tout comme les provinces plus illustres et bruyantes de la monarchie, livré aux querelles de races et de confessions ^ Le problème ne sera résolu que le jour où l'Autriche aura démembré ces kronlcinder artificiels pour constituer des nationalités. Et même ce jour-là, le problème sera-t-il résolu?
1. Il ne semble pas que l'inimigration allemande soit considérable. Raucliberg (p. HG), donne des tableaux d'où il résulte que ce n'est pas des provinces allemandes de l'Autriche que la Boukovine tire beaucoup d'immigrants — il ne saurait être question, dans nos chiffres, que des Allemands indigènes et sujets de la monarchie. — Signalons un lait qui est à l'avantage de la population allemande : c'est le grossissement du nombre des protestants réformés.
2. Nous ne dénombrerons pas ici les petites églises ou sectes qui, dans la ({uestion des nationalités, ne jouent qu'un rôle subordonné. La Boukovine, seule province de la monarchie, renferme au nombre de plus de 3.000 des Lippowanes. Ce sont des raskolnik, réfugiés de Russie, grands, blonds, mais défigurés souvent par la variole : car ils sont hostiles à la vaccination comme à toutes les pratiques de la science. Végétariens, ennemis de tout plaisir profane, ils évitent le contact avec les Gentils, et dans les villages, ils cachent leurs maisons derrière de hautes haies. Entre eux ils parlent russe. Leur petite communauté, à l'exception d'un groupe qui répudie toute autorité cléricale, vit sous la direction d'un archevêque, de quelques prêtres, et d'un grand nombre de moines et de nonnes ; les principaux couvents sont^à Biala-Krinitza (Polek, Die Lippoivaiier Kolonieen in der Bukowina, Mitth. Geogr. Ges., \ ienne, 1883, p. 301-12. Dan, Die Lippowaner in der Bukowina, Czernowitz, 18'J0). Cette secte ligure pour la première fois en 18'JO sur le recensement des'confessions, tandis qu'on faisait état depuis longtemps du petit noyau arménien, environ 700. Ces Arméniens ont pour langue usuelle le polonais, bâtissent leur maison à la roumaine ; ils ont conservé (juchiues coutumes de leur lieu d'origine. Ils sont divisés en deux groupes cultuels : les Unis et les Orientaux ; leur principale église est à Suczawa (Wlislocki, Die Armeniev in der Bukowina. Ungarisch- armenische Revue, vol. VII, 1803, i'asc. o, 7, 8).
La iîoukovine renferme aussi des Tsiganes. Ce nom de Tsigane s'est appliqué dès le xv° siècle aux serfs de toute origine, et notamment aux Talars qui avaient été réduits à cette situation humiliée. (Kaindl, Gesch der Bukowina, ^^ partie, p. o8.) Les Tsiganes, jadis serfs des couvents et des grands propriétaires, aujourd'hui encore vivent en communautés séparées sur des terrains ({ui leur sont réservés en dehors des villages, les plus misérables dans des huttes en terre, bordei. Us exercent toutes sortes de métiers, le plus plaisant est celui de musicien. Bien qu'attachés à leur langue originelle, ils se disent Roumains et sont comptés avec cette nationalité. Aussi est-il malaisé d'en dresser la statisticiue. (Ficker, Stat. -Monatsschr. V, 1870, p. 240). Quelques intéressants détails se lisent dans un récit d'excursion (L. Strasburger, Die lioke Taira, Deutsche Rundschau, nov. 1807, p. 268). Voir encore Demeter Dan, (). U. M.. Bukowina p. 330-38. i'olek, Jahrb. des Bukov.iner Landesmuseums, lOOo et 1008.