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LES MAGYARS

touchent le plat pays : de ce côté les Magyars sont pris en flanc par les Roumains dont le front recule de plus en plus vers le nord-est ; ces derniers sont coupés par une bande magyare plus ou moins continue qui assure la jonction avec les Szekler. Tout le long des zones mixtes, le terrain est disputé pied à pied.

Le Magyar, par une réminiscence de la vie de horde et des spacieux ébats de ses chevaux, aime Finfini de la steppe, à peine ombré à l'horizon d'une silhouette montagneuse ; il a l'horreur des vallées étriquées, oii les Germains et les Slaves se claquemurent.

Aussi est-ce dans la plaine même des pusztas quil a planté sa demeure. Demeure de fortune, par une survivance atavique du nomadisme : la tanya de l'alfôld rappelle le gyOr des Avars, sorte de blockhaus défendu par une enceinte circulaire : le corps principal de la ferme est entouré de fossés avec une haie d'acacias et barré par un obstacle plus répulsif encore, le « bastion », remblai d'immondices et de fumier'; de hargneux chiens de garde surveillent l'unique avenue du logis, qu'entourent les communs.

Les plus pauvres gîtent dans des excavations creusées dans le sol, recouvertes de roseaux, et dont les parois sont étayées de planches. Ailleurs, par exemple dans. le val de la Rabnitz-, des huttes sont semées, dont le toit incliné des deux parts figure la tente atavique.

Quant aux maisons, dans ces contrées où le bois, la pierre, la terre à tuile manquent souvent, elles sont construites en pisé, cimentées à la hachure de paille, surmontées de chaume ou de ces excellents roseaux que fournissent les nappes stagnantes du plat pays. Aujourd'hui cependant, elles sont blanchies à la chaux, opération très coûteuse, mais qui flatte l'œil et l'amour-propre de l'occupant.

La maison magyare se compose de trois compartiments essentiels, la pièce de réception, précédée d'un vestibule

\. Baksay, (). L'. M., Ungarn 11, p. 107. 2. Délia, ibid., IV, p. 416.

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ouvert, qui s'allonge sur la rue; elle est munie du poêle à paille, autour duquel on tient réunion; la cuisine et la chambre familiale ou dortoir complètent le logis.

Ce dispositif s'est diversifié, modernisée

Le peuple magyar offre, comme il est naturel, des variétés locales engendrées soit par le milieu, soit par les vicissitudes historiques-. Dans l'uniformité de TAlfôld, sorte d'échiquier dont les cases sont des cuvettes en contrebas les unes des autres, quelques groupes ressortent par l'originalité du type et du nom. 11 survit des Haydukes, des Yaziges, des Koumanes.

Les Haydukes habitent encore le district qui formait, il y a un peu plus de vingt ans, une république fondée par leurs ancêtres, sur le modèle de celles des Cosaques. Aux xvf et xvii" siècles, le corps franc des cavaliers haydukes qui avaient poussé leurs raids de tous côtés, combattit pour la cause nationale contre les Turcs comme contre les Autrichiens : ils reçurent des privilèges pour eux et leur territoire qui fut une marche entre Hongrie etTransilvanie, et qui, en 1876, fut annexé au comitat dont Debreczin est le chef-lieu. Les Haydukes actuels sont de paisibles campagnards, mais dédaignent le métier d'artisans et portent fièrement la plume de grue au chapeau et l'éperon à la botte '\

Vers le sud-ouest, les Haydukes confinent aux Koumanes, eux-mêmes fondus avec les Yaziges *. Ce fut, d'abord

1. L'on trouvera des images de la maison hongroise dans le 2» vol, do l'ouvrage d'Elek Uenedek A Magyar Nep Mullja ésJelene (Budapest 18'J8).

2. On ne peut cependant, en ce qui concerne les dialectes, tenter une classification ethnique ou proprement géographique ; il n'y a point de dialecte spécial à telle des tribus qui ont composé le peuple magyar. La classification est toute phonétique et le trait essentiel semble être la pro, nonciation de l'c, qui dans l'Aii'old se transforme en ô, ailleurs en é ou i (Balassa, Die DialelHe der ungarischeii Sprache. Ung. Revue, XII Jahrgang, 18'J->, p. 44 et 113).

3. V. une intéressante monographie do Bêla Szivos. 0. U. M., Ungarn II, p. 404.

4. Ibid., p. 231, monographie de A. Balvsay. Le nom des Yaziges n'est pas celui d'une ancienne peuplade comme l'ont cru et fait accroire quelques savants. Il dérive d'un mot magyar qui signifie : arc ; les Yaziges sont donc des archers. Il n'y a entre eux et les Koumanes aucune dillérence ethnique (llunlalvy, Elhuocjr., p. ^44). Pour les Koumanes, Goza Kuun a soutenu l'opinion, ([ui a été controversée, ([ue" leur langue première a été le turc et non le magyar (l'ng. Revue, V, 1885, p. (i44).

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une peuplade de chevaucheurs, à la barbe sauvage, au crâne ras ou garni d'une houppe ; pendant des siècles ils guerroyèrent contre les Hongrois, dont les rois, au prix d une souveraineté toute nominale, représentée par le Palatin, les laissèrenl libres au milieu de leurs marais le long de la Tisza et du Maros. Ils jouirent d'une autonomie presque absolue, et même au xviif siècle, se rédimèrent de toutes les charges; le lien avec l'Etat hongrois fut si lâche qu'ils se dispensèrent d'envoyer des députés à la Diète. Leur régime fut démocratique, et la seule aristocratie qu'ils connurent fut celle de l'intelligence : nulle part l'instruction classique n'était si recherchée et les simples pâtres pouvaient s'expliquer en latin '. Les Yazigo- Koumanes sont divisés en trois districts : la Grande Koumanie, entre Maros et Tisza, oii la race est grande, à figure ovale et teint blanc; de l'autre côté de la Tisza, la petite Roumanie, au terroir sablonneux et maigre, mais où les gens, excellents cavaliers, sont vifs, quoique trapus, de complexion foncée, témoignant d'un croisement tatar; et la Yazigie, dont la ville principale, Jaszbereny, fut la métropole du territoire franc : les hommes y sont de haute stature, sveltes, et les femmes de beauté renommée. Les Yazigo-Koumanes, dont le nombre dépasse 200.000 individus, ont essaimé au tour d'eux, colonisé la Bacska, et amplifié ainsi le domaine mngyar. Car leur parler est peut-être le plus pur et le plus authentique de toute la Hongrie : aussi doute-t-on qu'ils aient jamais employé un autre idiome. Autour du pâté montagneux de la Matra, dans le sillon de l'Eipel, c'est encore un coin de survivance Koumane, où vivent les Paloczes, dont le dialecte magyar olTre des particularités intéressantes pour les philologues. Le type n'a rien de caractéristique; la prédominance des cheveux noir est attribuée moins à la nature qu'à la teinture"', le

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