‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 272 sur 375 · IMMIGRATIONS ALLEMANDES · texte numérisé non relu

IMMIGRATIONS ALLEMANDES

par les églises, couvents et seigneurs, sur leurs domaines, de sorte qu'à la fin du siècle déjà les localilés germaniques sont plus nombreuses que les élablissements plus anciens des Celto Romans, des Slaves et Avars. Elles furent ruinées par l'irruption des Magyars qui refoula les anciens occupants dans les régions montueuses; car déjà se décèlent des rivalités ethniques ; les Slaves font cause commune avec les envahisseurs contre leurs maîtres d'hier. Mais la défaite des Hongrois au Lechfeld, en 955, rend Taudaceaux Allemands qui reprennent leur conquête territoriale et leur propagande religieuse, au point que les Magyars, convertis au christianisme, accueillent avec empressement ces « hôtes » [hospites) et que le roi Saint Etienne érige cette pratique en doctrine, professant qu' « un Empire oii ne régnent qu'une seule langue et les mômes mœurs est débile et périssable ». Les institutions du royaume furent calquées sur celles d'Allemagne, et l'imitation poussée si loin qu'à la mort de Saint Etienne une réaction éclata, réaction exaltée encore par l'humiliation de la Hongrie que l'Empereur Henri III réduisit au rôle de fief de l'Empire germanique ; deux piinces de la famille Arpad menèrent le mouvement qui fut à la fois national et païen. Mais, après avoir recouvré l'indépendance, les souverains hongrois, loin d'entraver l'immigration allemande, s'appliquèrent à la provoquer et à la régler, afin d'augmenter la population, de défricher, de garder les frontières : ainsi furent introduits aux xif et xui^ siècles des Saxons, des Bas-Allemands, des Flamands; ces « hôtes » ne s'éparpillèrent pas dans les campagnes; ils s'agglomérèrent, pour résister aux brigandages, sur l'emplacement d'anciens oppida ou dans les bourgs fortifiés, embryons de villes'. De ces villes ils firent à la longue des foyers de germanisme, et le caractère ethnique, non moins que la prospéiité des bourgeois, excita les rancunes de la noblesse magyare; Malhias Hunyade fut le roi national, élevé au trône pour exterminer les étrangers (1457).

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