‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 273 sur 375 · Ôdenburg, Giins, Xeusiedl, Eisclistadt, etc · texte numérisé non relu

Ôdenburg, Giins, Xeusiedl, Eisclistadt, etc

Ces étrangers étaient forts de leurs richesses, de leur autonomie communale, — car ce fut le mérite des Allemands, ici comme en Bohème et en Silésie, d'instaurer la vie municipale — de Tesprit de liberté que leur avait insufflé la Réforme. Mais la Contre-Réformation, le déplacement du commerce par la découverte des pays d'outremer, l'occupation turque, l'anarchie intérieure, toutes ces causes ruinèrent la fortune matérielle et la puissance politique des villes. C'en fut fait de ces cités allemandes des Carpathes, centres miniers et industriels : elles furent infestées de Slovaques et de Magyars. Avec elles, le germanisme était frappé de mort. Il se releva cependant, après l'expulsion définitive des Turcs, en ce sens qu'il regagna en forces numériques, mais ne retrouva point son prestige aux mêmes lieux où il avait fleuri. Les princes de la Maison d'Autriche, peut-être avec l'arrière-pensée de consolider en Hongrie leur souveraineté toujours précaire et d'y jeter la semence de sujets loyaux, prirent à tâche d'y implanter des lignées allemandes : Marie-Thérèse et Joseph II appliquèrent sur les domaines fiscaux et royaux un plan systématique de peuplement, qui reste un modèle de colonisation intérieure ^ On fut préoccupé d'abord de dresser une barrière humaine contre l'éternel ennemi, le Turc : aussi furent campés dans le Banat et la Bacska des immigrants allemands et des Serbes et des Valaques. Toutefois les premiers étaient préférés, tant pour leurs vertus propres et leurs aptitudes culturales, que parce qu'il entrait dans la politique de Joseph II, non pas de faire œuvre de germanisation au sens ethnique du mot, mais de consommer l'unité de son Empire surtout par la suprématie d'uile langue maîtresse et officielle, le plus efficace des instruments de règne ■.

L'expansion fut canalisée : le Banat, échu à l'Autriche eii 1718, après un siècle et demi de domination ottomane,

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