‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 280 sur 375 · TOTALE · texte numérisé non relu

TOTALE

ALLEMA.NDS TOTALE

Les noms allemands de ces villes sont ajuste titre effacés^, ou sont d'ironiques survivances.

De l'autre côté du Raab et vers le lac de NeusiedI, s'étend une marche allemande. La rive orientale du lac est peuplée de Souabes venus, dit-on, des environs du lac de Constance : ce sont les heidebauern^ dont le terroir, en dépit du nom, est fertile, étant lubréfié par des nappes plus ou moins palustres. Cependant le heidebauer ou hadbaiier exerce volontiers le trafic; jadis il faisait le métier de courrier ou postillon ; ses contacts incessants avec Magyars et Croates ont défiguré son idiome. Toutefois, dans le comitat de Wieselburg (Moson) , la répartition ethnographique est encore en faveur des Allemands : c'est môme le seul comitat où ils conservent la majorité. Ces pays en effet furent, de la seconde moitié du xv" siècle jusqu'au milieu du xvii", annexés à l'Autriche qui

1. IMaundlcr, Deutsche Krde, X, 1011, p. lo8 (l'oniitat lio Baranya).

2. Les noms magyars sont pour ii's deux premii^ies : Székes-Fejérvâr et Gyôr.

ne les rétrocéda que de mauvaise grâce et dans l'affolement des désastres de la guerre de Trente Ans. La situation de l'élément tudesque paraît un peu ébranlée : ils étaient 54.957 en 1880; ils ne comptent plus que 54.729 en 1890, 54.406 en 1900, 52.000 en 1910; le déchet est insignifiant, mais le symptôme significatif; les Magyars ont au contraire presque triplé leur contingent, de 13.000 à plus de 33.000. Ce qui accuse plus encore la déchéance, c'est qu'en dépit de leur supériorité politique, les Allemands ne se défendent guère : leur humiliation politique a provoqué un exode vers les pays autrichiens tout proches. Dans le comitat d'Oedenburg ou Sopron, le germanisme est menacé ; le magyarisme le dislance définitivement de 34.000 unités. Dans le chef-lieu même, la proportion des Allemands a baissé de 76 à 56 p. 100; les Allemands ont gardé leurs 17.000 unités ; les Magyars ont sauté de 4.800 à 15.000. Même spectacle dans le comitat de Presbourg (Poszony), dans celui dEisenburg (Vas), d^oii les paysans Allemands émigrent en Amérique. Ce sont les Hienzen, dont le vocable est aussi incertain que la filiation; on croit que leurs ancêtres furent les gens de l'empereur Henri III (Heinz), ou d'un chef de même nom, ou, selon une étymologie plus triviale, mais peut-être plus authentique, de simples éleveurs et marchands de volailles, heanlkramer^ , et qu'ils sont des immigrés de la première heure, des Bavarois sansdoute^ comme le décèlent leur dialecte apparenté au styrien, et le style de leurs maisons, avec le corps de bâtiment principal, renfermant cuisine et les deux pièces d'habitation sur le modèle styrien".

1. \V. Nagl, b\e Hienzen, Eine ethno(jiapliiscli-ety/nolo(/ische Studie (Ztscbr. Oesterr. \ olkskunde, Mil, 1UU2, p. 161-5). Cf. A. Daclilcr, Die Hienzen, [ibid., XVI, 1910, p. 28).

2. Firbas, ouvr. cité, p. oO'J, énonce que le dialecte parlé dans le quartier du Mannhartsbery est identique à celui des Hienzen. ^

3. J.-R. Bûncker, l)as Baaernlvaus in der ôstlichen Mittelsleirmark und in benachbarlen Gebielen (Mitt. Anthropol. Ges. Wien, 18'j7, .\X\'II, p. ll:J-yi, avec d6 croquis dans le te.^te). La maison de la Heanzerei est spécialement étudiée dans le tome X.V \ , 189o. — Le même auteur a décrit les linages, ibid., XXX, l'JoO, p. lU'J-48, avec 7 plans cadastrau.ï. Typen von Dorfflaren an der dreifachen Grenze von Siederôsterreich, Liigarn und Steierniark. lie cette simple description sans conclusions ressort 1 identité de conception du groupement des terres et de l'aménagement des londs. chez la tribu austro-bavaroise de cette région.

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