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RENAISSANCE SLOVAQUE

OU plutôt instauré de toutes pièces leur nationalité peu connue dans l'histoire \ Ils emboîtèrent d'abord le pas aux Tchèques qui menèrent le branle, mais ils eurent la gloire de fournir deux des plus illustres promoteurs du renouveau slave, Safarik, né dans le comitat de Gomôr, et le poète Jean Kollar, originaire du comitat de Turocz. Cependant les Slovaques faisaient figure de frères cadets. Le tchèque, qui leur avait été apporté par les Hussites exilés de Bohême, s'éleva tout naturellement parmi les Slovaques, dont le parler était tout populaire, à la dignité de langue littéraire et liturgique. C'est ainsi que le slovaque fut classé comme un dialecte tchèque-. Quelques esprits généreux, conscients de l'originalité ethnique, se lassèrent d'être disqualifiés. A la fin du xvni^ siècle déjà (1788-91), Antoine Bernolak prétendit donner ses lettres de noblesse à un dialecte local trop proche encore du tchèque ; cette tentative, qui coïncida avec une revendication des titres de l'idiome slovaque à régner dans l'école'', échoua, parce qu'elle semblait servir l'intérêt catholique exclusivement; elle fut répudiée par les Réformés \ En 1846, Louis St^r put lancer avec plus de succès un néo-slovaque, formé avec le dialecte le plus caractéristique et le plus répandu. Mais cet idiome ne fut adopté que par les luthériens; les catholiques gardèrent celui que Bernolak avait construit. Cette scission fut exploitée par les Slovaques d'expression tchèque, mus par l'idée panslaviste, et qui obtinrent du gouvernement l'investiture du tchèque comme langue de renseignement dans les écoles du pays. Aussi les Slovaques de la stricte observance se coalisèrent : le professeur de langue slave à l'Université de Prague, Martin Hattala, élabora un compromis d'où sortit sa Grammatica linguœ sloveniccC (Schemnitz I8.0O) ; la conférence linguistique de Presbourg

1 . Sassinek, Die Slovaken . Eine elhnogvaphische S/cizze (33 pages) . (Prague, 187o), cite un duché de vSlovanuie,. assertion hasardeuse à laiiuello ne s'associent pas les historiens slavisants. Ilunt'alvy, Elhnofjv.. p. 302.

2. Czambcl, (). U. M., Unç/arn V, p. 434. Cl". L. Niederie. p. 13ii qui conteste la thèse de Czambel.

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