Czocrnig, II, p
vides; au xviif siècle, ils colonisèrent maintes localités de l'Alfold : ainsi la contrée de Békés-Czaba où ils gardent encore la prépondérance ; ils se répandirent même jusque dans le Banal et en Serbie : nombre de localités qu'ils ont peuplées se reconnaissent au préfixe de tôt, vocable sous lequel les Magyars les désignent \ Mais dans le plat pays ils courent grand risque de se dénationaliser; à Bekes-Czaba, les descendants des montagnards, immigrés depuis un siècle et demi, ne se reconnaissent plus : leur visage triangulaire s'est arrondi, comme la face magyare ; et sur cette terre nourricière de TAlfôld, leur musculature s'est élargie, le long cou atavique s'est engoncé, la figure osseuse s'est empâtée de graisse-. Ils s'absorbent dans le bloc magyar, et ne restent indemnes que dans les cantons ingrats de la puszta, sur les sables de la contrée de Nyir, oîi leurs hameaux ou tanyas se sont agrandis, depuis le xviif siècle, en villages de type slave ^. Dans les Carpathes, ils sont les maîtres : dans les comitats d'Arva, de Lipto, de Nyitra, de Trencsen, de Zolyom (Sohl), ils constituent la majorité, partout ailleurs des forces respectables*. La Slovaquie est une province ethnique de près de 2 millions d'àmes. Aussi les Slovaques ont-ils restauré
1. A la fin du xviii« siècle on relève, dans le comitat actuel de Lipto, 91 communautés, dont 41 de nom magyar, 34 slovaques, 5 allemandes, 5 latines, b sous le vocable de saints (Maylath, Ô. U. M., Ungarn V-, p. 394).
2. P. Hoitzy, Ô. U. M., Ungarn II, p. 224. Zsilinski, ibicl. p. 448-9. Les Slovaques de Szarvas ont adopté aujourd'hui le costume magyar (p. 410).
3. G. Simko, Die Besiedelung von Xyiregyhàza und seiner Tanyas. (Bull. Soc. Hongr. Geogr. Ed. int. XXXVIII, 1910, p. 33-88, avec 6 planches, cartes et vues).
4. Les Slovaques sont concentrés surtout dans la région géographique désignée officiellement sous le nom de Danube rive gauche où ils sont dénombrés : 1.279.000, et sur la rive droite de la Tisza,'où ils forment un bloc de 440.000, notamment dans les comitats de Sarôs, de Szepes et de Zemplen. Le recensement de 1910 donne le chiffre de 1.946.000 pour toute la Hongrie : ils sont agglomérés dans les comitats de Trencsen (92 p. 100 de l'ensemble de la population), Lipto (90 p. 100) Zolyom (85 p. 100) is'yitra (71 p. 100) ïurôcz (69 p. 100). Dans ceux de Sarôs et de Szepes, ils ne représentent qu'entre ob et 60 p. 100. Mais ils étaient plus de 2 millions en 1900; ils se sont amoindris de 50 mille âmes. Proportionnellement leurs pertes sont par endroits si fortes que le taux en devient suspect : ainsi dans le comitat de Borsod, de 59 p. 100 dans la dernière décade ; de 44 p. 100 dans la ville de Komarom, de 32 p. 100 dans celles de Miskolcz et de Pancsova. L'émigration n'explique que partiellement ce phénomène.