IMMIGRATION RUTHÈNE
enjambent la zone ojréseuse de haut relief qui se dresse entre la plaine de Hongrie et la Boukovine, arêtes parallèles où quelques sommets, saillant au dessus du socle cristallin, culminent, comme le Pietriosu, jusqu'à 2.300 mètres; par endroits émergent des pâtés trachytiques, comnHi les monts de Viliorlat. Ce sont des montagnes aux halliers profonds, mais que dévêtent à la longue les troupeaux errants des Valaques et des Ruthènes.
Ceux-ci ont pénétré par les fissures dont la chaîne est percée. Mais depuis quand? La tradition veut qu'ils aient cheminé avec les Magyars en partance vers lOccident, et qu'ils les aient joints à Kiew^ Ils viennent en effet de Russie, comme l'indique leur nom. Mais s'ils avaient été les compagnons des premiers immigrants magyars, ces Russes n'auraient pas été des Slaves; car, à celte date, ce vocable de Russe désignait encore, semble-t-il, des Scandinaves : la slavisation des Russes n'était pas encore en voie. Il est plus probable que les Russes, Ruthènes ou Russines, appelés en Hongrie Oroszok, s'introduisirent par détachements successifs; qu'ils furent, comme mercenaires, postés d'abord à la frontière "^ ; en 1340, sous le règne de Louis P"", un prince lithuanien, Theodor Koriatowicz, chassé par une guerre civile, franchit les Carpathes avec une troupe de Ruthènes, et reçut Munkacs oii il fonda un couvent qui fut jusqu'au milieu du xvii^ siècle un foyer du culte grec orthodoxe.
Les Ruthènes continuèrent longtemps à vaguer, ne renonçant pas volontiers à l'existence nomade: au xviii" siècle encore, quelques bandes vivent sous la tente; cependant ils se vouent à l'agriculture dès qu'ils peuvent se substituer aux Réformés allemands, forcés d'émigrer, ou se mêlent à eux en les convertissant à leur foi et à
d'Ungvar ; il se produit une pénétration iinguisticiue. OlaT Broch, Studien von der slovakisch- Ideinrussischen Sprachyreiize im ostlic/œn L'ngavn (Skrifter udgivnc af \ idensivabssclskabet i Christiania Hist. filosolisk Klas.se, 1897, n» ii, ,76 pages, carte on i.-ouleur hors texte). Broeh signale des Ougrorusses.