Czoernig. II. ji
390 TRANSILVANIE. — LES SAXONS
— fut amené dans la vallée de l'Aluta, pour surveiller le défilé de cette rivière à travers les Alpes de Transilvanie ; cette contrée s'appela, par un jeu de mots histotoriquement consacré : Das alte Land. L'administration en fut donnée aux chapitres de Hermannstadt, Leschkirch et Schenk; le premier reçut même l'immunité. — En 1211, André II concéda aux Chevaliers Teutoniques un « désert » * à la limite de la Roumanie (Moldavie actuelle), le pays de Borza ; la garde des pas d'Oitoz et de Tômôs leur était confiée, avec permission de construire des bourgs fortifiés "^ Kronstadt fut la métropole du Burzenland, que l'Ordre Teutonique perdit au bout de quelques années, par suite de démêlés avec le roi. Enfin, dans les hautes vallées du Szamos et du Maros furent campés d'autres pionniers, peut-être des Saxons de la Zips, déjà familiarisés avec le métier de mineur; leur centre fut Bistritz, en allemand Nosen, d'oij le Nôsnergau ; ce troisième essaim était moins compact que les deux autres et dispersé par petits paquets.
Cette colonisation était avant tout stratégique : c'est pourquoi on ne laissa pas les individus s'égrener dans ces solitudes ; on les aggloméra dans des villages et chacun fut pourvu de son lot; ces villages eux-mêmes furent groupés en un ban. Eu fin, les trois morceaux de terres saxonnes furent réunis par André II en un corps politique et dotés de privilèges qu'énumère la lettre de franchise de 1224. Le peuple saxon ne dépendait que du roi, représenté par un comte ; il ne devait au souverain que l'impôt foncier et un contingent armé ; il élisait ses juges et ses clercs. C'était donc un peuple d'hommes libres, députant à la Diète hongroise au même titre que la noblesse de Hongrie.
Celles des communautés saxonnes qui ne périrent pas sous la dévastation mongole refleurirent avec plus de
l.Te desertum aurait déjà, selon lorga, renfermé des établissements roumains (Hist. des Roumams l, p. 50-65) .
2. Franz Zimmermam, Zur siebenburgisch-deutschen Geschichtschreibunrj, besonders uber die Besiedlungsfrage\^\i\X. Instit. Qesterr. Gcschichtslorschung, VI, lirganzungsband, 1001, p. 719-38).