‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 302 sur 375 · LA NATION SAXONNE · texte numérisé non relu

LA NATION SAXONNE

vigueur une fois l'orage passé. Leur prospérité qui atteignit son apogée au xiv" siècle excila la convoitise non seulement des pâtres et brigands valaques qui rôdaient alentour, mais encore el surtout des nobles ; elle fut non moins gravement menacée, dès le début du xv*" siècle, par les irruptions turques. Du même coup, leur nationalité fut en péril ; des Valaques se fixèrent dans des cantons où le Turc avait fait le vide, les Hongrois ébranlèrent dans quelques cités la suprématie de la classe dirigeante. Les Saxons maintinrent cependant le prestige de «l'Université » de leur nation; la Confession d'Augsbourg qu'ils adoptèrent fut pour eux comme un symbole ethnique et national, tandis que les Hongrois embrassaient le calvinisme, que les Szekler restaient fidèles à l'Eglise romaine et les Valaques au rite oriental. C'est aussi au nom de leur conscience allemande qu'ils se dévouèrent à la cause de Ferdinand d'Autriche contre son compétiteur Zapolya, le candidat des Hongrois. La séparation de laTransilvanie d'avec le royaume de Saint Etienne, l'avènement de dynasties indigènes les livrèrent à leurs ennemis: dès lors ils s'entendirent traiter d'intrus, recueillis par la grâce des Hongrois, de ramassis de cordonniers et de tailleurs, et non de soldats. Jésuites et nobles exploitèrent contre eux l'antipathie de races. « L'Université » des Saxons ne connut plus guère de beaux jours ; Joseph II, sans égard pour leur inébranlable fidélité à sa Maison, abolit leur statut et les réduisit à la condition de simples sujets autrichiens; et après lui, leur autonomie restaurée fut singulièrement amoindrie. En effet, répudiant le souvenir des anciennes unions, Hongrois et Szekler, à la Diète de 1790-1791, substituèrent le vote par tête au vote par curie ou nation, procédure qui mit les Saxons en minorité, et leur enlevèrent le droit exclusif de propriété et de bourgeoisie sur le « Sachsenboden )),cequi facilita la pénétration d'éléments étrangers. C'étaient les premiers succès de la magyarisation qui dès lors se donna carrière, et que son court triomphe en 1848 — l'incoi'poration de la Transilvanie — ne fit que stimuler. Mais du même coup l'esprit national des Saxons se retrempa dans celte crise : leur littérature,

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