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LES SAXONS ET LA MAGYARISATION

un journal roumain poursuivi pour crime de lèse-màgyarisme, sa compétence fut abolie, et le ressort subordonné à celui de Kolozsvar (Klausenburg) déjà tout magyarisé ; l'autorisation fut refusée à une association de cultivateurs allemands, etc. Malheureusement pour eux les Saxons avaient gâté — comme les Tchèques — leur propre cause par leur désunion ; ils s'étaient fractionnés en deux partis, lun, modéré, opportuniste, dirait-on, assez disposé à s'entendre avec les Hongrois, par opposition au parti démocratique et populaire, intransigeant sur le droit national, avec le mot d'ordre de s'abstenir de toute participation à la vie politique de l'Etat hongrois \ En 1890, un rapprochement fut tenté, et du Congrès national [Sachsenfag] de Hermannstadt sortit un programme commun. Tout d'abord, les Saxons affirment leur attachement au Compromis de 1867, dont ils sentent tout le prix, et se refusent à relâcher le lien avec l'Autriche, tandis que le parti national magyar veut le couper ; ils affirment non moins résolument leur désir de travailler à la prospérité de l'Etat hongrois, à condition que cet Etat ne les traite pas en citoyens de deuxième classe, et se garde de toute intervention dans la vie confessionnelle et scolaire ; ils reconnaissent le magyar comme langue officielle, mais réclament le respect de l'idiome anccstral ; enfin latitude est laissée aux députés de se mêler ou non aux groupes du Parlement sur la base du Compromis de 1867. En somme, c'étaient en sauvant la face, le ralliement et la sujétion.

Il n'en est pas moins vrai que les incertitudes et dissensions des Saxons ont favorisé en quelque mesure les empiétements des Magyars. Ceux-ci enregistrent avec fierté leurs gains continus.

Dans les comitats oii l'allemand se prévaut encore de sa consistance, le magyar ronge et s'instille, si l'on ajoute foi aux opérations de l'arithmétique officielle :

1. Schwicker, p. 458, en sa i|ualité de porte-parole du parti gouvernemental (les Reyierungssachsen, critique cette attitude et cette politique stérile, V. du nirnic auteur : l)as neiie politische Programm der Siehenhurger

S<irhf:<;> (llis.'iv Zcil. |S!I(I. '2' vol.). ' '

394 TRANSILVANIË. — LES SAXONS

Langue maternelle en pourcentage de la population totale.

COMITAT ALLEMANDE ROUMAlNIi MAGYARE

leoT^mo Î9oo"l^ î9oo"l^

Bestercze-Naszôd. 21.9 20.0 69.1 68 5 7.1 8.4

Bràssô 30.8 29.2 35.5 34.7 32.6 35.0

Nagy-Kiikûllô . . 42.5 41.8 42.6 40.6 H 8 12.4

Szeben 28.7 28.1 65.2 64.3 4.9 5.7

Cependant le nombre absolu des Allemands, dans les deux derniers comitats, celui des Roumains dans les comitats de Bestercze-Naszod et Szeben accuse un gain.

L'accroissement de population de chaque groupe linguistique se chiffre ainsi (en pourcentage) entre les deux derniers recensements.

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