PROTESTATIONS ROUMAINES
véritable congrès national, ofi siégèrent, à côté des Roumains de Transiivahie, ceux du Banat et d'autres régions hongroises. Le programme reprit, sur un ton un peu plus élevé que jadis, le thème de l'égalité politique et de Tautonomie. L'antienne, si souvent proférée, échauffa les oreilles des gouvernants, et dès lors, tout crime de lèsemagyarisme. toute expression offensante contre les agissements gouvernementaux furent impitoyablement poursuivis : les Magyars se défendirent à coups de procès de presse et de tendance \. contre des journalistes d'abord, et finalement contre le peuple roumain lui-même, dans la personne de ses délégués élus. La conférence de Sibiu, en janvier 1892, avait décidé d'en appeler des abus de pouvoir de l'Etat hongrois à l'Empereur Roi, prolecteur naturel de toutes les nations de son Empire. Le Mémoire du 26 mars 1892 exhalait les griefs longuement amassés, protestait contre lincorporation de la Transilvanie, qui avait été opérée sans l'aveu des Roumains, dans une Diète illégalement constituée ; contre les lois d'exception, qui mutilent ou annulent leur suffrage; contre leur exclusion des fondions publiques, la violation des libertés municipales, scolaires et confessionnelles, etc. '.
Et tout en affirmant leur désir de vivre en bon accord avec leurs concitoyens, et de travailler au progrès de la patrie commune, les Roumains déclaraient que dans l'état actuel, où une politique irrétléchie, égoïste, avait mis aux prises les peuples les uns contre les autres, le calme ne pouvait être ramené que par lintervention salutaire du souverain. Ce manifeste fut porté à Vienne par une députation que François-Joseph, à l'instigation du ministère hongrois, refusa de recevoir ; les signataires furent impliqués dans un procès monstre qui dura dixhuit jours (mai 1894) et se termina par la condamnation des plus marquants ^ Etait-ce là un acheminement