En allemand, llermannstadt : en magyar, Nagy Szehen
3. Les ouailles orthodoxes roumaines avaient des pastcmrs serbes, (i('sintércssés de la question nationale, sinon hostiles. Or dans le Banat nirme, les Serbes étaient en minorité. Le gouvernement de Vienne attisait les jalousies tliéologiques et poiiti([ues.
4. .\n(lrassy présenta l'incorporation de la Transilvanie à l'Etat transleitlian comme une nécessité de retenir les Roumains de la monarchie dans l'obédience, depuis la formation du royaume de Roumanie.
408 TRANSILVANIE. — LES ROUMAINS
magyars en absorbent 23; les 11 comilats roumains se partageaient les oO autres, et encore sur les 36 sièges qu-i proportionnellement devaient revenir aux Roumains, 22 furent habilement ménagés à leurs adversaires. La procédure était calculée de manière à fausser le suffrage : 1 électeur émettait son vote oralement, à haute voix, et cela devant un bureau de fonctionnaires magyars; le procèsverbal était rédigé dans la langue officielle ; le paysan intimidé n'osait s'attiier les disgrâces administratives. Les voix roumaines furent donc rares et isolées a« Parlement. La législation scolaire suscita des alarmes et des rancunes non moins vives'. Toutefois elle fut subie d'ubord avec résignation. Les Roumains ne prirent pas dès le début une attitude de déli et de combat. Sous l'influence de leur métropolite orthodoxe Schaguna', le mot d'ordre avait été « patience » ; et quand la patience fut à bout, cet homme d'Eglise avait répondu aux doléances de ses compatriotes par ce mot désespérant : flere possein, sed juvare non. A ses yeux d'ailleurs, l'organisation ecclésiastique symbolisait et fixait le statut nationar\ Alors entra en scène le parti de l'action, d'inspiration plus populaire et moins diplomatique, dont les promoteurs furent Vincent Babes, plus tard professeur à Bucarest, et Georges Baritsiu, un des historiens de sa nation *. Quelques journaux furent lancés. Mais la masse semblait frappée d'atonie ; car, en dépit des mesures vexatoires de magyarisation, l'Eglise répugnait à se brouiller avec les pouvoirs publics ; tout au plus se ralliait-elle à l'idée d'un parti constitutionnel qui respectait « l'état actuel de droit*' ». Toutefois une « Conférence » nationale fut tenue à Sibiu en mai 1881,
1. La loi Tréfort, du nom du ministre qui en fut le promoteur (1897), obligeait les instituteurs à se rendre maîtres de l'idiome magyar, de manière à enseigner en cette langue au bout de si-t ans.
2. Joan Slavici (Die Vôlker, VI, p. 208 et suiv ) présente une apologie de la politique de Schaguna et se montre assez animé contre lautre parti roumain Le volume a paru en 1881. Depuis cette date. 1 auteur, devenu directeur de la Tribuna de aibiu, a paru accentuer son opposition à l'égard du magyarisme.