TYPE ET HABITAT DES SLOVÈNES
de la langue sacrée \ Cependant, une réaction s'annonce contre la tendance à Tisolement ; la conscience de la nationalité slovène se réveille à l'appel des frères plus nombreux et plus forts qui travaillent à relever le nom Slovène'.
Par le type, les Slovènes hongrois ont conservé leurs affinités avec ceux de leur race. Assez trapus en montagne, plus élancés dans le plat pays, ils ont le teint ocreux, les cheveux clairs, avec les yeux bleus ; le nez, souvent camus chez les femmes, ne nuit pas, dit-on, à leur beauté ^
En Hongrie, les Slovènes sont confinés dans deux comitats : celui de Zala, où ils occupent surtout le district de Alsolendvai; ils y cohabitent avec des Tsiganes, en tout un peu plus de 21.000; et de Vas (Eisenburg) au nombre d'une quarantaine de mille, dont la majorité dans le district du (( coin de la Mur )>, Muraszombat, et une dizaine de mille dans celui de Saint-Gothard.
En Croatie-Slavonie, ils sont dispersés par toutes petites fractions, un peu partout dans les villages de population très mélangée \ Ils ont cependant conservé leur individualité ; ils ont un dialecte bien distinct, employant le mot kaj (quoi?) au lieu du sto des Croates et Serbes, d'où le surnom de Kaijkavci ; une littérature où brillèrent Miklo-
d. Le vieux Slovénie serait, d'apx'ès Kupilar ul Miklosicli, la langue liturgique des Slaves en laquelle les livres saints lurent traduits primitivement. D'autres savants, dont Salairk, ont identifié le slavon liturgique avec îe vieux bulgare. Mais les Slovènes de l'annonie fondent leur prétention sur un manuscrit de Freising du x» siècle. M. Louis Léger [Cyrille et Méthode, Étude historique sur la conversion des Slaves au christianisme, Paris. Franck, 1867, p. 200-o) se prononce d'une façon moins décisive.
2. En 1900, sur les 60.000 wcndes, c'est à peine si 20.000 étaient enregistrés comme parlant aussi le magyar (Dénombrement. Nouv. Série, 5° vol. 1U07, p. 2t(j.)
3. lielloszic, Die Wendeu. iin Zulaer und Eisenburger Coiritat O. U. M.. Ungarn IV, p. 259.
Dans le bassin du lac Balaton, les Slovènes semblent s'être fondus lans la population magyare. Mais l'idiome garde des traces de leur vocabulaire, plus sensibles encore dans la toponymie (Geza Gzirbus, De la vie du peuple aux environs du lac Balalon. .Vbrégé liuUet. Soc. Géogr. hongroise, xill, 1885, p. 71-6).