‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 330 sur 375 · DI^CEPTION DES SERBES APRÈS LE CO-VPROMIS · texte numérisé non relu

DI^CEPTION DES SERBES APRÈS LE CO-VPROMIS

hongrois. Les Serbes, dès lors, se sentirent abandonnés par l'Empereur. Ils crurent trouver leur sûreté et leur félicité, dans les cadres de l'Etat où ils étaient enfermés. Ils se fiaient à la Hongrie libérale et constitutionnelle, pour se grouper sous son égide, en une voïvodine autonome, avec son chef, son patriarche, sa langue, son écriture cyrillique, selon les vœux formulés au congrès national périodique de Karlovci. Ils crurent dans leur simplicité qu'une Serbie hongroise llcurirait le jour où la Hongrie jouirait de la dignité souveraine. C'est pourquoi les jeunes Serbes saluèrent avec joie le Compromis, fraternisèrent de tout cœur avec les Magyars qui- exploitaient cet enthousiasme \ qui ne se formalisaient pas de l'envoi d'une députalion, avec les autres Slaves de la monarchie, à l'Exposition ethnographique de Moscou, ni de l'affiliation de la jeunesse à VOmladhia. Mais le Compromis fut fatal aux nationalités non magyares qui, par leur dissensions intestines, favorisèrent les entreprises de leurs dominateurs. Ainsi la Jeune Serbie, en même temps que contre les Magyars, avait à lutter contre la Vieille Serbie, c'est-àdire contre l'influence ecclésiastique -, à prendre en mains et laïciser '^ la gestion des fonds nationaux, à vivifier d'un souffle plus moderne une nation arriérée. Outrela législation qui attentait à l'intégrité de toutes les nationalités sujettes, un coup très sensible fut porté aux Serbes quand les Confins militaires furent, à partir de 1871 ', transformés en territoires civils, à la merci des fonctionnaires magyars. Un autre déboire, plus amer peut-être, a touché

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