L ILLYRISME ENCOURAGE PAR LA COUR DE VIENNE
que leur but est de se détacher de la Hongrie et, en s'unissant à d'autres nations slaves, de former un grand royaume illyrien^ ».
L'évocation du spectre russe, du panslavisme, troublait** la chancellerie autrichienne ; si bien qu'au début de 1843, l'Empereur Ferdinand avait ordonné la suppression des mots : illyrien, illyrisme, lllyrie, dans les feuilles publiques, les livres, renseignement. Le mot disparut, l'idée ne périt pas.
D'ailleurs c'était une concession de forme aux Magyars. On continua donc à encourager tout bas cet illyrisme que l'on condamnait tout haut-. Les fonctions de ban furent données à un illyrien ardent, l'évèque de Zagreb, Haulik ; les vœux de séparation d'avec la Hongrie furent accueillis. La fureur des Magyars, attisée par les doléances des magnats croates hostiles à l'illyrisme, grandit encore contre l'Autriche. En réalité, les Magyars étaient fort inquiets ; ils sentaient que la cause illyrienne était gagnée devant le tribunal de l'opinion libérale en Europe*. Ils avaient beau persifler le caractère artificiel de l'illyrisme, et de sa langue, inventée par des érudits, éclose en serre chaude ; ils appréhendaient qvie l'Autriche ne réalisât à son bénéfice Tidée illyrienne; qu'elle ne fît de 1 lllyrie, selon le rêve de Joseph 11, le noyau d'un Etat où s'agrégeraient les provinces slaves encore soumises aux Turcs ; Etat « par lequel l'Autriche pèserait sur la frontière méridionale de la Hongrie comme elle pèse déjà sur la frontière du nord par la Moravie et la Galicie ».
C'est au milieu de la fièvre des esprits que la Révolulion de 1848 fit explosion. Les Croates, milices des Con- -^ fins et volontaires, se jetèrent avec entrain contre les Magyars : et de même que l'illyrisme avait trouvé son