MOYENNE SERBES GRECS ORIENTAUX
1. L'augmentation des Slovaques et Tchèques ressort dans lavant-dernière décade à près de 'Op. 100; celle des Ruthènes à 27p. 100. De 1900 à 1910, les Slovaques seuls se sont renforcés de 23 h 24 p. 100, ce qui ne représente d'ailleurs que 4.000 unités (l'efloctif s'élève à 21.000). mais dans presque toutes les localités sont signalés des Slovènes, Polonais, Tchèques. (Recensement de 1910, p. 4t)0 et suivantes.)
2. Les Allemands ont perdu de 1900 à 1910 plus de 2.000 cong(^nères. La croatisation des écoles dans les communautés allemandes se poursuit énergiquement et provoque les plaintes des intéressés. .\. Lutz, Die Ausrottung der deatscken Vollxssclialen in der Kôniglichen Freistadt Esseg und iti der Virovititzer Gespanscha/'t t Kroatien-Slawonien] in den letzten drei Jahzehnten (i). Erde SAl. 1913. p. 2u7-2IO', avec planches hors teïte. Cf. R. Kaindl. ibid.. p 62, avec 2 pi., vues photographiques hors te^te).
3. L'Eglise orientale a gagné plus de néophytes que l'Hglise latine, 2.300 de 189(3 à lull, tandis que le catholicisme n'a reçu que 1.509 convertis. Ln juillet 1912, l'autonomie de l'Église serbe a été abrogée.
LA RENAISSANCE INTELLECTUELLE 4b3
Les Croates ont une vie intellectuelle ; les lettres et les arts se sont mis au service de la patrie et n'ont pas le droit encore d'être désintéressés ; l'épopée classique des Croates, Cencic Aga, du poète Mazuranic, les romans historiques de Senoa, ressuscitent le passé de la Croatie.
Mais la Renaissance a été laborieuse. Strossmayer et Racki lancèrent dès 1860 l'idée dune Académie, foyer de pensée et de science yougo-slave. Cette ambition fut mal piise à Vienne oià les tendances fédéralistes étaient suspectes; en Cro<ilie même, les philologues de la stricte observance et de l'orthographe traditionnelle combattirent le projet que les Serbes avaient accueilli avec défiance. Il fallut sept ans pour constituer l'Académie de Zagreb. Mais à l'appel et à l'exemple de l'évoque de Djakovo, les subventions des patriotes affluèrent. Le ban Khuen- Hedervary, exécuteur de la politique magyare, suscita des difficultés à la compagnie, interdit un congrès des littérateurs yougo-slaves et fit annuler l'élection de Racki, porté pour la 7" fois à la présidence (1888) '.
C'est dans le même esprit slave que fut organisée en 1874 l'Lniversité : Racki recruta des professeurs tchèques et correspondit dans ce but avec Rieger^.
Ces institutions, d'autres encore comme la Matica hrvatska, alimentent l'énergie morale et éclairent la conscience de la nation'.
Mais sous quelle forme l'idée nationale des Croates prendra-t-elle ligure? Sera ce le pancroalisme, c'est-à-dire un Etat exclusivement croate et catholique? Sera-ce une fédération yougo-slave, selon la vision vaste et généreuse de l'illustre évèque de Diakovo ? Sera-t-il praticable, dans cet Orient où le credo national et le credo religieux se confondent, d'abriter au sein d'une même formation