CHAPITRE XV LES TSIGANES
Presque tous les peuples de Hongrie ont un état civil régulier et se réclament d'un droit historique plus ou moins fondé. Il en est un toutefois qui manque de titres et qui s'en passe : c'est celui des Tsiganes. Les Tsiganes ne sont pas une horde vagabonde et clairsemée : c'est un groupe de 280.000 individus, dont la fonction sociale, dans l'économie de l'Etat hongrois, est encore, il est vrai, très basse, presque inutile et souvent même nuisible à la communauté.
Les Tsiganes — c'est le nom qu'on leur donne en Hongrie et qui a fait fortune ailleurs — forment une race mystérieuse dont les origines et la langue ont provoqué des controverses qu'il n'y a pas lieu de rappeler ici. C'est au xiv" siècle qu'ils s'infiltrèrent en Hongrie, par les passes des Alpes transilvaines ; les bandes, sous la conduite d'un « duc » ou « Yoïvodc », s'ébranlèrent de la Valachie où elles avaient longtemps séjourné, sous la poussée des Turcs. Elles furent accueillies d'assez bonne grâce : car ces immigrants excellaient dans le travail des métaux,
1. .1. II. Schwii-krr, Die Ziyeaner in Unqani andSiebenhiirycn (I)ic NTilkcr, Yul. XU).
Lu l)f Wcisbacli (Mitth. Anthiop. Ges. Wicn., 1889, t. XIX) a noie les traits anthropologiques do o2 soldats tsiganes, de 21 à 23 ans. 11 constate (ju'ils ont le type loncO, 33 les cheveux noirs, 48 les yeux foncés; chez tous la peau est brune ou olivâtre. Leur taille moyenne est de l°',6.oo, supérieure à celle des Magyars (1,040), des Roumains (l.63i)), des l'olonais [i.^'l'l]. L'indice céphalique ressort à 7'J,7, c'est-à-dire tient le milieu entre la bi'aidiycéphalie et la mésocéphalie. Nous omettons d'autres caraclèi'os anatomiques. On trouve dans cette étude d'intéressantes comparaisons entre les Tsiganes i.'t les i)oi)ulatiuns actuelles de ritidnuslaii , qui aidei'ont à édaircii" le problème des origines.