‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 358 sur 375 · ROLE DES TZIGANES · texte numérisé non relu

ROLE DES TZIGANES

a condamnés au régime sédentaire, sous la tutelle des seigneurs terriens, semblent avoir dégénéré et s'être abêtis! Ils vivent dans une misère sordide. Les nomades ont conservé, en rôdant par les campagnes, en essayant des coups de mains, « l'audace, l'énergie et du même coup la beauté S). Le Tsigane développera-t-il ses qualités — car il en a — au service de sa patrie? Jusqu'ici il n'a pas été pour elle un élément de prospérité, mais plutôt un article de luxe et de fantaisie. La Hongrie cependant lui doit une part de sa vie et de sa gloire artistique; le Tsigane n'estil pas l'interprète de la musique nationale; et n'est-ce point par lui que s'exhale et que chante au dehors l'àme du peuple magyar?

La Hongrie a aussi un petit essaim d'Arméniens réfugiés de Moldavie au xvif siècle. Schismatiques, ils adoptèrent tout aussitôt le catholicisme, sous l'impulsion de leur évêque : en récompense on leur bâtit une ville, Szamos Ujvar, qui date du début du xviii^ siècle, et devint ainsi qu'Ebesfalva (Elisabethstadt), ville libre hongroise. Ils ont oublié leur idiome : en 1900, c'est à peine si 260 le confessent encore. Mais ils ont gardé leur type. M. Recouly les montre boutiquiers d'une obséquiosité tout orientale, femmes d'un embonpoint exagéré.

Les 3.000 familles installées par le prince Michel Apaffy sont réduites, dans le recensement de 1910, à 1.100 à Szamos Ujvar, partagés entre catholiques, latins et grecs, et 76 dans la ville même de Kolosvar. « Ces Arméniens parlent hongrois et sont de bons patriotes magyars » -.

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