‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 36 sur 375 · Ein Unicum (Mayrhofer, p · texte numérisé non relu

Ein Unicum (Mayrhofer, p

VALEUa POLITIQUE DE L r.WG.l.YG>SP/î.iCi2£ 23

objectent que les populations n'entendraient rien à ce concept abstrait et confus; que cette sollicitation de la conscience nationale, encore endormie chez beaucoup, provoquerait plus d'agitations encore et de conflits ; qu'elle répugnerait aux ouvriers, socialistes et syndicalistes * ; qu'enfin elle autoriserait les fraudes et pressions des comités comme de l'administration. Comme dans tout plébiscite, l'ingérence officielle a beau jeu, surtout quand le plébiscité ne comprend pas toujours la nature et la portée de la question, quand par lâcheté humaine, pour la sauvegarde de ses intérêts matériels, il se range au parti le plus fort, quitte à cultiver sa nationalité dans le secret de son cœur -.

Peut-être la politique autrichienne a-t-elle quelque raison de maintenir l'équivoque linguistique : elle a cette subtile intuition que V lungangsspracJie , adoptée même avec répugnance, exerce à la longue son emprise sur l'individu, lui instille les idées du milieu où il vit ; et de la sorte les minorités, les enclaves étrangères finiront par s'assimiler à la masse qui les enserre et les pénètre. Elle prépare ainsi la formation de groupes homogènes et d'une teneur géographique, cadres d'un futur Etat fédératif. Thèse spécieuse à coup sûr, mais à laquelle les nationalités refusent de souscrire et de se sacrifier. Aussi contestentelles à l'envi les chiffres du recensement.

1. Ibid., p. 19:2. .Assertion hasardijc : le Congrès sofialistc do Vienne en 1897 a décidé que le parti serait divisé en cinq groupes autonomes : allemand, tchèque, polonais, italien, sud-slave. .^\x Congrès de l'JU, on a vivement disputé à propos de la fédération socialiste tchèque et du séparatisme dans la social-démocratie. Le syndicalisme donne le spectacle de la même scission en comités nationaux; ainsi dans ces dernières années les syndicats tchèques de la liasse-Autriche ont voulu relever du Comité directeur de Prague en se séparant du Comité viennois.

2.Czœrniglc iils{Die ethnologischen Verhàltnisse desœsferr. Kiistenlandes, Trieste, Schimpf, 1883, p. 8) cite un cas curieux entre mille de cet abus. Près du lac Cepieh, en Istrie, une population roumaine de race, qui adopte, il est vrai, le croate, a été attribuée d'ot'tiee par' les agents recenseurs à la nationalité italienne pour grossir le chillre du contingent italien de la province.

Depuis lors les griefs ont pullulé. Outre les journaux, articles de revues, libelles, il suffit de parcourir l'Index des débats parlementaires, sous la rubiique ]'ol/;sz(ïldang, la plus fournie de ce document avec celle de S'alio- , nalUdten-iind Sjjrachen/'rage, pour se faire une idée des procédés de recensement.

Si donc l'on ne manie pas sans défiance les données que livrent les documents officiels, on concédera cependant que les pratiques des agents recenseurs n'ont pas altéré, dans leur portée, les résultats généraux, les seuls, à vrai dire, dignes de nous occuper ici \

Le nombre des sujets autrichiens indigènes étrangers non compris) ressort, d'après le dénombrement de 1910, à près de 28 millions (27.963872)-. Ce total se décompose en

Allemands 0,950,266

Bohèmes, Moraves, Slovaques 6.435,983

Polonais 4,967,984

KuUiènes 3,jl8,8o4

Serbes et Croates 783,334

Slovènes 1,252,940

Roumains 275, lia

Italiens et Latins 768,422

Magyars 10,974

i. Die Ergebnisse der Volkszàhlunfj vom ol december 1880, 1890, 1900, 1910, indenim Reichsrathe vertretenen Kônigreichen und Làndern (Oesterr. Statistik, ol. ':<, lasc. 3 ; vol. .^2, lasc. 1 ; vol. ly'A, l'asc. 1 et i; et .Xouvelle Série, vol. I). l'our le détail, il faut consulter les Spezialoiisrepertorien des divers KrunUinder de la monarchie : le relevé de la population d'après la langue usuelle y est donne pour chaque localité ; c est en comparant ces documents d un recensement à l'autre que l'on constate la fluctuation des limites linguisti([ues.

Les mêmes données à peu près se retrouvent dans le Gemeindelexicon dey iiii Rcic/tsrate vertrtfenen nônigreiche und Liinder (publié aussi par la Commission centrale de statistique, imp;imerie de la Cour et de lL.tati.

cartes : lb Munnier, Àjjracitn-.artt cuii Utsterruick-L nyurn, ijl,Oui;,0''0 ( ienne, holzel, i 8.), portant toutes les localités, et représentant avec soin les ilôts linguistiques.

Du môme : carte 1j du Physihalisch-slalislischer Allas von Oesterr. Vngarn avec texte. La clarté de cette carte est compionuse par la préoccupation de tracer tous les contacts et enchevêtrements des langues.

Hcld, Sprachen/iurte der uesUichen Kronlàndtr vun Oeslerrtich nacli dem Ztnsus von 188 j, 1,1,.jUO,ouo. (l'eterm. Mitth., 1887) avec texte.

Les recensements de L»uu et de l'.<lo contiennent une carte : Die Vertheilung der Lmyunysspracli&n in den lierichlsbezir/.en der im lieielisr'ath vertrettnen kôniyrtic/ie und l.ander nach dtn Ergtbnissen der VolAszdhlung Vum -A deceinber l9oo, 1/1, h o.Liuu (en iJ leuilles). L.elle image adrainistratikc est corrigée par la notation précise des minorités.

Un consultera aussi Hic .tnanns ïu^çm^nuUas vm Oeslerreich-Unyarn ( ienne .;t Leipzig, i-re^tag et llerndt;, qui renierme la caite « des nationalités et langues » par provinces.

i. Ce dénombrement ne porte que sur la population présente.

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