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GROUtËS ETHNIQUES 46l
Herzégovine, soient de souche roumaine; la toponymie trahit aussi le passage ou la colonisation ^
Aujourd'hui des essaims, soit de Valaques de Macédoine, soit de Morlaques, subsistent; on en a récemment compté une douzaine et demi^, sans en indiquer reiïectif-.
Les Morhiques ou Karavlaques parlent un idiome très mêlé de roumain; mais on les considère comme des Tsiganes. Ils sont chrétiens, et se distinguent par là de leurs congénères musulmans.
Les Tsiganes musulmans sont venus de Vieille Serbie et de Grèce. On les divise en deux groupes. Les Blancs, sédentaires, civilisés, se sont croisés avec les indigènes dont ils ont adopté la langue. Les Noirs, ou Tsiganes de tente, nomadisent encore, exerçant le métier de chaudronniers, maquignons, surtout de voleurs. Us sont sveltes, fins, foncés jusqu'à l'iris, avec crâne allongé, tandis que les Blancs sont massifs, avec la figure aplatie et la tête ronde. Les Noirs sont des musulmans peu fervents; leurs femmes ne se voilent pas; seuls ils méritent encore le qualificatif de tsigane ^
La Bosnie compte aussi une petite colonie de Juifs Espagnols, sephardim, introduits depuis le début du xvu" siècle, de Constantihople, de Salonique et môme de Padoue et Venise, gens de petite taille (1™,64) et d'apparence chétive, avec le type sémite prononcé. On en a dénombré un peu plus de 8.000; les autres Juifs sont 3.650. Les Sephardim ont leur parler officiellement reconnu, sous le terme spaniolisch.
1. Jevto Dedijer. Die alten Uauernfamilieii in der Herzègovina (Wiss. Mitth., XI, J909, p. 377-80).
2. Teodor Filipescu, Coloniile Romane clin Bosnia. Studiu etnografic si antroporieografic . b^ditiuiiea Academiei Romane (Bucuresti Instit. de arte gralicc « Carol GôU », l'JUti, 310 p., '20 fig. dans le te.ïte. Carte hors te.xto à 1 : l.^OO.OOO"" ). Reproductions de types humains, de maisons avec plan.
3. Leopold Gliick, Zur physisclien Anthropologie der Zigeuner in Bosnien und der Herzègovina. (Wissenschall Mitth., V, 1897, p. 40d-33, avec iO lig. dans le texte, ti pi. hors texte).
Le recensement porte une rubrique pom- la langue tsigane, que o. 419 personnes ont indiiiuOe comme langue maternelle en i^HO {Vie Hrgebnisse der Volkszdhtung in Bosnien und der Herzègovina vom 10 0/,tober 1910, zu.sammengestellt vom Stat. Département der Lundi-siegicrung (Sarajevo. Land(.'.>(lruckerei, 1912), (). 1.
Ce milieu fermé aux influences étrangères qu'était là Bosnie était destiné au rôle de conservatoire de la langue populaire ; l'aristocratie même, tout en embrassant l'islam, resta fidèle au parler ancestral, de sorte que quand se oréa une littérature sud-slave, c'est dans ce vieux trésor qu'elle puisa les éléments, les formes, les images de son expression et de son inspiration : ce n'est pas à sa seule pureté que le bosniaque doit cette fortune, c'est encore à son harmonie ^
Le bosniaque a-t-il gardé son unité? Il connaît des divisions et variétés dialectales, mais fondées sur le- plus singulier principe en cette matière, sur le principe confessionnel'. Les catholiques, en effet, appellent leur idiome croate, les orthodoxes déclarent user du serbe; et quelques particularités justifient ces distinctions : le son vieux serbe b (barré) se prononce ie chez les orthodoxes, i chez la majorité des catholiques et des musulmans ''; ces derniers presque exclusivement énoncent l'h aspiré, emprunté à l'arabe liturgique.
La rubrique du recensement, qui consomme officiellement la fusion du serbe et du croate, dissimule donc quelques complexités, qui n'intéressent pas que les seuls philologues.
L'habitation dénonce souvent non seulement le rang social, mais la confession de l'indigène. L'abri de la raïa est de construction grossière : c'est une cabane à deux compartiments, la cuisine, koiiça, et la chambre d'habitation, soba; on entre de plain pied dans la cuisine, rarement précédée d'un vestibule '*. La maison du chrétien, le plus souvent en bois, avec un toit de chaume, a gardé sa pauvreté ; celle du musulman a souvent un aspect plus confortable : un rez-de-chausséô en briques ou pierres est
1. Davorin Xcmanic'. 0. U. M., Bosnien und Uerzegovina, p. 37o.
2. Ladministialion de Kallay a tenté d'évoquer ou créer une langue bosniaque différente du serbocroate ; «c singulier essai a échoué (Schmid p. 254).