‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 43 sur 375 · I. — Les austro-allemands · texte numérisé non relu

I. — Les austro-allemands

La colonisation germanique.

Les Allemands se concentrent en une masse compacte qui occupe, à la vérité, plusieurs provinces géographiques et historiques : Vorarlberg et Tirol, les deux Aulriches, Salzbourg, Styrie et Garinthie ; du lac de Constance jusqu'au seuil de la plaine hongroise, dans le sens horizontal; des plateaux subalpins, au nord, à travers l'éventail des chaînes jusqu'aux coupures de l'Etsch et de la Drave moyenne, au sud Quoique ce cadre soit de structure tourmentée; il forme l'armature de l'Etat autrichien, et la population qui en est maîtresse est établie au cœur même de la monarchie; elle commande la grande voie danubienne et les embranchements qui plongent dans les Alpes, réseau merveilleusement agencé par oii pénètre la vie et comme le souflle de l'Europe. C'est ce lieu d'élection qui a longtemps assuré aux Allemands, malgré leur infériorité numérique, la primauté dont ils ont joui et dont ils ne veulent pas encore se croire dépouillés.

Ce domaine, ils l'ont conquis pouce par pouce, sur la nature et sur les hommes. Us ne furent pas les rempla-

1. (ieor/raphificher Jahresberichl aus Oesterreich. Vol. VIII (1910), {Die landeskundticke Literaluv der astevrcichischen KarstUindp.v in den Jahven 1 905-1 'J08).

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çants immédiats des pêcheurs qui bâtirent leurs huttes sur pilotis dans rAttersee ou le Mondsee, ni des sauniers qui exploitèrent d'abord le Salzkammergut, ni des cultivateurs qui sollicitèrent du loss encore vierge des terrasses subalpines ses premières moissons, ni des prospecteurs en quête d'or et de fer, jusque dans les coins les plus sauvages ^ ; mais ils ne trouvèrent pas non plus devant eux table rase. Il semble qu'une race assez uniforme — si l'on en juge d'après la toponymie — se soit ramifiée à travers les ^Ipes ; race dont létat civil reste encore mystérieux, population déjà métissée sans doute' qui subit la domination et la culture des Romains ^

i. Otto Jauker. Bemerkungen zur hislorischen Besiedlung der Alpenund Karstlânder (Geogr. Zeitschr. 1908, p. 198-213, avec copieuses références sur la colonisation des Alpes-Orientales).

2. Cette couche ethnique à laquelle les Romains se superposèrent senihle avoir été composée de Ligures, de Celtes, d'IUyriens et de Rhéticns, ceuï-ci peut-être descendants des Etrusques. L. Steub {Zur Xamen-und Landeskunde der deutschen Alpen. Nordlingen, 188.3 ; Zur Ethnologie der deufschen Alpen, Salzburg, 1887) est un partisan de lorigine Étrusque. Les traces celtiques sont sensibles, mais assez rares. La toponymie l'ournit quelques indications : Danube« rivière puissante »,Traisen« rivière rapide», Vienne (Findobona) « forteresse blanche ». (Goehlert, Ueber Keltische Ortsnamen in Xiederœsterreich Mitth. Geogr. Ges. Vienne, 1869, p. 279-86). Un autour, von Koch-Sternfeld, affirme de l'habitant du Pinzgau qu'il est par les mœurs, les usages, les noms,, frère du highlander d'Ecosse (Schjerning. Die l'inzgauer, Forsch. zur Deutschen Landes-und Volksk. X, 1897, p. 11. Le nommi'me'du Pinzgau serait dérivé du celte Bisontio, Bisonlum). L'on trouve surtout dans les vallées reculées de petits établissements rappelant par leur nom bref et rèche ceux de l'Engadine et des pays rhéUens : Sehletz, Retz, Schleinz, Nursch, Th'ern, etc. Ce seratient des vocables vieilallemands, selon Rudolf Millier. Vorarbeiten zur altôsterreichischen Namenkunde (Bliltter. Ver. Landeskunde Nieder Oesterr. 1900. et communication à Oskar Firbas. Anlhropogeographische Problème aus deni Viertel unterm Manhartsberge in Niederôsterreich (Forsch. Deutsch Landes-und Volkskuade, X\L Bd, 1907, p. oH). 11 y aurait donc eu, avant la venue des Bavarois, des occupants de race germanique, des Quades, peut-être. (Fr. Pichler. Die Xoreia des Polybius itnd jene des Castorius. Mitt. Geogr. Ges. Wien. XL, 1897, p. 651 suiv. où est traitée la toponymie préceltii(ue et celtique. Sur l'élément ligure, voir d".\rbois de Jubainville. Les premiers habitants de l'Europe, 2« éd. 1894, t. Il, p. 68.212.) Emil Frauer. Die Berôlkerungsschichten Rdtiens. (Globus XC'\'I, 1909, p. 76-8) donne quelques noms d'origine illyrienne en Tirol, dans l'Engadine. Tout récemment Richard Braungart a émis la thèse que d'après leur outillage et leur technique agricoles ces peuples alpestres (Boiens, Vindelicien.-;, Rhétiens, Noriques. Taurisques, etc.) non seulement ne sont pas des Celtes, mais sont des Germains primitifs (L'rgermancn) et très « vraisemblablement la souche de tous les Germains » {Die Siidgermanen, llcidelberg, 1914, 2 tomes.)

3. lung, Rômer und Romanen in den Donaulàndern, 2« éd., Innsbruck

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