‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 45 sur 375 · TRIBUS GERMANIQUES DANS L OSTMARK · texte numérisé non relu

TRIBUS GERMANIQUES DANS L OSTMARK

quête (Ybbsbui-o-, Wieselburg, Traisenbiifg, Herzogenburg) ; puis on s'attaque aux forêts qui couvrent le palier subalpin, dès le xf siècle, les religieux édifient d'abord des chapelles; des celles, près des premiers débroussements, et les bûcherons s installent, comme en témoignent les localités en schlag,reut, sc/iwand; puis aux xii^ et xiif siècles, les bois sont abattus pour le travail du fer dont les gîtes sont de longue date connus; les vallées s'animent du bruit des forges et des bocards. Ainsi s'annonce la fortune de l'Aulriche.

La poussée en avant jusqu'à la Leilha et la March, le peuplement intensif ont pu s'accomplir parce que l'effectif des pionniers s'est renforcé : aux Bavarois, qui dominent s'ajoutent des équipes de Francs, de Hessois, de Saxons, de So^abes. L'architecture et les dialectes décèlent celte invasion composite. Mais les Bavarois ont été les plus âpres et les plus hardis : ils ont allègrement gravi les tertres qui hérissent la zone du flysch, planté leurs maisons sur les croupes, tandis que les Francs cheminaient humbletneiit dans les bas-fonds '.

C'est surtout le Bavarois qui a colonisé et germanisé le pays alpestre -. L'Autrichien (Allemand) est un Bavarois altéré surplace par l'isolement dans les vallées, peut-être aussi au contact des anciens habitants.

Ainsi se constitua, par une appropriation laborieuse, le domaine allemand, le Volksboden dans les Alpes ^ Aujourd'hui l'on peut tracer une limite à peu près stable de la langue allemande dans l'Autriche alpestre, limite encore oscillante toutefois, non seulement au gré des con-

1. L'on ilistiiiyuc Irs deux inoJes de colonisalioii aux abords du bassin de Vienne (Grund, p. 80).

2. Krones, p. 447. Job. Sepp Eiii Volk von 11 Millionen oder der Rayeriislamin. Herliunft uiid Ausbreilung ilbev Oesterreick, K'arnthen, etc., Munieli, 1882- (écrit polémique contre Tchèques et Magyars).

3. Voir lirnst liasse. Die BesiedluiKj des deidschen Volhsbodens [Deutsche l'oUtil: \U\. J lleiinulpolilil: Ucil l'.Muiii.di 19U.,). A la tbèse ultra-germaniste de Masse on pourrait opposer la thèse uitra-slaviste de Martin Zunkovic (U'(t7i/t iruri/e Milteh'uropa von den Siaven ôesiedell '.' Beiliag ziir Klàrung eines (ieschickls-unil Gelehrlen h'rtuins. Kremsicr 11)07), qui considère les Slaves comme autochtones ou premiers occupants de ILurope Centrale, il'après 1 indice loponyniique presque exclusivement.

38 l'aUTRIGHE alpestre. — ■ LES AUSTRO-ALLEMANDS

tacts qui rapprochent et contaminent les peuples (cependant sur les frontières règne comme une hostilité instinctive de races qui maintient les distances) \ mais encore au gré des recenseurs. Gzœrnig, Ficker, Le Monnier, Held, Langhans ont dessiné ces contours capricieux, à des dates dilFérentes, qui montrent le déplacement des jalons et repères "^

A Test, les Allemands débordent hors de la Gisleithanie sur les éperons alpestres qui expirent dans la plaine hongroise vers le lac de Neusiedl el le Raab; de ce côté le front de bandière des Magyars est couvert par quelques avant-postes croates. En Styrie el Cai'inthie ils poussent un coin sur les dernières arêtes qui bordent la Mur et la Drave, de Radkersburg à Marburg, puis longent de loin ou tantôt eftleurent le cours de la Drave jusqu'à Klagenfurt, où leur colonie est puissante et fait tache au milieu des Slovènes. En amont ils franchissent la Drave jusqu'à la croupe du Dobratsch qui domine au nord le T3assin de Villach et dont le pied méridional est baigné par le Gail.

Les Alpes Carniques se dressent entre eux et le groupe frioulien et italien, et vers le val d'Ampezzo ils touchent aux Ladins : c'est là la borne du Tiroir

1. Rarement le» démarcations se tracent sur les sailiics ou les bamères du relief ou le long des cours d"eau (Voir la Sprachenkarte von Kârnlen à 1 : 200000 de Martin Wutte (Deutsche Erde, V, 1906, où sont ligurées les limites successives.)

2. Czœrnig, 1, 26. Les Tafeln zur Statistik der Oesterr. Monarchie (S. F. l" vol ) ont donné en 1851 une Xachireisiuig der Becblkerung nachden Sprachslcinimen, base des travaux de Gzoernig et Ficker. — iVous ne nous in({uiétons pas ici des variations locales, conliontées par Schiramcr pour 186'J et 188'J. (Die ein/ieiinische Bev'ôUcerung Oeslerreic/is nack der Umcjangssprache, Stat. Monatsscliril't, 1882, p. lOJ).

3. Outre les cartes spéciales à IWutriclie mentionnées déjà, il n'est pas inutile de consulter la carte de Aabcrt. Karteder Verbreilungder Deutschen in Europci, 8 feuilles à l'échelle 1/D25000, Glogau, 18)1. Cette œuvre, achevée après la mort do l'auteur par Ricliard liockli, a été entreprise sous les auspices du Sc/iulverein (Association scolaire) d'Allemagne ; et de ce chef elle est tendancieuse et suspecte. Kirchholf ( ."erhandl. Geogr. Ges. ilerlin, 1801, p. ;jo8) y voit une expression de ce « chauvinisme anti-scientiliquc avec lequel cette Association exploite son dessein au fond si noble» (Cf. i'etcrm. Mitth., 1802, p. 163, et Lilterulurbericht n" o27).

La carte de Kiepert [Verbreitang der Deutschen in Europa, 1/3.000.000», Berlin 1887) a pour base, en ce qui concerne les pavs autrichiens, la carte de lield.

Il faut consulter aussi l'œuvre cartdgraphii[uc de P. Langhans, arme d une in<'ornparab!c p()rl(''(; dans la hiUe etliniiiue. Druisclier Kolonialtdlas (Gotiia l'erllies, 18'J7). luslas l'erlhes Alldeulscher Allas... Unler Fôrderung

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