‹ Les races et les nationalités en Autriche-HongrieChapitre 55 sur 375 · CARINTHIE · texte numérisé non relu

CARINTHIE

GARNIOLE

On constate aussi que le squelette de la face présente chez le Slovène d'autres caractères; il est plus écrasé malgré la saillie des pommettes. Si bien qu'un anthropologue devine une filiation mongole, peu faite pour flatter les Slovènes '.

Ceux-ci se revengent par la stature. Ils sont plus grands que les Allemands. Mais bien qu'on ait fouillé les ossuaires et mensuré les vivants, l'anthropologie n'en demeure pas moins inquiète de ces problèmes ''. Elle ne

i. (iu'liloii, Vnle.rs. iiher die Augen-uiul Haavfurbeii der Schuikindcr in der SIeiermark (Stat. Monatsselir., (jtev Jalu'g, p. 407).

Zuckerkandl : deux L^tudcs dans Ô.U.M. Steiermark, Karii/m undKrain.

Le moine auteur iBeitràge zur Ciriniologie der Deulschen in Oesterreich. Jlitt. .Anthrop. Gcs., 18S5, p. 8'J) conclut que le dogme de la doliehocéphalie des Allemands est ébranlé : les nouvelles recherches ont démontré la brachycéphalie de la majorité des Allemands. Un exemple de la prudence avec laquelle il faut opérer est la trouniillc dans la crypte de Môdling de crânes qui se distinguent par l'étroitessc de l'orbite oculaire ; il paraîtrait ([ue ces crânes sont ceux de Turcs morts devant Vienne en 1083 !

2. A noter ici que- Weisbach compte chez les Carinthicns allemands un tiers de dolicho, et ol p. I0!i de briKdiy.

;5. Ibid., SIeiermark, p. 243.

4.- D'après Ferdinand von .\ndrian, le petit coin d'.\usseeet ses environs on Styrie aurait conservé une population Slovène, qui avait maintenu ses droits et privilèges sous la domination bavaroise et dont la germanisation a été lente. La mensuration sur T4 vivants donne ce résultat : point do doliidio; 14 mésocéphales, .'il. bracliy, -1 hyperbrachy. Dans les ossuaires, point de dolicho. Germains mi-ridionaux et Slovènes seraient donc également alTectés de brachycéphalie (Die Allausseer. Vienne Ilolder lUOo).

46 l'aUTRICHE alpestre. — LES AUSTRO-ALLEMANDS

découvre partout que combinaisons capricieuses et décevantes et se défie de la classification des types ; la nature lui joue mille tours qui la déconcertent. La seule vérité qui s'impose, c'est que les hommes se croisent, se forment et se déforment à la barbe de la science, et qu'ils ne sont rien moins que jaloux de la pureté de leur espèce.

Plus encore que les types et les traits corporels, la langue s'est diversifiée parmi les peuples des Alpes autrichiennes. Elle s'est fragmentée comme le sol lui-môme. Chaque groupe cantonné dans sou val, dans son impasse, s'est fait son parler. Non seulement la phonétique et les formes ont évolué, mais il s'est créé sur place un vocabulaire local, inintelligible d'un district, d'un gaii, au voisin. C'est une singularité sur laquelle insistent ceux qui ont étudié ces dialectes.

En général ces dialectes sont dérivés du Bavarois, mais avec d'infinies diramalions et variantes. La Haute- Autriche se partage en trois districts dialectaux à travers lesquels on suit avec étonnement les transformations, les acrobaties d'une seule voyelle, Vo.

L'a aussi subit, dans les bouches bavaroises, des alliages, élirements, mouillages, par où se caractérise le parler des paysans, dans les Fliegende Blàttcr : Kiih devient Kiiah, grùn s'écrase en grean, etc. Dans le quartier du ^lanhartsberg cette éminente dignité de Va est dévolue à Yi : on y prononce le haut allemand Blut non plus Bluat, mais Bluid, et d'autres déformations, ébauchées seulement en Bavière, s'épanouissent dans ce petit pays : on y dira /('«/pour tief ; doib pour dieb. Mais vocabulaire et grammaire dérivent du Bavarois, sauf que l'idiome original a pris plus de relief et d'arête, dans l'aire du groupe blond, entre la limite du tchèque en Moravie et la ligne du Danube'.

Les transitions sont sensibles pourtant entre contrées contiguës, et ajoutent encore à la complexité : ainsi dans la province deSalzbourg, le patois du plat pays (Flachgau) se rapproche du haut bavarois et de celui de la lisière danu-

1. Firbas, p. 497 et suiv. et carte III où est dessinée la limite «lu dialecte en iti.

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