LES DIALECTES
bienne ; celui du Pinzgau et du Pongau, du tirolien ; celui du Lungau fraternise avec ceux de Carintliie et de Styrie.
Sans contesler la prédominance du bavarois, on veut discerner aussi dans l'allemand autrichien des vestiges du franc : il se serait opéré entre les deux dialectes une sorte de métamorphisme, jd'oii serait sortie la langue de la cour et de la ville: la noblesse gardant une prédilection pour le franc, le clergé, plus fidèle au vieux bavarois. jNIais le Iranc a été oblitéré quand à la suite des dévastations turques, qui ont provoque un repeuplement, un nouvel afflux de Bavarois s'est épandu dans le bassin de Vienne, le Marchfeld et dans la montagne ^ Cette thèse d'une colonisation franque est contestée par Firbas" qui professe que le phonème là, familier aux indigènes du Manhartsberg comme à leurs congénères les Heanzen, établis aux confins de la Hongrie, appartient à la souche germanique primitive, et n'a pas été importé par les Francs. Il n'y a pas lieu ici d examiner à fond ce problème. Mais il faut rappeler, qu'après la peste de 1679 et l'irruption turque de 1683, on fit appel non seulement à des Bavarois, mais aussi à des Souabes, à des Francs du Palatinat, et à desCroates^
Ne notons ici que quelques généralités. On observe que la piononcialion devient à la fois plus rude et plus pure à mesure qu'on s'élève en montagne ! Si les gutturales sonnent plus rauques, les voyelles sont moins altérées, moins enflées en diphtongues : on voit là une preuve que la première colonisation germanique, dans les coins les plus écartés et les moins accessibles, a mieux préservé son langage.
La toponymie fournit-elle un indice de l'état civil des tribus colonisatrices? Les théories d'Arnold sur l'attribution des suffixes, qui ont fait loi pendant longtemps, sont
1. Dacliler, lieziehtingen zicischendeii niedevoslerveiehischen, baijerischen und frdnlàschen Mundarlen und Bewohnern (Zeitschr. lùr ocsleri'. Volkskuiule Vni, iy02, p. 81-98).